Que les fans de « Moi Je » se rassurent ! Si le groupe a bel et bien mis un terme à son aventure, son essence a été ressuscitée sous une nouvelle forme, avec de nouvelles aspirations. Exit « Moi Je », enter « Tohu Bohu » ! La rédaction de Kosmic a rencontré les membres de ce nouveau projet lyonnais pour nous parler de direction artistique, de liberté et de leur single « That’s Why We Came ».

Difficile d’échapper à la comparaison. Si Tohu Bohu est un tout nouveau projet, il n’en est pas moins vrai que quatre de ses cinq membres constituaient il y a encore deux ans le groupe lyonnais « Moi Je ». Composé de Babil Lachheb (chant), Loïc Lassablière (machines et saxophone), Simon Bérard (basse) et Antoine Lartigue (guitare), « Moi Je » a su en trois ans cumuler des dizaines de millions d’écoutes sur les plateformes de streaming. La version de « Fais Rien » remixée par Petit Biscuit culmine d’ailleurs à 4,3 millions de vues sur YouTube. La clé de son succès ? Une musique chill et abordable, juxtaposant rythmes electro-house aux riffs funky, une mélodie simple et efficace, le tout agrémenté d’un titre qui, avec le nom du groupe, constitue un jeu de mot.

Beaucoup auraient usé cette formule jusqu’à épuisement, mais là où certains auraient considéré ces gimmicks comme une force, nos quatre musiciens les ont davantage vu comme des contraintes dont ils ont voulu s’affranchir. « Dans Moi Je, on se disait : ‘ce morceau, on ne peut pas trop le faire’. Il fallait que ça soit toujours un peu funky, on était aussi limité par la gimmick du titre en français, et les paroles devenaient secondaires. », nous explique Loïc. Babil renchérit : « On a voulu montrer différentes facettes de ce qu’on est capable de faire et de ce qu’on aime jouer ». C’est donc de cette volonté de renouveau qu’est né Tohu Bohu.

TOHU BOHU – « That’s Why We Came »

Une nouvelle aventure voit alors le jour, marquée par la sortie le 27 juin du clip « That’s Why We Came ». Réalisé par Benjamin Navaron, ce beau bordel visuel va de pair avec l’identité du nouveau projet ( »tohu-bohu » signifiant littéralement  »désordre et confusion »). Avec une réalisation moderne et une déco vintage exhibant diverses babioles brillantes allant des années 60 aux années 90, Tohu Bohu ne manque pas de nous rappeler l’étendu de son spectre musical. « C’est un condensé de tout ce qu’on aime », nous confie Simon. « Globalement, on aime des aspects de chaque décennie et je pense que ça s’entend dans notre musique. »

Effectivement, avec ses synthés 80’s, sa guitare rock, son groove funky et son traitement moderne, on pourrait reconnaître en Tohu Bohu une multitude d’influences allant de Tame Impala, à Pink Floyd en passant par David Bowie et Jamiroquai, entre autres. Pour faire fonctionner ce savant mélange, les anciens membres de Moi Je ont pris leur temps. « On a enregistré quatre morceaux il y a un an », nous dévoile Antoine. « Les mix étaient prêts à la mi-juillet 2018. On n’avait pas de pression parce que c’était une sortie de projet. C’était un vrai choix de prendre le temps de faire les choses bien, pour éviter de faire les mêmes erreurs que par le passé. »

Ce virage artistique s’appuie néanmoins sur des bases solides : une méthode de travail qui a fait ses preuves et une cohésion acquise au fil des années. Il ne manquait plus qu’un ingrédient. « Il n’y avait pas de batteur dans Moi Je, et ça nous manquait. Surtout pour moi qui suis bassiste ! », nous dit Simon. C’est ainsi qu’Antoine Soret, batteur et membre fondateur du groupe Blade, s’est joint au projet peu de temps avant leur première représentation. « Du coup, il a fallu trouver une place à Loïc qui était aux machines. Il s’est mis au clavier du jour au lendemain et il a énormément travaillé ! » Autre renfort de taille, Stéphane Piot, ingénieur son des studios de l’Hacienda, a apporté son expertise afin de sublimer le travail de Tohu Bohu. « C’est une machine ! Trente ans de métier, c’est pas rien. Il entend tout ! Il entendait des trucs qu’on n’a jamais entendu sur notre propre musique ! »

« We came for freedom »* scande Babil dans ce single dont il est également l’auteur. Cette liberté, Tohu Bohu s’en est gaiement emparé, s’affranchissant à la fois des codes des genres musicaux et de son passé. En attendant la sortie du prochain single « The Storm », prévue pour la rentrée, l’été sera rythmé par l’énergie communicative et authentique de ce magnifique bordel organisé.

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Crédit photo : Louis Labrosse

*trad. : « nous sommes venus pour la liberté ».