Urban Art Jungle Festival #3 : Superposition n’a pas fait dans la demi-mesure

L’équipe de Superposition compte frapper un grand coup dès la rentrée ! Acteur dans la promotion de l’art urbain (et non pas de cinéma), le collectif organise pour la troisième fois son « Urban Art Jungle Festival » pour début septembre. Trois jours, deux nuits avec des artistes, de la musique… mais pas que.

 

Début 2016, rien de folichon jusque-là si ce n’est la disparition des quelques Delpech, Galabru et autres Bowie. Pour donner un peu de baume au coeur à tout ça, un collectif plein d’envies et la caboche chargée de rêves a pointé le bout de son nez : Superposition. Là facilement, tu te dis : qui ? quand ? où ? pourquoi ? comment ? Mais que fait la police ? (oui les cinq « W » n’ont aucun secret pour toi). Et bien c’est assez simple. L’histoire commence quand quatre jeunes loustiques aux compétences diverses se sont unis pour le meilleur et pour l’art urbain dans une aventure qui aurait pu, au mieux,  leur valoir une notoriété naissante ; au pire,  les voir repartir une main devant, une main derrière. Que nenni ! On peut dire qu’ils ont été rhabillés pour plusieurs hivers ! Le principe : promouvoir l’art urbain sous toutes ses formes et le faire connaître au grand public : « Au début quand on s’est réuni, on avait tous des qualités différentes » explique Orbiane, présidente et responsable du développement, « on avait tous un rôle distinct : le coté artistique, le business développement, l’aménagement du territoire et l’aspect juridique. On s’était rendu compte qu’il y avait un réel manque de visibilité et des lacunes en terme de communication autour des artistes urbains et de leurs oeuvres. C’est pour ça qu’on s’est dit « let’s go ! » (c’est parti les amis) si on palliait à ça en faisant un petit quelque chose pour eux ». 

Ce petit quelque chose, c’est un grand pas pour chaque artiste passé par là. Car oui, ce n’est pas une simple expo qui leur est proposée, mais une véritable galerie grandeur nature. « Murs, escaliers, rideaux de fers, portes de garage… » tout y passe ! un réel investissement de la rue et de ses espaces publics est établi pour permettre à chaque graffeur, peintre et illustrateur d’étaler au grand jour (et à la grande nuit aussi) son talent.

 

Urban Art Jungle Festival : troisième round

 

L’idée de promouvoir l’art urbain va de là encore et toujours plus loin puisque Superposition organise également depuis sa création son propre festival : l’Urban Art Jungle. Se déroulant dans les locaux du Croiseur, cet événement bi-annuel, et étalé sur trois jours, a la spécialité de se dérouler la journée… et de finir au bout de la nuit. Et bien sûr ce ne sont pas les habituels concerts rythmés par la débauche de ces festivaliers déguisés en animaux qui seront à l’honneur. Non madame ! Dans un véritable concept artistique pensé et élaboré, l’équipe propose à son public un investissement complet et unique : « Pendant ces trois jours, on regroupe des artistes performeurs, des musiciens, des créateurs… c’est vraiment l’occasion de faire découvrir aux petits et grands l’Art Urbain en plus de la musique. La spécificité dans tout ça, c’est qu’on essaye au maximum de faire en sorte que le visiteur soit un réel acteur du festival. On propose plein d’ateliers, ça peut aller de l’initiation au Graff à l’atelier de poterie. Il y’aura même une masseuse. Le truc en plus c’est qu’on souhaite faire vivre des expériences que chacun pourra raconter selon son propre vécu. » 

Après tout ça, c’est donc détendu et l’avenir en ligne de mire que le public pourra apprécier tout un lot de concerts sous un seul mot d’ordre : l’eclectisme ! Des DJ sets techno house au bon gros rap des familles en passant par du new-beat, de l’italo-disco et du hip-hop éthiopien (oui oui, tu as bien lu), tout le monde pourra y trouver son compte ! Alors toi ! Oui, toi,  petit amateur d’art en tout genre ! Oublie donc tes cahiers et tes stylos pour la rentrée et ramène toi au Croiseur du 1er au 3 septembre ! Ça va être bien, ça va être très bien même.

 

Aviva Nakache

 

 

EREVAN : La double Casquette d’un DJ / programmateur


Avec une affiche musicale du tonnerre, L’Urban Art Jungle annonce de grandes couleurs ! Responsable de tout ça, le DJ Erevan s’est confié sur son travail personnel et la programmation du festival. 


Cheveux longs, petite moustache accompagnée de sa barbe de trois jours, j’ai imaginé quelques secondes Erevan dans une nouvelle version cinéma des 3 Mousquetaires d’Alexandre Dumas. Mais en y repensant, d’Artagnan ne porte pas de short, ni de chemise impeccablement taillée et fait encore moins de musique électronique. Avec un son assez coloré, Erevan mixe plusieurs styles différents pour créer de belles mixtapes. De l’Italo, au tribal, en passant par le new-beat et le balearic, sa musique est rafraîchissante.

