Woodstower Nuit 2 : du farniente à la démesure

Avec cette rentrée agaçante et un début de septembre grisonnant, voilà de quoi te donner du baume au coeur en te faisant découvrir (ou re-découvrir) l’envers du décor du festival Woodstower. Et oui, on revient aux fondamentaux qui font vibrer la rédaction depuis ses débuts : la musique. Et là, c’est reparti comme en l’an 40. Après une première nuit d’enfer, tu prends tes dolipranes et ton berocca en direction d’un deuxième soir tout aussi excessif.


Il est 8h du matin quand ta tente à effet de serre et sa chaleur étouffante te réveillent. T’es pas aussi fraîche qu’un gardon mais merci seigneur, le lac de Miribel Jonage est là pour te revigorer. Le chill est à l’ambiance du camping de Woodstower ce que Rome est à César ! Et oui ma p’tite dame !  Avec ton armada de potes sauvages (à vous tous, c’est une dizaine de tentes et de l’alcool pas frais à volonté), tu établis ton programme de la journée : baignade, soleil, sieste, apéro, festival (à peu près dans cet ordre) avec les interviews d’Isaac Delusion et Corine entre deux (pourquoi pas après tout). D’ailleurs, les gars de Camion Bazar se sont installés sur la plage pour donner le ton. Avec leur camionnette arc-en-ciel et un set mi-posé / mi-déluré, ils sont là pour faire chauffer les batteries des festivaliers avant le grand soir.


L’éclectisme à Woodstower ? Ouais, ça nous botte !


Assez de farniente, il est temps de se mettre au travail. Avec Inès ton éternel binôme Kosmic, vous êtes accueillies par Solène, jeune responsable relation presse de l’événement. Un poil stressée mais souriante, elle vous dirige vers l’espace VIP où les stars du jours se prélassent. Après les Interviews d’Isaac Delusion et Corine, trêve de galéjades, le boulot c’est maintenant fini pour toi et tu te concentres sur la musique (oui, la musique). Le temps de te dégoter une petite bière, t’arrives pile poil pour le début du show de Corine sur la « Nicolas Stage ». Dans cette attitude sulfureuse et délurée que tu lui avais deviné, elle ensorcelle le public de sa voix suave et projette son univers disco-funk à tous les amateurs de rétro.

Après cette bonne petite entrée en matière, tu décides d’aller un peu crapahuter sur les autres scènes. Là, tu t’aventures près du « Chapiteau » et au plus grand des hasards, c’est Isaac Delusion qui se produit. Leur pop-électronique envoûtante t’avait déjà envahi la matière grise plus d’une fois et tu te rappelles même avoir choper Nicolas (un flirt de passage) sur leur titre « She Pretends » il y’a trois ans. La groupie qui sommeille en toi peine à rester endormie. Un peu de décence tout de même ! Mais non, c’est plus fort que toi, les jeux de lumières intrépides soulevés par la voix de tête de Loïc te transcendent et tu te mets à danser approximativement. Oui, quand Dieu a décidé de distribuer les talents de danseurs, t’avais dû partir faire du poney. Depuis, tes potes t’appellent même « Picasso de la night » (sexy et raffiné).

Après ce set de l’extrême, ta bande se dirige vers la « Scène Saint-Denis » (neuf trois reprézent’ mon frère) pour voir Lorenzo. « A skip », c’est un Youtubeur qui rap pas trop mal. Tes potes l’adorent mais pour toi, c’est l’inconnu. Tant pis, ça sera la surprise. Et là, oui c’est bien la surprise ! T’as devant toi un gars, bob sur la tête et micro en main, qui soulève la foule. Et pourtant… tu as vraiment du mal à adhérer au côté ultra autotuné du type #mesoreillespleurentdusang. L’humour millième degré est d’habitude ton mode de vie premier (“no pain, no tartine”) mais là, c’en est trop. Tu te tournes vers Inès pour voir le désespoir dans ses yeux quand Lorenzo lance son « Beurette de luxe ». Dans ta tête, tu te dis « Mais keskecékeça ! ». Courage, fuyons ! Vous abandonnez rapidement le cartel pour aller voir vos potos de Big Junior sur la « Nicolas Stage ». Fidèles à eux-même, ils déroulent le tapis rouge au public. Depuis la dernière fois que tu les as vu, leur extravagance infinie est toujours là et leur hip-wave casse encore des briques ! Que demande le peuple !


Allez viens, c’est presque la fin


Après coup, les batteries de ton téléphone mobile te lâchent (un jour et demi, c’est un record de longévité pour un iPhone). C’est presque deux heures du matin, t’as perdu tes srabs et la bière commence à agir sur toi. Pas de panique. Eux ce qui les bottes, c’est le bon boom boom techno des familles. T’es donc quasi sûre de les retrouver devant la scène Woodsfloor où « The Driver aka Manu le Malin » se produit. BINGO ! Ils sont tous là-bas. Tu retrouves David dans un état proche du Nirvana. Il vient de revêtir son accoutrement de kéké professionnel : torse poil, chewing-gum et phrases philosophiques « Fumes avant que la vie ne te fume ma gueule ! » (amen).

Au bout d’une heure, les boom boom commencent à t’assommer et tu pars finir la soirée au bord du lac. Ce lac qui t’as lavé de tout tes pêchés la veille et qui en fera de même le lendemain. Là t’es bien, t’es assise avec les déserteurs : Inès, Clémentine, Rodrigo et Erwan. Vous refaites le monde en regardant ces saintetés d’étoiles que tu ne verras jamais en centre ville. Tu profites de tes derniers instants de plénitude parce que le lendemain, c’est le retour à la réalité, le retour à la vie lyonnaise, le grand retour de Kosmic. 


Aviva Nakache
© crédit photo : Inès bourgeois

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