Senbeï : quand l’Asie s’invite dans le Hip-Hop

Dans sa grande conquête des champs artistiques, la rédaction a une nouvelle fois tiré de son chapeau une recrue du Festival Reperkusound ! Au cours d’un entretien prometteur, Senbeï s’est confié sur son parcours de beatmaker aux reflets du soleil levant. Portrait.

 

Ce gars, il a la musique bien ancrée dans la peau (sans bien sûr parler de Maldon). Et oui, c’est à peine à l’âge de dix ans que Senbeï, artiste beatmaker aguerri, a entamé ses première foulées sur la piste musicale. Débutant avec des cours de solfège et de guitare au Conservatoire, notre artiste édifie, depuis, son petit bonhomme de chemin : « Je suis passé par pas mal de phases », se confie-t-il, « après quelque années à faire de la guitare, je me suis acheté des platines pour produire mes propres sons et c’est naturellement que je me suis tourné vers la MAO (ndlr : Musique Assistée par Ordinateur). Ça a mis pas mal de temps mais j’ai fini par sortir un album (rires) ». En effet, à son retour d’un voyage au Canada qui lui a valu son lot de rencontres artistiques, il décide de prendre le taureau par les cornes en lançant son projet personnel avec, dans la foulée une première production dévoilée au grand jour : « Trouble Toys » (2008).

S’enrichissant de musiques électroniques valsant du hip-hop à la bass music, Senbeï puise également dans ses qualités de cinéphile accompli pour nourrir ses morceaux : « J’ai toujours été passionné par le cinéma asiatique. C’est une grosse référence dans certaines choses que je fais aujourd’hui. Ça peut autant venir de vieux films qui ont cinquante ans que de mangas débiles contemporains (rires) » A travers un univers aux allures de pays imaginaire, ce musicien aux multiples facettes s’adonne sans relâche à faire voler ses auditeurs vers sa « deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin ».

 

Asie, terre de tous les défis

 

Près de dix ans et cinq albums plus tard, Senbeï revient cette année en force avec la récente sortie d’un EP : « NIN » (avril 2017). Dans cet opus, il distille parfaitement une identité de base hip-hop mêlée aux sonorités asiatiques qu’on lui connaissait déjà. Fort d’un séjour au Japon l’année dernière, il a ainsi puisé sa force dans les réserves artistiques du pays pour nourrir ses compositions : « Même si la culture de ce pays m’inspirait depuis des années, je n’avais jamais été là-bas. Au Japon, j’ai travaillé avec des gens incroyables. Une partie de « NIN » a été faite sur place où j’ai pu produire avec des instruments traditionnels japonais comme le Shakuhachi, le Shamisen ou encore l’Erhu. Pour cet EP, j’ai effectué une sorte de transition. Sur quatre morceaux, il y’en a deux qui sont très asiatiques. Pour les deux autres, on retrouve ce que je fais depuis toujours avec un côté plus funky/hip-hop. »

En pleine préparation d’un live pour un album prévu en octobre, Senbeï n’est pas prêt d’éteindre ses platines. En promettant d’aller toujours plus loin (toujours plus haut et toujours plus fort) dans ses plus beaux retranchements oniriques, il vous invite vous et vos oreilles dans un monde où personne ne grandit (pas même le Capitaine Crochet). Deux escales sont d’ailleurs à prévoir pour le mois prochain : le 2 juin aux Vivres de l’Art de Bordeaux et le 3 juin à La Bellevilloise de Paris.

 

Aviva Nakache

 

Senbeï : sa page Facebook ici
Il a même une chaîne Soundcloud
Rettrouvez le sur Youtube sur la chaîne du label Banzaï Lab
Il fait également parti du groupe Smokey Joe and The Kid

Les Vivres de l’Art : 2 rue Achard, 33000 Bordeaux
La Bellevilloise : 19-21 rue Boyer, 75020 Paris

 

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