Basculant d’un univers artistique à l’autre aussi rapidement que Lucky Luke dégainerait son calibre, la rédaction s’est aventurée dans le monde trip-hop saisissant d’un groupe planant autour du globe musical lyonnais : Soya Kulta.

 

Ils se sont élancés sans reculer, et c’est en brisant un silence presque immobile qu’ils se sont formés. 2006, alors que les manifestations anti-CPE font rage et que l’équipe de France de football perd sa finale de Coupe du Monde face à l’Italie, le projet « Soya Kulta » pointe le bout de son nez au détour du Conservatoire de Lyon, suite à la rencontre de Thomas et Noé (clavieriste et batteur du groupe). Encore étudiants assidus et disciplinés, ils décident alors d’unir leurs fougue artistique et se lancer dans un dessein aux allures de trip-hop diversifié. Ni une ni deux, les idées fusent, les compositions détonnent, et Cindy et Quentin (chanteuse et bassiste) se joignent à l’aventure. 

SOYA KULTA 2Emergeant dans les années 90, le trip-hop se caractérise par une base rythmique hip-hop, sur laquelle viennent se transplanter une ribambelles de styles : blues, jazz, musique électronique, soul, rock… Et c’est avec un retour en trombe aujourd’hui que ce créneau musical s’inscrit intensément sur la scène indépendante. C’est donc en épanchant avec élégance tous ces genres que le groupe se créé une eurythmie à travers un ligne directrice précise : « Au départ, le projet était tablé sur de l’improvisation jazz », explique Thomas, « on voulait un univers qui fasse trance avec un socle basse/batterie. Quand on a proposé ça a Cindy, elle a amené une autre couleur à Soya Kulta. On s’est mis à repenser notre manière de composer. Avec ça, on a réussi à développer quelque chose qui nous ressemble et qui affirme notre identité ».


En route vers le pays imaginaire


Dans leur monde onirique, les Soya se démarquent à travers une emprise vocale suave et singulière posée sur des textes délicatement ficelés autour de l’utopie : « Dans nos morceaux, les paroles sont assez abstraites. On aime bien l’idée que l’auditeur puisse imaginer ce qu’il veux à travers nos écrits. Il y’a des passages plus ou moins conscients, sur l’oppression, le rapport qu’on a avec la société, la dualité… mais qui laissent aller à l’imagination. On souhaite que chaque personnes qui nous écoute ait une interprétation différente » . Dans leur album Superstatic, sorti en Mai 2015, le groupe y à donc tracé un chemin minutieusement élaborée : « Les titres sont placés dans un ordre précis. Si on suit la dynamique, cela raconte quelque chose, un parcours. C’est comme dans un livre, mais avec du son. Il y’a une piste que chacun doit explorer comme il veut. Pour nous c’est très important ».

Démarquant le côté « production » du live, le quatuor s’adonne à un remaniement artistique prévu pour la scène : « On a le principe de ne pas jouer les morceaux textuellement comme ils peuvent être sur un CD », se confie Cindy, « On a la volonté d’avoir un côté plus trip-hop sur l’album, qu’on peut écouter tranquillement chez soit. Quand on est sur les planches, on fait en sorte que se soit plus rock, plus sauvage, qu’on délivre une énergie beaucoup plus intense. C’est une certaine forme de dualité qui correspond bien à notre univers. » Dans une symbiose déroutante, chaque membre du groupe se créé une équation musicale avec les autres : une formule gagnante qui dégage une volonté de faire rêver son public, et qui l’embarque directement dans sa bulle magique. « La fonction d’un artiste n’est pas une place anodine. Chacun a son rôle dans la société, et l’artiste doit avoir ce rôle d’apporter quelque chose de nouveau, de faire rêver avec une proposition qui vient de lui, de son individualité. Chose qu’il pose sur la table en se mettant en danger pour faire ressentir quelque chose aux gens. » Une prise de risque réalisée avec brio que vous tous le loisir de venir découvrir le 2 juin 2016 à La Soute de Chambéry (73). Les Soya Kulta vous emmèneront dans leur pays imaginaire atypique avec une mission : vous faire rêver.

 

Aviva Nakache

 

Soya Kulta – Les Membres : Cindy Pooch (chant), Thomas Chigner (batterie), Noé Macary (clavier), et Quentin Martinod (basse).

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Leur album Superstatic disponible ici
Ils ont aussi une chaine Youtube

La Soute : Jardin du Verney, Cité des arts, 73000 Chambéry