Nous sommes début Septembre et tu es déjà nostalgique des festivals qui ont rythmé ton été ? Pas de panique, ce n’est pas tout à fait fini. Nous avons rencontré Jean-Noël et Timothée du groupe Last Train, à l’initiative de La Messe de Minuit. Ils se sont confessés sur le festival, de son origine à sa réalisation. On vous raconte. 

La genèse : au commencement était Last Train

La naissance de Last Train c’est la rencontre de Jean-Noël, Timothée, Julien et Antoine sur les bancs du collège. L’histoire, on vous l’esquisse à vive allure :  la consécration arrive dès la sortie de leur premier EP « Holy Family » (2015). Le ton est donné et les 4 musiciens sont sur les rails du succès. Viennent ensuite un deuxième EP puis l’album « Weathering » en 2017. On peut d’ailleurs dénombrer quelques 350 dates à leur compteur, en France et à l’étranger. 

Acteurs de leur réussite et curieux de tout, ils travaillent aussi en coulisses. Ils prennent en main la production de leurs compositions et l’organisation des tournées. De la gestion de leur propre projet à la gestion d’autres groupes, il n’y a un qu’un petit fossé, que la famille Last Train franchit d’une enjambée ahurissante. Cold Fame record & booking voit le jour avec à son catalogue, autant d’artistes français qu’internationaux. 

Et puis, il y a un peu plus de plus de 6 mois, la première messe au Club Transbo, sobrement nommée Messe #01, ouvre la voie avec le groupe De Staat. Elle est suivie de 5 autres messes pour compléter cette procession rock qui conduit à La Messe de Minuit.

Les préceptes de La Messe de Minuit

Le festival met en avant une nouvelle génération d’artistes, mais aussi une nouvelle façon de travailler : avec de jeunes partenaires, dans la lignée de ce qui a été mis en place avec Cold Fame.

La volonté première de La Messe de Minuit est de montrer qu’il existe une scène rock française et qu’elle rivalise très bien avec la scène anglophone.

A demi-mots, Jean-Noël et Tim nous parle des dissensions et des frontières qui peuvent exister au sein même de ce qu’on appelle le « rock » . La Messe de Minuit est une façon de couper court à ces débats et de réunir pour un même événement le rock plutôt pop de Bandit Bandit, le « punk à la française » de Decibelles et le rock noise de Lysistrata.

Décibelles

Cette bienveillance et cet amour de la musique sont la force de ce festival et annoncent déjà une grande capacité à se renouveler. « Peut-être qu’un jour, on fera un festival avec d’autres musiques » lance énigmatiquement Tim.

Ce qui est important, au-delà de cette bienveillance, c’est la notion de performance unique et spontanée, qui correspond très bien au rock et cette fureur immédiate de vivre. Une fureur qu’ils veulent partager avec le public, comme un intense moment commun d’émotion. C’est pourquoi, quand on demande à Jean-Noël si La Messe de Minuit a une dimension politique, il répond : « Au-delà du fait que la musique est un exutoire, non… Je ne pense pas qu’il y ait d’autre parti pris que celui-ci. »

La trinité : Épicerie Moderne, Périscope, Transbordeur

C’est donc un pèlerinage mouvementé et ambitieux sur trois soirs, du 19 au 21 Septembre, qui se tiendra dans trois belles salles lyonnaises : L’Épicerie Moderne, le Périscope et le Transbordeur.

Last Train ouvre le bal à l’Épicerie Moderne ce Jeudi 19 et lance ainsi la tournée d’automne de leur dernier album « The Big Picture » . Un petit bijou qui affirme un rock assuré et qui jongle avec une riche palette d’émotions et de sensations. Ils seront accompagnés des cowboys psychédéliques de Night Beats.

Last Train
© Boby Allin

Les rockeurs hyperactifs de Bad Nerves et le groupe Structures seront au Périscope le Vendredi 20 et se retrouveront sur des rythmiques nerveuses et énergiques. Ce sera une soirée placée sous le signe de la découverte avec notamment celle du groupe Structures qui livrera une prestation entre post-punk et cold wave.

Le final aura lieu Samedi 21 au Transbordeur, avec pas moins de 6 groupes qui se succéderont sur scène. Tu retrouveras entre autres Fat White Family, les anglais complètement déjantés aux musiques chiadées et aux clips bien léchés, tête d’affiche de la soirée. Ils seront entourés par un feu d’artifice :  une explosion de rage maîtrisée chez Yak, la colère équilibrée de Decibelles, la douceur féroce de Bandit Bandit, les gourous de The Psychotic Monks et la vague furieuse de Lysistrata.

Yak
© DR

C’est donc une programmation faite en finesse et pleine d’affinités musicales et humaines qui t’attend. Jean-Noël et Tim parlent de ce line-up avec beaucoup de sincérité, de tendresse et d’anecdotes puisqu’ils ont partagé la scène avec une partie des groupes programmés à La Messe de Minuit et accompagnent certains dans leur développement : « Quand je regarde la prog aujourd’hui, c’est des artistes que j’écoute tous les jours. On avait cette envie-là de ramener des artistes qui nous faisait particulièrement plaisir. » nous glisse Jean-Noël. 

Et Tim de conclure : « Il fallait qu’on prenne une direction, il y avait un choix artistique à faire et en fait, c’est le choix qu’on fait avec Last Train depuis 10 ans maintenant… » , inscrivant ainsi ce festival comme une étape dans la fulgurante histoire commencée avec Last Train puis Cold Fame. La messe est dite.

Rendez-vous à la fin de la semaine, les 19, 20 et 21 Septembre pour assister à cette grande veillée nocturne. Et si vous êtes convaincus et convertis, la sixième messe est annoncée pour le 23 Octobre, au Jack Jack

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