Trois petits points : une déferlante de détails monochromes

La rédaction s’en est allée questionner Audrey, illustratrice lyonnaise, connue sous le pseudo Trois Petits Points. Elle nous a gentiment accordé sa toute première interview pour nous conter son parcours. Lors d’une soirée pluvieuse, pinte en main (il faut bien faire descendre la pression) et à grand renfort d’éclats de rires, nous avons, nous aussi, attrapé nos stylos pour essayer de percer le secret de son talent.


C’est après des études d’arts appliqués et de design d’espace qu’Audrey a commencé “bille en tête” son travail actuel dans l’événementiel. Ne vous méprenez pas, nous parlons bien d’illustration mais cela reste un loisir car elle ne cherche pas à en vivre pour le moment. Un conjoint photographe (Trois Petits Grains) et une passion retrouvée l’ont remise sur cette voie. Chemin qu’elle explore aujourd’hui grâce à de nombreuses techniques (encre de chine, aiguille), toujours en noir et blanc. C’est d’ailleurs en se concentrant sur des “dessins essentiels” (géométriques et dépourvus de couleurs) qu’elle trouve son équilibre et s’aventure dans d’autres domaines que l’illustration pure. A grands coups de stylo, elle joue les “apprentis sorciers” (en se passant volontiers de la cicatrice), et se risque à toutes les expériences, même si le succès n’est pas toujours au rendez-vous ! Et lorsqu’elle se loupe… Horreur ! Malheur ! La gomme jamais ne sert ! Audrey camoufle et ajoute des aplats de noirs en symétrie après avoir quelque peu pesté et se confie : “Je ne suis pas devant un problème mathématique mais un cas de conscience, une fois que j’ai fais mon point il faut que j’assume ce que je dessine”. En grande optimiste, elle ne lâche rien et persiste dans sa lancée. Les sujets changent et sa manière de les appréhender évolue “vers l’infiniment petit sur de l’infiniment grand”.

Cette artiste (bien qu’elle en refuse l’étiquette) possède un vaste bestiaire ainsi que des portraits graphiques influencés par des groupes aux visuels emblématiques tels que Pink Floyd. C’est avec tout ce beau monde qu’elle a pu concocter un savant mélange de psychédélisme agrémenté d’une certaine rigueur architecturale, héritage de ses études : “Je m’inflige une exigence qui n’a pas forcément son intérêt dans sa globalité”. Bien qu’amatrice, elle connaît ses failles, ce qui la pousse à créer des symétries parfaites.

 

Trois petit point image articleUn point fait tout !

 

Malgré son regard frondeur, Audrey laisse transparaître ses doutes face à sa progression : “Je me mets des limites et les repousse petit à petit, je contrôle la pression”. Cela ne l’empêche pas d’avoir déjà un bon nombre de collaborations à son actif ! Ses expositions lui ont fait trouvé son public, dont elle nous parle non sans humour : “Une fois j’ai fais un cœur en forme de cage thoracique pour mon conjoint et certaines personnes ont pensé que c’était une paire de fesses penchées en avant…(rires)” Une foule de détails parfois sur-interprétés : Que d’imagination !

Des tote bags, tee-shirt, coussins, pochette d’album pour Le Plus Heureux Des Hommes, projet de développer une ligne de textile avec sa BFF… Notre illustratrice est pleine de ressources et ses idées fusent. En papillonnant, elle s’est récemment lancée dans une séance de tatouages d’enfants (sur portraits photo, cela va sans dire !). Ce défi bouscule ses habitudes et ses repères car il faut désormais faire vivre ses dessins sur de très grands formats* et sur “de l’humain”, ce qui n’est pas une mince affaire.

Des projets en vrac, elle en a pleins les sacs, mais des projets à long terme ? Voguant (presque) seule, Audrey souhaiterait créer un collectif d’artistes liés par ces déclinaisons de noir et blanc qui lui sont chères. Joindre son chemin avec celui d’autres imaginaires pour gagner en confiance, renforcer les connexions humaines et, on l’espère, en faire un jour son métier.

Nous sommes persuadées que son histoire est très loin du point final…


Gaëlle Lechevallier


* 1m20x80cm
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