Woodstower Nuit 1 : Miribel-Jonage au coeur de l’excès

Ce vendredi après-midi, le soleil frappe très fort quand tu finis de remplir le coffre de la vétérante Ford Focus de ta pote Caro. L’équipement du petit festivalier est prêt : tentes branlantes, duvets dont l’odeur laisse à désirer, mélanges d’alcool trop chauds et une poignée de sous-vêtements pour conserver un minimum de dignité… Direction Miribel Jonage pour la 25ème édition du Woodstower ! Tu es heureux d’aller retrouver un camping poussiéreux composé à 99% de jeunes adulescants qui vont essayer de repousser une dernière fois le mois de septembre qui arrive malheureusement toujours trop tôt.


Woodstower – Retour à la maison


La première bière ouverte et les tentes montées, tu commences enfin à apprécier le spectacle autour de toi. Tel
Harry Potter lors de sa découverte de Poudlard, tu t’émerveilles devant tout ces personnages qui sont venus se la coller en écoutant de la musique de qualité supérieure. Tu pensais être au top du swag avec ton magnifique gilet de pêcheur et ton chapeau de type canotier : perdu ! Tu observes dans la population du camping une guirlande humaine, une demoiselle qui discute avec un arbre et évidemment les sempiternels festivaliers saouls en costumes d’animaux qui hantent les festivals depuis la nuit des temps.

Woodstower a lieu au parc de Miribel Jonage, à 15 minutes en auto ou 9 minutes à vol d’oiseau (au choix, selon votre humeur). L’événement est au bord du lac, ce qui donne un chouette cachet à ce weekend. La journée, tout le monde se baigne au plus grand des calmes pour se préparer à repartir dans un excès incontrôlable le soir venu. En traversant cette plage, tu sens que forcément il se passera des choses cette nuit.

Il est 21h30. Tu peux entendre l’appel intellectuel si subtil “APÉRO ! ” dans tout le camping. Mais bon, il est temps de se foutre au boulot ! Direction le festoch. La musique tonne de partout et tu te diriges vers le chapiteau où va avoir lieu le concert de Jahneration. Tu aperçois au-dessus de toi des êtres humains traverser le site du festival en tyrolienne : c’est totalement incroyable. Tu rêves de te déplacer de scène en scène par le biais de ce moyen de transport écologique : Jah, Bob Marley et Hailé Sélassié seraient heureux de te voir voler de la sorte jusqu’à la scène de Jahneration. Merde, le liquide alcoolisé commence à parler pour toi et il n’est que 21h47. 


Du rafraîchissement du reggae/rappé de Jahneration au Nirvana électronique d’Arnaud Rebotini


Sous le chapiteau, le set du duo Jahneration commence à 22h. Tu te souviens avoir apprécié leur dernier titre sorti en mars, “
Only! L’ambiance se réchauffe (ta bière aussi soit dit en passant) et l’odeur très présente des cigarettes qui font rire te monte à la tête. Les deux showmen se déchaînent sur des flows rapides soulevés par des sonorités reggae. L’énergie des instruments couplée avec la fougue de leur voix te procure une pure décharge dans les oreilles.

Le concert fini, tu trépignes d’impatience à l’idée de voir (enfin !) Arnaud Rebotini. Pour que l’attente soit moins longue, tu décides de te promener dans le festoche. Première étape : le bar ! Tu te déniches une douce bière collection Ninkasi (la fierté du gône) avant de repasser par le chapiteau pour découvrir le duo The Blaze. En face à face sur scène, les deux cousins chauffent le public avec un jeu d’ombre chinoise complètement envoûtant. Au rythme d’une house posée sur une base de piano/voix, tu pars en débat musico/éthylique avec ton pote Rémi sur l’évolution de la scène électronique parisienne. Quand ils jouent la célèbre “Virile”, plus rien ne tient : tu n’arrives plus à parler, les premières notes t’anesthésient. Après avoir planer quelques minutes, tu reprends finalement tes esprits. Il est plus que temps que la douceur se transforme en violence.

Tu te diriges finalement vers la scène Woodsfloor pour voir l’artiste qui t’a fait venir ce soir : Arnaud Rebotini. En tant qu’amateur de techno, il est incontestablement un de tes compositeurs et musiciens favoris. Arnaud a la particularité de n’utiliser que des claviers et autres machines analogiques pour composer, ce qui fait de lui un personnage quasi unique dans la musique électronique française. Avec plus de 20 ans de carrière, tu ne l’avais pas connu seul derrière ses claviers. En effet, c’est avec son groupe d’électro/rock, « Black Strobe«  que tu as découvert son univers. En 2008, quand tu as entendu la légendaire “I’m a Man” dans le film “Rock’n’Rolla” de Guy Ritchie, les jeux étaient fait : tu es devenu accro. Véritable touche-à-tout, il a d’ailleurs composé la BO de “120 battements par minutes” sorti il y a deux semaines au cinéma.

Il est 00h30, ton copain David est couché par terre et tu finis ton verre quand l’artiste entre en scène. Cheveux noirs gominés, moustache aussi bien taillée que les jardins de Versailles, veste et chemise impeccablement cintrées, il se met immédiatement à l’oeuvre. Ce colosse doit faire facilement 1m90 et est plus carré que le monolithe de “2001 l’odyssée de l’espace”. En à peine 10 minutes, la foule est en délire totale. Quand il prend le micro, sa voix grave et profonde plonge encore plus le public en transe. La magie que dégage ses synthétiseurs couplée à la techno violente emporte tout sur son passage : tu ne sais plus trop où tu habites.


Epilogue


A une heure avancée de la nuit, tu es quelque peu ivre et de nouveau sur la plage à jouer au frisbee avec ton pote Sylvain et une dizaine d’autres zèbres éthyliques. En enchaînant les figures ridicules et les plongeons, tu te demandes à quelle heure tu pourras donc faire redescendre l’excitation dans laquelle t’a mis cette première soirée de festival. Demain, tu te baigneras dans le lac en sirotant une bière pour te ressourcer en vue de la nuit du samedi !



Vladimir Colovray



Woodstower

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