A l’heure où le monde part en aiguillette, c’est sans tergiverser que la rédaction s’est retrouvée, à l’encolure d’un virage temporel, face à un groupe implanté dans une bulle rock/yéyé : The Rebels of Tijuana.


Le temps passe et passe mais les choses n’ont pas forcément changé. Voila maintenant un demi siècle que la mouvance sixties yéyé fait tourner plus d’une tête. C’est dans un esprit de conquête du rock que cinq compères se sont réuni pour former The Rebels of Tijuana. Depuis 2008, ce groupe franco-suisse déballe son talent au rythme d’une litanie de « Mauvais Garçons » potassée en français : « La bande s’est montée assez rapidement », se confie Alexis, chanteur/guitariste du groupe, « Les rencontres se sont surtout faites sur du hasard et du feeling. On a voulu se démarquer en bâtissant un projet rock en français parce que c’était moins présent que le rock anglo-saxon. Nos textes sont assez portés sur l’idée du fantasme rock’n’roll, avec les filles, les bagnoles, l’insouciance (rires). Ce qu’on souhaite, c’est faire revivre une époque où tout était sans prise de tête, sans pression… ». Une forme de contre culture qui, à travers la nouvelle vague de l’époque, plane au dessus de chacune de leur compositions.

rebelsToujours dans un esprit vintage, ces « french dandys » marient l’humour décalé à un éventail sonore éclectique. Une rafale musicale un poil psychédélique qui nous transbahute rubis sur l’ongle au milieu des années 60 : entre Gainsbourg et Dutronc, une bière à la main et la clope au bec, à discuter donzelles et à refaire le monde jusqu’au petit matin. Avec un expérience musicale de vingt berges sur les épaules, c’est dans une énergie rock/garage que les Rebels exposent une personnalité singulièrement détachée et complètement barrée : « Nous ce qu’on privilégie, c’est l’aspect scénique. Les gens qui viennent nous voir s’attendent à autre chose qu’un album étalé note à note, où il y’a zéro prise de risque. La scène, c’est le plaisir, l’épanouissement… l’endroit où un artiste peut complètement se lâcher. »


Pour le plaisir des yeux


Avec une volonté de régaler les pupilles, le groupe reste pointilleux sur chaque détail visuel. Une particularité qui ne découle pas uniquement de leur folie sur les planches : « Avant, tu pouvais avoir des groupes qui ne faisaient aucun effort sur leur pochette, où leur nom n’était même pas écrit dessus. Cela paraissait invendable, mais le public prenait le temps d’aller écouter ça et on découvrait une musique hallucinante. Aujourd’hui avec les avancées technologiques, tout va très vite et tu peux rapidement passer à la trappe si tu te donnes pas la peine d’accrocher visuellement. » Sorti le 30 janvier 2016, leur dernier album intitulé « #3 » s’approprie un effet tape à l’oeil avec un graphisme azimuté et travaillé coïncidant avec l’image et le caractère un peu barge du groupe.

Relativisant la pression artistique, cette grappe de zicos à l’allure fraternelle cherche avant tout à faire partager son plaisir de jouer : « La chose principale qu’il faut garder en tête, c’est qu’il ne faut pas oublier de s’amuser, ni se laisser bouffer par la musique qui doit rester quelque chose de cool, de fun… Plus tu t’amuseras, et plus le public sera réceptif à ce que tu fais. » Une affliction que vous aurez tout le loisir de voir et écouter de but en blanc le 13 mai 2016 au Point 11 de Sion (Suisse), et le 23 juillet prochain au Poney Fringant de Sacquenay (21).


Aviva Nakache


The Rebel Of Tijuana – Les Membres : Alexis (Chant, Guitare), Olive (Clavier, Harmonica, Chant), Anthony (Batterie), Julien (Basse, choeurs), et Yann (Guitare)

Pourquoi « The Rebels of Tijuana » ? : « C’est parti d’un délire de fantasme. On voulait un nom rétro californien super long comme Jefferson Airplane ou Quicksilver Messenger Service. L’idée c’était d’avoir un nom à rallonge pour qu’on soit seul en référencement google. Il y a aussi une époque où il y avait des groupes comme « Heroes of Switzerland » alors que les membres venaient de Nottingham. Je trouvais amusant le décalage avec le nom. Tijuana n’a pas vraiment de signification mais on habite a Annemasse qui est une ville frontière avec la suisse qui est un peu vicelarde dans certains aspects comme Tijuana (rires). »

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Ils ont aussi une chaîne Youtube et Souncloud

Le Point 11 : 11 Rue du Grand-Pont, 1950 Sion, Suisse
Le Poney Fringant : 6 Place de la Charme, 21260 Sacquenay