Petite Critique D’un Cinéphile Au Festival Lumière #4 “The Other Side of the Wind”

Une nouvelle avant-première pour cette quatrième critique, et pas des moindres puisqu’il s’agit de l’ultime film d’Orson Welles, The Other Side of the Wind, qui était considéré depuis de nombreuses années comme perdu.

 

Netflix est décidément bien représenté au Festival Lumière cette année car après Roma, c’est au tour de The Other Side of the Wind de faire l’objet d’une projection exclusive ! L’histoire de sa production est presque trop incroyable pour être vraie, et un documentaire lui est d’ailleurs consacré. They’ll love me when I’m dead sortira sur Netflix le 2 novembre prochain, en même temps que le film de Welles. Initialement débuté en 1970, le tournage a connu plusieurs difficultés avant de s’achever en 1976. À la mort de Welles en 1985, seulement une quarantaine de minutes étaient montées. S’ensuivirent de nombreuses tentatives de la part de ses héritiers et ayant droit de finaliser et distribuer le film, en vain.  Jusqu’à l’arrivée de Netflix en 2017 qui finança le fastidieux montage.

 

L’ultime provocation de Welles

 

Il est toujours difficile de parler de films qui ne sont pas encore sortis. Donner envie aux spectateurs tout en maintenant un certain mystère est un exercice compliqué.

La première scène s’ouvre sur la mort d’un réalisateur n’ayant pas achevé son dernier film, ce qui constitue une mise en abîme aussi involontaire qu’ironique. Welles met d’ailleurs beaucoup de sa propre personnalité dans ce personnage et en profite pour critiquer le système hollywoodien par le franc parler du réalisateur. Même s’il ne l’a pas achevé lui-même, on sent la patte du cinéaste provocateur qu’il est resté, nous offrant un film déroutant, qui interroge sur la notion même de cinéma et dont il faut plusieurs visionnages afin d’en saisir toute l’essence. Tourné à une période charnière du cinéma Américain (le Nouvel Hollywood*), on est en droit de se demander quel type d’accueil il aurait reçu s’il était effectivement sorti.

Avec cette séance, le Festival lumière aura bien confirmé qu’il est plein de (bonnes) surprises ! Oui, n’en déplaise aux détracteurs, Netflix représente bel et bien l’un des acteurs majeurs de productions cinématographiques mondiales.

Jean Desanlis

*Fin des années 60 jusqu’au début des années 80. Mouvement issu de la contre-culture hippie et influencé par la Nouvelle Vague et le cinéma européen. Se caractérise par des thèmes plus libres (drogue, sexe) et un pouvoir accru pour le réalisateur.

A lire, les trois premières petites critiques sur Roma, Gravity et Les fils de l’homme.

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