Reperkusound 2017, Nuit 1 : au cœur de l’excès

Quand tu arrives avec ton équipe au Double-Mixte, tu sais que tu y es : la saison des festivals est arrivée. Cette vision de centaines de jeunes sévèrement rôtis à l’alcool dès 22h, hurlant de délicats slogans comme « Apéro » est la preuve que nous y sommes enfin ! Cette période où des artistes incroyables (La Femme, Iggy Pop, faites un trouple avec moi, s’il vous plaît) côtoient les plus grosses blagues auditives de 2017 (oui, il y aura bien PNL ou Lorenzo dans certains festivals…). Cette saison faite de tenues trop LOL/MDR de festivaliers (oui, toi en combinaison d’animal, je sais que tu as trop chaud), est bien de retour. C’est la saison des festivals d’été qui reprend et on s’y attaque dès ce soir ! L’équipe d’investigation Yeah Babey part avec Kosmic en mission au Reperkusound pour dompter la fureur électronique de ce doux mois d’Avril.

 


Salut c’est pas cool

 

Dès l’entrée, le ton est lancé : la Techno de la Solar Stage frappe violemment toute forme d’intelligence humaine. Vite, il faut se désaltérer ! Tu vas donc au bar pour prendre une délicieuse bière et  là, c’est le drame. L’hiver t’avait fait oublier que la chouette saison des festivals est synonyme de paiements super épuisants en bitoniaux en plastique, nommés « Tokens ». Mon Dieu, tu angoisses à nouveau. Tu vas devoir échanger toute la nuit tes deniers durement gagner contre des jetons de monopoly merdique… Comme d’habitude, tu agis dans une mesure qui t’es chère : tu échanges directement 50 euros ! Au moins tu ne devras plus passer par cet angoissant point de change.

Tu n’as pas commencé à boire que tu croises une espèce de cosplay de François Fillon (costume noir de croque-mort et cravate de banquier désagréable) qui emballe à grand coups de langue de veau une sorte de hippie du type « je suis en Terminale L et je pense que couper les arbres c’est méchant ». Immédiatement, tu cherches le poste de sécurité pour prévenir la brigade du Respect mais il est déjà trop tard : le mal est fait ! Tu te replies avec ton commando du merdier sur la Live Stage pour assister à un spectacle autorisé par la convention de Genève.

En arrivant en haut, tu croises tes collègues, les Kosmic Girlz ! Elles vont faire l’interview de Salut c’est cool, pendant que toi, tu travailles avec deux bières à la main au cœur de la mêlée, mais toujours avec professionnalisme. Mais en fait non, le groupe n’est apparemment pas en état de parler. Ce n’est pas très pro ! Mais là, une chose incroyable se produit : tu aperçois Vadim et James Darle danser un plein milieu de la foule… Immédiatement, tu comprends pourquoi l’interview a été annulée : Vadim, avec sa coupe de cheveux de Geisha low-cost, bondit comme un kangourou sous perfusion de café tandis que James Darle est aussi conscient qu’un caniche gavé au sucre. Les gens autour d’eux les reconnaissent et se mettent à hurler « Allez Vient ! » en dansant le Vogging. Heureusement, nos belles Ladies ont pu quand même s’entretenir avec Naïve New Beaters et Holy Two. Le mal est rattrapé.

 

Hors de contrôle

 

L’heure tourne, tu n’es plus très net, de plus en plus de scènes étranges se déroulent sous tes yeux. Les personnes qui s’occupent du bar ont enfilés leurs costumes d’animaux, tu cherches donc le lion pour qu’il te serve une bière. Le set de Rebeka Warrior t’a explosé le cerveau, la Live Stage est devenue un brasier incontrôlable. Rien ne va plus, un mec avec une cape rose court dans la foule en hurlant en espagnol « La vida es una paella »… Quelle illumination dans ces ténèbres : tu aimerais bien déguster une douce paëlla à cette heure-ci, mais tu comprends en fait que ce jeune éphèbe scande le nom (débile) de l’album de James Darle !

Toutes ces étranges réalités t’ont déconcentré de la scène, mais que s’y passe-t-il donc ? Visiblement, tu as été téléporté dans un concerto classique vu qu’il y a au moins 50 personnes sur scène ! En fait non, c’est juste Salut c’est cool qui fait monter le public. C’est du grand n’importe quoi, tout le monde saute sur « vous êtes des fleurs ». La musique devient difficilement perceptible avec les hurlements et vociférations du public. Sérieusement, tu commences à te demander si tu es bien dans une soirée techno. Il est temps de sortir un peu prendre l’air.

En t’éloignant un peu du son, tu aperçois les vaincus de la nuit. De nombreuses personnes jonchent le béton au fond de la salle, dormant ou bien méditant sur leur avenir. J’ai l’impression de regarder Le radeau de la méduse, mais dans cette version contemporaine, les adolescents léthargiques auraient remplacé les marins vaincus. Il est 5h30, tu as consommé 30 tokens de plus que les 50 premiers, tu aperçois la lumière au bout du tunnel : Courage, Fuyons !

 


Epilogue

 

En rentrant avec ton chevalier du XXIème siècle (le chauffeur Uber), tu te reposes, fatigué par cette soirée dantesque. Cette nuit a été parfaite, tes potes étaient là, la musique électronique bordélique était au rendez-vous. Après-demain, tes Kosmic Girlz adorées enchaîneront au Reperku pour une soirée tout aussi ingérable. Tes yeux se ferment petit à petit, ton ouïe ne fonctionne presque plus, mais avant de rejoindre Morphée, tu repenses à un beau moment d’épiphanie que tu as vécu ce soir : en fumant sur la terrasse du Double Mixte, tu as observé ce campus de l’INSA qui a toujours été pour toi un lieu de musique et de fête. Tu as vécu tes plus belles heures étudiantes ici et tu te rends compte que maintenant que tu es dans la vie active, tu t’y amuses toujours autant. Cette soirée a été un très beau prélude pour la saison des festivals lyonnais de 2017.

 

Vladimir Colovray

© Crédit Photo : Joris Couronnet  et Clubbing House Guillaume Conchin

Fetsival des Reperkusound au Double Mixte : 19 Avenue Gaston Berger, 69100 Villeurbanne

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