Sa dernière mixtape en date, “Chalet perché”, intègre des sonorités tropicales, “baléariques” et trance/tribal (de quoi s’évader dans la forêt amazonienne sous le chant des cacatoès et du bruissement des feuilles frollées par quelques Jivaros égarés) et met en avant une jolie synthwave, pour le plus grand plaisir de nos papilles auditives (#teamhotlinemiamipourtoujours). En effet, ses premiers mixs étaient plutôt portés sur une House traditionnelle et cette production propose un son plus planant et profond.


L’Urban Art Jungle #3, un festival sous le signe de la musique Lyonnaise


C’est donc ce d’Artagnan 2.0 qui se chargera de la programmation musicale du festival organisé par Superposition. Erevan n’a rien laissé au hasard dans la sélection musicale du festival. Il lui tenait à coeur de mettre en avant la scène locale en ouvrant les portes à de nombreux styles : “ travailler avec des artistes et des DJ’s qui sortent du lot et du carcan Techno traditionnel / house, très présent sur les dernières années”. L’idée principale est de proposer au public des artistes qui sortent du lot mainstream qu’ils trouveront toujours en club ou sur radio.

Sur trois jours, la programmation ira évidemment du plus calme le vendredi soir (avec notamment les belles mélodies cosmic de Notte Brigante et en passant par la vague Stakhan et son set surfant sur des sonorités acid-house et trance-old school ) vers un samedi  plus massif avec des sons lourds et plus industriels : de la techno downtempo avec les loustiques de Positive Education (association stéphanoise), de la grosse jungle avec le duo CRK et de l’electro breakée pour Frank Gérard. Pour les journées, le public pourra se régaler sur de l’Italo House le vendredi et voyager sur de l’Afro le samedi : on parle notamment des mecs de Jean Mamadou, qui revêtiront leurs plus beaux boubous pour l’occasion ! Pour les amateurs de la streetZer, une scène hip-hop est également programmée avec entre autres Vultra pour foutre le feu !

Dans toute cette belle diversité musicale, vous pourrez évidemment voir Erevan mixer le premier soir à 22h !


Vladimir Colovray

 


MR.SPHINX : manier la bombe et la mine


En pleine saison estivale de festivals (tu l’avais senti venir, la rime digne de Rimbaud ?), l’équipe Kosmic repose ses valises et ses gambettes en terres lyonnaises le temps d’une interview. Petit interlude graphique entre deux concerts, en compagnie du graffeur Sphinx.

Si Thomas aka Sphinx flirte avec le street art depuis ses 17 ans, c’est son arrivée en école d’arts à Lyon et sa rencontre avec d’autres graffeurs qui lui mettent véritablement le pied à l’étrier. Une relation en dents de scie avec la rue commence alors, sur un air de je t’aime moi non plus, puisque quatre ans plus tard, Sphinx arrête le graff pour chercher du côté du dessin papier… avant son retour en 2015 !

Un nouveau style affirmé en plus (et quelques amendes en moins, on ne va pas se mentir !), il revient signer les façades des Gones avec “ le temps ” comme mot d’ordre. Basta l’adrénaline du vandale, bonjour la précision du légal (je t’avais prévenu, Rimbaud tout ça) : « c’est un plaisir totalement différent. Là,  je peux prendre mon temps, mettre plus de couleurs. C’est autre chose, mais j’aime bien passer du temps sur mon truc, faire ce que je veux », nous livre l’artiste dont le pseudo évoque à la fois l’Égypte, ses énigmes et les papillons de nuit à tête de mort.


Passion strange


L’artiste met alors le lettrage et le spray de côté et part à l’assaut du 1
er arrondissement armé d’une nouvelle technique : le crachotis. Plus précis dans les détails, plus proche de l’illustration, la signature Sphinx prend forme et pare nos murs de fresques organiques, sombres, étranges. En écho à son travail sur papier, ses graffs se mettent en mouvement grâce à leurs formes fluides et éclatées. Influences cartoons et passion Alien s’y glissent aussi, entre tentacules visqueuses et regards inquiétants qui t’accompagneront la nuit quand tu rentreras saoul,  raisonnablement éméchée des bars des pentes de la Croix-Rousse.

Toujours en quête d’évolution, il nous confie rêver de grandes fresques et avoir un nouveau projet dans les tiroirs… entre travail papier, typo, graff et signature « strange », le résultat promet d’en mettre plein les yeux. Et pas d’inquiétude, amoureuses, amoureux du street art : Kosmic sera là pour vous en toucher deux mots !


La famille Superposition


Après quelques séries exposées dans des restaurants et sa rencontre avec le store EightyOne en 2009, Sphinx fait ses premiers pas au sein de la team Superposition. Tout de suite le courant passe. L’aventure commence il y a un an, alors avec le SuperAloha s’enchaîne avec des collaborations pour des stores.

