Membre de l’Animalerie depuis plus d’un an, Robse se fait de plus en plus présent sur la scène rap Lyonnaise. Son premier album « Colibri », sorti le 28 avril dernier, amène son petit vent de fraîcheur dans la capitale des Gaules. Comme en ce moment on bronze à l’ombre, on s’est dit qu’un entretien avec lui aurait de quoi nous rafraîchir.


A la terrasse d’un café Croix-Roussien, Robse La Plume Noire apparaît comme l’enfant du pays. Lyonnais depuis sa naissance, il s’est mis au piano très jeune et a découvert la richesse de la chanson française : « Aznavour, Renaud, Brel, Brassens, j’écoutais tous les chanteurs à textes de l’époque de nos darons ». Tout jeune, le gamin se prend sa claque de rap en pleine poire avec un CD de la Scred Connexion. « J’écoutais déjà IAM, NTM, les groupes qui ont explosés le Hip Hop en France. A 8 ans, on m’a offert ce CD de la Scred et j’ai commencé à écrire à 12 ans ».

Perdu au milieu de ces styles influents, on se dit que le gosse serait mieux chez le psy que sur une scène. « Pas du tout ! » répond l’intéressé : « Je pense que le rap français a remplacé la chanson française ».  Quitte à reprendre des standards d’hier pour les mettre au goût du jour : « petite exclusivité : il y aura une reprise de Renaud sur mon prochain album ». Tu as bien lu : Robse prépare un nouvel opus (en fait il y avait deux exclus. Suis un peu !) Son premier, « Colibri » n’est sortie qu’en Avril et la Plume Noire veut sévir à nouveau. « Autant sur celui-là, j’essayais d’être objectif mais sur le prochain ce sera très subjectif. Je parle d’émotions sur l’instant. Quand je vois un truc qui m’énerve, je l’écris. » Un truc très personnel, quoi : « Oui, je parle de moi, c’est très égoïste, mais je l’assume. Je suis juste un être humain, je fais ma part, c’est déjà bien. L’important c’est de se faire plaisir. Je ne vais pas réfléchir à ce qui va plaire ».  Une philosophie de rap qui s’entend sur son premier album.

 

Déchaîne-toi sur scène !

 

Les titres s’enchaînent dans un concert hétéroclite, quitte à surprendre l’auditeur : « On privilégie la musicalité. C’est comme une carte de visite, montrer qu’on sait tout faire. Bien sûr, c’est dangereux, mais on s’en fout, c’est assumé ». Un coté nature/peinture qui colle à la culture hip hop lyonnaise, notamment via l’Animalerie avec qui il bosse depuis plus d’un an. « Je travaille surtout avec Oster Lapwass. Il a mixé le premier album et on bosse encore ensemble sur le second. » De quoi donner une nouvelle énergie au rap made in Lyon, perdu entre les industries Paris/Marseille. « Je suis blasé que Lyon soit pas autant reconnu que Paris et Marseille. On a des artistes qui ont des choses à dire. Ça me tient à cœur, c’est pour ça que je brandis cette banderole « Lyon ».  Il y a quand même une patte lyonnaise. Genre l’Animalerie : simple, naturel, ça parle pas forcément d’argent. C’est un peu le Gang des Lyonnais. Mais pour que ça marche, il faut exporter son rap, se bouger dans les autres villes, rencontrer d’autres rappeurs, faire des feats ». Un constat qui va de paire avec un autre : bouffer du concert quitte à redistribuer les cartes. «  Avec un CD, tu te mets dans une bulle pour l’écouter. La scène te procure de l’énergie et du coup, tu en donnes en retour. Il y a un jeu avec le public ». 

En concert aux Authentiks à Vienne le 19 juillet et au Demi Festival de Sète courant août, Robse se tape la route. Et si jamais tu t’es perdu dans une traboule à sens unique ou au fond de ton canap’ déjà moite, t’as qu’à attendre la sortie du second album… en réécoutant le premier.

 

Jillian Chabal

 

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