Wooden Beaver : la fibre émotionnelle Folk

Sans perdre un instant, la rédaction continue sa foulée fantastique à la recherche de butins musicaux. C’est au coeur de notre chère ville lyonnaise que Kosmic s’est épris d’un artiste caracolant à la tête d’un univers vacillant entre folk et psychédélisme : Wooden Beaver.

 

Quelques années sont déjà passées depuis que Wooden Beaver, personnage campé par Samuel Ferreira, s’abat sur la scène indépendante. Tantôt Beaver, l’artiste a toujours eu la volonté d’avoir un projet solo où il aurait tout le loisir de laisser sa musique se faire porter par son imagination. Et de l’imagination, il faut dire que ce jeune en a sous le capot. Jouant de divagations diverses et autre créations toutes droites sorties de sa caboche, il fait de sa personnalité un poil perchée un moteur d’illuminations.

Influencé par les quelques Kula Shaker, Ben Howard et autres José Gonzales, il distille le style folk de manière à faire entrer son public dans un psychédélisme entraînant. Du haut de ses vingt-six berges, Samuel s’amuse à se servir du quotidien pour nourrir ses compositions. C’est d’ailleurs le principal atout qui marque son premier EP « Morning Ballet » sorti en 2012 : « Je voulais étudier un peu la sensation qu’on peut avoir dans la rue quand tout s’active le matin autour de nous. » explique-t-il, « là où tu peut voir des gens qui partent au boulot, les livreurs, ceux qui viennent nettoyer la rue… J’ai voulu personnifier en musique le sentiment que tu peux avoir quand tu te retrouve au milieu de tout ça. » A travers ce concept musical décalé, Wooden Beaver a fait de cette production les prémices d’une carrière artistique prometteuse.

 

WB corps articleImpossible n’est pas Népal

 

Accompagné d’un tromboniste/trompettiste trié sur le volet (ndlr : Nicolas Rieublanc), il a continué sur sa lancée en moyennant un deuxième EP « Kumaris » (2015) Avec ses quatre titres, il a puisé son inspiration au coeur de l’histoire népalaise et ses fameuses déesses : « J’ai toujours été attiré par le Népal. Un jour j’ai lu un article consacré aux Kumaris de ce pays et ça m’a donné envie de travailler mes textes sur ça. Ce sont des petites filles choisies par un comité spirituel pour être la réincarnation d’une déesse. Elles sont alors élevées dans un palais et traitées comme des princesse jusqu’à « leur première goutte de sang ». Elles sont par la suite éjectée du palais. J’ai voulu étudié tout ça en me penchant surtout sur le fait de passer d’une gloire ultime à l’anonymat, à un statut normal. » 

Avec une volonté constante d’authenticité, Samuel prêche avant tout sa proximité avec le public. Sur scène, c’est toujours avec sincérité et spontanéité qu’il s’exprime, comme pour englober son auditoire dans sa bulle faîte d’histoires enchanteresses et peu communes : « Je sais bien que je ne respecte pas les codes de diffusion radio parce que ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Même si par la suite j’aimerai avoir un décor un peu plus constructif en concert je préfère les atmosphères intimistes où les gens sont en communion. Ce que j’aime, c’est de les interpeller par leurs émotions. Je ne me vois pas du tout jouer au Stade de France par exemple (rires) ». Sur ces bonnes paroles, Wooden Beaver vous concocte une jolie tournée pour septembre. En attendant, il vous convie à venir vous plonger une dernière fois dans dans son univers atypique et singulier le 10 mars prochain à Moulins sur Allier (entrée sur invitation).

 

Aviva Nakache

 

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