Le Festival Sens Interdits, biennale internationale de théâtre, souffle cette année ses dix bougies. Pour cette sixième édition, ce ne sont pas moins de 21 spectacles, des rencontres, des projections et des ateliers que tu pourras découvrir du 16 au 27 Octobre !

Un théâtre de l’espoir et de l’utopie

Depuis une petite décennie, tu vois pousser, comme les champignons l’automne, un grand chapiteau blanc sur la place du Théâtre des Célestins. Cette toile blanche, rempart contre l’ignorance du monde, c’est le cœur névralgique du Festival Sens Interdits. A l’image de la simplicité de ce lieu, le festival se veut accessible et humble. Il se veut digne représentant d’un théâtre qui dit non, qui sublime l’horreur du réel, qui la nomme et la dénonce :   « Le but est de donner à voir du théâtre, à découvrir des regards singuliers d’artistes, des savoir-faire déroutants mais aussi des engagements exemplaires et possiblement contagieux, des révoltes inspirantes. »

Sens Interdits, c’est la capacité de faire cohabiter la diversité culturelle (94 spectacles de 40 pays différents) et écouter les voix qui s’élèvent. C’est également, un tour de force brillant : réunir des grands noms de la mise en scène comme Milo Rau avec Oreste à Mossoul ou encore de grandes institutions comme Le Théâtre National Wallonie-Bruxelles avec J’abandonne une partie de moi que j’adapte” (mis en scène par Justine Lequette) avec des compagnies moins connues et des découvertes comme Henrietta Lacks” de Anna Smolar ou Les sans…” mis en scène par Freddy Sabimbona.

« Unwanted » de Dorothée Munyanenza – ©Christophe RAYNAUD DE LAGE

Une programmation inspirante et riche

Alors, parmi cette multitude, que faire ? Le festival est construit sur une idée de cycles, au nombre de trois. Un premier cycle autour de la Russie avec trois spectacles, teintés de souvenirs de terreurs, d’une mémoire à restaurer et de l’éternelle question de la construction difficile d’un présent et d’un avenir. Nous retrouvons le Théâtre KnAM et Tatiana Frolova qui présentent Ma petite antarctique”, une adaptation du conte de « La Reine des Neiges » aux Célestins – Théâtre de Lyon.  Le Mexique est le deuxième invité d’honneur : au TNG, avec Tijuana”,  Gabino Rodriguez s’est glissé dans la peau d’un ouvrier d’usine vivant avec 4,70 dollars par jour. Et enfin, 4 spectacles composent le cycle Afrique, dont “Unwanted” avec une représentation unique au Théâtre de Vénissieux. Ce spectacle tempête de Dorothée Munyaneza chante et danse le corps meurtri des femmes violées pendant le génocide rwandais

Outre ces cycles, trois autres fils rouges traversent le festival et montrent aujourd’hui que la nécessité d’un théâtre de l’urgence est encore bien là et plus présente que jamais. “Girls boys love cash” aux Subsistances par Citizen.KANE.Kollectiv et JES ouvre le thème “Monde du travail” avec un spectacle hybride, résultat de deux ans d’enquête sur la prostitution à Stuttgart. Pequeños territorios en reconstrucciòn” du Teatro Linea de Sombra, au Théâtre de la Renaissance, conte l’histoire de femmes colombiennes, forcées à l’errance, qui parviennent à reconquérir une terre, un refuge “où la vie redevient possible”. Le spectacle est programmé dans la thématique “Femmes en résistance”. Le dernier fil rouge “Exils et conflits” nous amène successivement à Mossoul, au Kosovo et en Syrie.

La rédaction a déjà fait sa sélection. Tu pourras nous croiser ces deux prochaines semaines, du 16 au 27 Octobre, dans l’obscurité d’une salle de théâtre, bien installé.e.s dans les fauteuils rouges ou lors des nombreuses rencontres et tables rondes. Tu trouveras toutes les informations et la billetterie ici, alors plus d’excuses, on t’attend !