Pour cette troisième critique, on se penche une nouvelle fois sur un film de Cuarón (promis, on s’intéressera à d’autres réalisateurs à partir de demain). Mais pas n’importe lequel : le très attendu Roma, Lion d’or à Venise, qui sortira le 14 Décembre sur Netflix.

 

L’événement est de taille : le Festival Lumière frappe un grand coup. Combien de personnes seront en effet assez chanceuses pour voir Roma sur grand écran ? Logiquement, les trois séances affichaient complet bien avant le début du festival et relançaient le débat sur le streaming. Dommage que de nombreux cinéphiles ne puissent que se contenter de leur télévision, car le noir et blanc choisi par Cuarón offre des contrastes sublimes. Les studios qui ont refusé de produire le film doivent s’interroger sur de nouvelles manières d’attirer le public en salles, voire de secouer des habitudes de production vieillissantes face aux nouvelles technologies.

Un Cuarón intime

 

Sans trop en dévoiler, le film est de loin le plus personnel du réalisateur mexicain, qui a confié avoir mis beaucoup de ses souvenirs d’enfance dans cette œuvre. Soyez prévenus, Roma marque une certaine rupture dans sa filmographie, loin de ses fulgurants deux derniers films dont on a parlé récemment (ndlr : Les Fils de l’Homme et Gravity). Le rythme est ici beaucoup plus posé, Cuarón prend le temps d’installer l’ambiance et les personnages avec de longs plans contemplatifs. Ce changement radical en déroutera certainement plus d’un. Pour peu qu’on s’attache aux personnages, cette fresque familiale (un thème cher au réalisateur) menée de main de maître saura à coup sûr vous émouvoir.

Le point d’orgue de ce Festival s’est donc déroulé sans encombres, les réactions étant élogieuses, on a hâte de voir les autres surprises que nous réserve cette 10ème édition !

 

Jean Desanlis