Shelter : parfaite nuit lyonnaise au Bar des Capucins

Lyon et sa scène musical anarchique va de la techno violente au rock’n’roll le plus pur ;  elle s’est en grande partie développée dans les pentes du 1er arrondissement, ruisselantes d’alcool, de transpiration et de pipi de légions de joyeux galopins venus faire la fête depuis des générations. Il était temps pour Kosmic d’y aller traîner ces guêtres : aller voir si les concerts dans les caves humides qui suintent le houblon et la sueur rance étaient toujours autant chaotiques que magiques. Avec Aviva, Inès et ta bande de desperados de l’excès, direction le bar des Capucins pour voir du bon gros rock progressif qui tache avec Shelter.


Bienvenue dans les pentes du non-sens

 

Tu retrouves tes potes devant l’hôtel de ville à 20h : Aviva a ramené des nuggets froids (oui, elle est équipière dans un « faste foude », elle mérite la légion d’honneur), et Sylvain approximativement 35 bières canettes tièdes (oui, il a grandi dans le 7ème arrondissement, il mérite la légion du Shlag). L’apéro se fera donc dans la Street et tu aimes cela : boire des verres en fin de semaine avec tes potes sur des marches du 1er arrondissement est ce qui se rapproche le plus du Nirvana pour tout natif de Lugdunum. Mais bon l’heure tourne, il est temps de se foutre au boulot : direction le Bar des Capucins.

La particularité de ce bar est qu’il est situé juste au-dessus du Sun, soit le plus grand Sauna Gay d’Europe, mais également a côté de l’église de Scientologie de Lyon. C’est cool ! Après avoir perdu ton amour-propre avec l’alcool, tu pourras non seulement te faire dépouiller ton patrimoine chez Tom Cruise mais également ta virginité chez la bande à Jérèm’ Star. Bref, tu vas au bar en quête de bière (Picon évidemment). Tu te sens tout de suite chez toi : le comptoir du bar colle, la salle sent la sudation rance et la tapisserie est jaune fade, rappelant le pipi et la bière.

Tu es également content de constater que la ponctualité légendaire du Rock’N’Roll n’a pas changé : le concert a 1h de retard ! Nickel, tu peux donc reprendre un nugget en douce pour accompagner ta pinte en parlant philo (foot) avec ton crew. Doux Jésus, mais en fait il y une première partie ! Tu descends l’escalier en colimaçon trop petit pour assister au show. Le groupe, DRH qu’il s’appelle, est rigolo : ils sont tous habillés en serveurs de grand restaurant : gilets noirs, chemises blanche et pantalon noir. Tu voudrais qu’ils te servent une autre pinte mais ils préfèrent jouer de la musique. Leur son est vraiment cool, tu apprécies particulièrement les solos de saxophone, te rappelant à quel point tu n’as jamais sorti une bonne note de ce truc quand papa te payait des cours.

 

Une musique complexe pour un public exigeant

 

Après avoir respecter le Rock’N’Roll en faisant honneur au barman et à son attirail de houblon, il est temps de se concentrer sur Shelter, le but de notre croisade du vendredi soir. Cette cave qui sert de salle te fait plaisir. Le gône de Lyon que tu es, apprécie ce spectacle : cave en pierre qui sent l’humidité (où la maison moisie de ta mamie), plafond voûté en dalles que tu peux presque touché avec ta tronche. Le seul truc qui te tarabuste, c’est le public de ce genre de concert. Tu as l’impression d’effectuer une visite à la cours des miracles…

En effet, tu es bien loin des electrokidz robotiques ou des festivaliers sous perfusion de vodka « Flutasse » Lidl des Reperkusound. Pour toi, un concert de rock est synonyme de pogos, de bières qui tâchent et de volume sonore indécent. Ce soir, t’as juste le volume sonore. Le public présent est stoïque : sérieusement, ces mecs sont encore plus concentrés que les fans de Mylène Farmer en 1986. A ta droite, un mec de deux mètres porte un trench (illégal depuis 2001) et regarde la scène les bras croisés : il te fait peur. Il aurait pu jouer un vilain de Yu-Gi-Oh : il fixe le groupe avec un inquiétant regard, ayant l’air de juger chaque note des zikos. Mais en regardant la salle de plus près, tu te rends compte que beaucoup de personnes ont le même comportement. Tu es en présence de puristes qui apprécient la technicité des musiciens. Concentrons nous maintenant sur Shelter qui vient de débarquer.

Les mecs se pointent sur scène en tenues de mécanos toutes rouges, faisant tout de suite référence à leur univers « Fusion Radioactive » (ou bien à l’équipe Ferrari d’Alain Prost et Jean Alesi en 1991). Shelter a la particularité de ne pas avoir de chanteur : c’est un trompettiste (ici Joseph) qui donne le ton. Tu étais septique vis à vis de ce choix artistique et tu avais tort, cela envoie un max. L’intro de leur concert est vraiment réussi : le trompettiste entame des sonorités orientales qui te laisse le cul par terre. Le bassiste t’a lui aussi fait forte impression, il est excellent. Tu pourrais le mater jouer pendant des heures. Tu n’as qu’une chose à ajouter : le rock t’a emporté ce soir.


Épilogue

Cette soirée dans les pentes avec tes potes reflète tout ce que tu aimes dans la nuit lyonnaise : de la bière canette nulle dans les rues de la presqu’île au concert de rock qui retourne le bulbe, en passant par un comptoir de bar qui colle. Tu aimes ces soirées entres potes qui sont rythmées par la bonne humeur et la musique. Tu vas finir ta soirée rue Sainte Catherine au Shamrock en écoutant une odieuse playlist des années 90 (Eiffel 65, Gala…) avec des shooters aux noms subtils (orgasme, blow job, kamikaze…), mais en te marrant comme une baleine avec tes potes et en étant sûr que Lyon est la meilleure ville de tout l’univers !


Vladimir Colovray


Bar des Capucins : 5, Place des Capucins, 69001 Lyon 

DRH : Leur page facebook ici 
Shelter : Leur page facebook ici

© Romain Gerlach Portable Messagerie Merci

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