Sous cette chaleur à faire fondre les plus frileux d’entre nous, Kosmic ne faillit pas à sa mission première : élargir vos connaissances de la scène lyonnaise. La rédaction vous présente donc en exclusivité le dernier cru du Festival des Reperkusound : Raggatek Live Band. Dans un univers éclectique porté par notre sainteté reggae, le groupe lyonnais s’est posé avec nous quelques minutes avant son set, histoire de papoter un peu.

 

Il faut revenir en 2015 pour commencer l’histoire. En Décembre précisément. Pendant que la course aux cadeaux imbibe la tête de la plupart de la population, d’autres sont restés dans cette simplicité qu’on apprécie. Hé oui ! Il a juste fallu un after bien trempé entre potes pour que l’embryon Raggatek pointe le bout de son nez. « Avec Nico (ndlr : aka « Neurokontrol », beatmaker), on avait un ami en commun qui organisait des événements techno sur Grenoble », se confie Missah, chanteur du groupe. « Un jour on s’est retrouvé chez ce collègue après une de ces soirées et le feeling est super bien passé. On a continué à se voir en se demandant ce qu’on pouvait faire et bim ! On a décidé de monter un groupe ». Un coup de coeur humain et artistique qui les amena, un peu plus tard et sans crier gare (et sans retard de la SNCF pour une fois), à intégrer un troisième membre à la cavalerie : Alex (claviériste et trompettiste).

Rejoint récemment par Weedo et Smerzik (chanteur et saxophoniste) pour compléter le tout, la formation Raggatek sillonne depuis à n’en plus finir les scènes françaises et a su fignoler, à travers des influences diverses et variées, une emprunte artistique qui leur est propre. Une patte que l’on retrouve dans chacun des morceaux que composent leur album « Raggatek Comes » : « Nous sommes cinq personnes à parts entières », explique Nico, « on définit notre style à travers les univers de chacun. Du coup, ça peut aller vers le hip/hop, le reggae, la hard tech et même la transe et le jazz. On a la chance de tout composer, du coup on peut se permettre de partir dans les ambiances que l’on veut en fonction de ce que l’on souhaite à ce moment-là ».

 

Envoyons valser les codes

 

Dans l’optique d’arracher les étiquettes, cette belle cabale mise ses atouts sur le côté « on veut faire danser les gens » en s’appuyant sur une base fédératrice, le tout de manière à sortir des sentiers battus : « Aujourd’hui, en musique, plus personne ne rentre dans les cases. Nous, on essaye de récupérer les codes d’un peu partout, le but étant de faire se rassembler les personnes. Pour parler plus techniquement, on a un sound system reggae avec la différence d’avoir un kick hard tech. Ce qui pourrait le mieux nous qualifier, ça serait le reggae techno, mais on ne veut pas se cantonner à un seul style. »

Pour ce qui est des textes, nos artistes assument pleinement leur côté revendicateur en ironisant les clichés du reggae : « On a un peu de tout même si c’est vrai qu’on entre dans les stéréotypes en parlant de la répression policière ou de la weed par exemple. Après, on a la particularité d’être sarcastiques et cyniques dans certaines compos. On est pas dans un sentiment de révolte ou de contestation. Notre démarche est surtout d’exposer une situation telle qu’elle est ». En constante évolution, la bande de Raggatek prévoit déjà la sortie d’un prochain album. Avant ça, il fouleront quelques festival pour s’échauffer, notamment celui de LaPlage de Glazard de Paris le 15 juillet et le Watt a Bar à Bar le Duc le 2 septembre.

 

Aviva Nakache

 

Raggatek – Les membres : Neurokontrol (beatmaking / machines), Alex (clavier / trompette), Missah (chant), Weedo (chant) et Smerzik (saxophone).

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