L’artiste remettra le couvert dès septembre prochain à l’occasion de la nouvelle édition du festival Urban Art Jungle #3. Seconde participation à l’événement pour Sphinx, qui salue cette initiative locale avec ce cri du cœur : « ENFIN. On avait besoin de ça, en tout cas j’avais besoin de ça, de ce coup de pouce qui fait du bien » et s’interroge : « je ne comprend pas pourquoi il n’y a pas eu ça sur Lyon avant, parce qu’il y a plein d’artistes et que chacun faisait son truc dans son coin. Donc : Enfin. Merci. »

Superposition place donc la rentrée lyonnaise sous le signe de la jungle urbaine, et invite Sphinx pour une expo et un live à ne surtout pas manquer !


Kimlan Durieu

 


Et les bénévoles dans tout ca ? On en parle pas souvent et pourtant ce sont eux qui font tenir un festival debout ! Kosmic a pu s’entretenir avec Maxime, responsable bénévoles de l’Urban Art jungle, qui nous a parlé entre autres du rôle des « hommes de l’ombre ».


Maxime, comment t’es-tu retrouvé dans l’aventure Urban Art Jungle ?


Je suis arrivé sur la première édition du festival, qu’organise le collectif Superposition. Je faisais souvent des vernissages avec une de mes amis, et c’est elle qui m’a proposé de faire bénévole avec elle. Et je me suis dis « carrément ! ». Ce qui est amusant est que mon amie est finalement parti à l’étranger, et que je me suis retrouvé seul (rires). Mais ce n’est pas grave, j’étais très motivé. Je me suis vite intégré à l’équipe, et le festival s’est très bien passé. Du coup, j’ai continué à donner des petit coups de main au collectif lors de vernissage, etc… Et maintenant, on me dit que je fais parti des meubles (rires).


Aujourd’hui, pour la troisième édition, tu es même devenu responsable bénévoles du festival. Quel est ton rôle ?

Mon rôle est d’encadrer les bénévoles et de gérer les roulements entre eux. Mais il ne faut pas oublier qu’ils sont aussi là pour passer un bon moment. Ce qui compte, c’est qu’il soit heureux de donner un coup de main, et qu’il profite d’une bonne bière de temps en temps (rires). 


Parle nous un peu du collectif Superposition, comment pourrais-tu le définir ?

A la différence des galeries lyonnaises comme Clemouchka ou Slika, je pense que Superposition se démarque par une plus grande ouverture. En organisant des festivals, il y a possibilité de toucher un public plus large. L’art est un milieu assez fermé, mais les festivals permettent de changer cela. Outre les expositions, il y a aussi des ateliers proposés dans la journée. Ca permet d’attirer une autre population, on voit des familles avec des enfants. Ca change des vernissages ou bien souvent, ce ne sont que des initiés qui viennent.


Quel est ta meilleure expérience avec ce collectif ?

La fête de fin de festival, où artistes et bénévoles se mélangent, est très sympa ! En fait, je trouve ça prenant de pouvoir discuter avec un artiste d’égal à égal. Lors de la première édition d’Urban Art Jungle, j’ai pu parler avec Sphinx, d’égal à égal. Je lui disais que je faisais un peu de peinture et on a échangé là-dessus. C’est un peu fou de pouvoir ça, de pouvoir échanger avec des gens qui ont une reconnaissance dans le domaine. Superposition m’a donné l’occasion de faire des rencontres ouf et très enrichissantes !


Toi qui es architecte d’intérieur, que penses-tu du Street Art ? 

Il faut voir ça comme quelque chose qui doit embellir le lieu. Les artistes mettent en avant des choses que l’on ne voit pas forcément. A Lyon, un artiste dont je ne me souviens plus le nom comble des trous dans le sol avec du carrelage par exemple (ndlr : Ememem). Je peux citer aussi “Droit dans le mur” qui fait de belles choses, avec ces jambes implantées sur les façades de la ville. C’est ça qui est bien dans le street art, ça oblige à prêter attention aux petits détails qui nous entourent. Ca reflète un peu le problème de la société, on voit tout le monde avec ses écouteurs, la tête baissée sur le téléphone. L’art est là pour nous faire lever les yeux.


Et pour finir, quelle est ta plus grande claque Superposition ?

Don Mateo ! Je le connaissais déjà avant, mais grâce à Superposition, j’ai pu le rencontrer et lui parler. Il est super abordable, très nature, et tu peux lui parler tranquillement.  J’aime bien son style, ce qu’il fait. C’est un mix entre pochoir et collage, c’est très précis. Tout son travail est incroyable.


Merci à toi Max ! On se retrouve le 1 septembre à l’Urban Art Jungle #3 !

Avec plaisir ! A plus!


Propos recueillis par David Dufour

No Comments

Post a Comment

+ 48 = 54