Paul lecat - "le baiser"

Paul Lecat : un univers macabrement doux

Laissez-nous vous raconter l’histoire d’un jeune artiste épris d’images et de poésie de toute beauté, qui dévoile une sensibilité sans pareil. Kosmic est donc allé dénicher Paul Lecat au retour du lancement de sa marque de vêtements « Souvenirs de printemps» et c’est autour d’un café en terrasse (en luttant contre la bourrasque lyonnaise) qu’il s’est confié sur ses œuvres, ses amours et ses souvenirs…

Paul Lecat est un type un peu sombre mais tendre à la fois (et surtout très bavard). Après le lycée, il rentre dans une fac d’arts plastiques à Valenciennes pour se consacrer d’abord à la photographie mais il change progressivement de bord : « En deuxième année, on avait un cours sur le surréalisme et j’ai flashé sur Magritte parce qu’il met des mots dans ses tableaux. C’est là que j’ai compris qu’un discours pouvait remplacer une image. »  La peinture prend alors une place importante dans sa vie jusqu’à le tenir éveillé des nuits entières. Mais c’est surtout en s’intéressant à Basquiat que sa passion grandit et qu’il commence à travailler la spontanéité. Le jeune artiste s’en prend au bâtiment de son université et marque d’un coup de pinceau l’un des murs de la structure sans vraiment savoir où aller : « Je travaillais au rouleau et, à un moment donné, il s’est cassé. La mousse était dans ma main et je l’ai balancée contre le mur. C’était magnifique. »

Paul Lecat peinture

« La nuit n’avait pas oublié tes baisers » – Paul Lecat

De la poésie à l’image

Son talent ne vient pas de nulle part. Dès le lycée, il commence à dessiner des visages avec en dessous des « punchlines», comme il dit, du style « il avait perdu sa mère». Paul affirme que la clé de son travail n’est pas la technique mais la composition et c’est en ça que l’écriture est essentielle. « Le plus difficile c’est de composer son tableau. Maintenant je m’éloigne de la peinture pour aller au dessin car c’est plus pratique. J’ai fait une série avec un dessin par jour qui s’appelle « Souvenir de printemps », donc pour que ça soit plus facile, j’ai commencé au stylo, puis les feutres et actuellement je travaille au posca.  ». Dorénavant, ses peintures aux lignes brutes et chaotiques laissent place à des esquisses fines et épurées.

Si l’on pouvait résumer son travail, ce serait ainsi : la peinture est une écriture et l’écriture, une peinture. A l’extérieur de l’illustration surgissent des bouts de phrases et des mots du quotidien inspirés de ses lectures qui passent de Prévert à Vian. Les visages hagards aux traits fins se dessinent alors sous nos yeux et nous racontent l’histoire. Pas l’histoire avec un grand H, mais celle de la vie : le récit des gens qui nous entourent et qui traversent notre existence. « J’aime bien retrouver des souvenirs. Par exemple, quand je tombe sur un portrait de mes parents, j’imagine l’instant où ils ont pris la photo. Je me demande si on peut être nostalgique d’une époque qu’on n’a pas vécue.  ». Amours, réminiscence, sentiments : ce qui semble être les vestiges d’un passé personnel marqué au fer rouge font écho à des émotions universelles. Mais ce sont les « souvenirs oubliés »* qui passionnent et animent les toiles de notre poète romantique. Ce sont ceux qu’il tente de faire revivre en plus doux et en plus beau :  « D’ailleurs », précise-t-il « ce qui est magnifique en amour, c’est qu’on oublie tout donc on réinvente toute l’histoire. » 

 

 

« Faire vivre l’art sur les vivants »

Paul s’inspire énormément de sa vie jusqu’à se mettre à nu. Mais peu importe ! L’intimité est une partie essentielle dans ses travaux. En effet, avant d’aborder des sujets de société, il faut savoir parler de soi : « C’est très difficile de se connaître : tu ne connais jamais vraiment les limites de tes peurs, de ta colère, de ta joie ou de tes rêves. C’est important d’écrire ces sentiments-là dans l’art et d’exposer sa vision des choses. Au fond, toutes les peintures sont des autoportraits. ».

Aujourd’hui, notre artiste s’est emparé d’un nouveau médium. Aux côtés d’Anne Charlotte Barthelon, il lance sa marque de t-shirts brodés avec ses dessins. L’intitulé « Souvenirs de printemps” est à l’image de sa série d’œuvres qu’il a faite l’année précédente; le rêve de gosse de Paul de devenir un jour styliste se réalise. « J’ai toujours eu en tête de faire des habits et de voir les gens porter ma marque. En fait, l’idée c’est de faire vivre l’art sur les vivants. ». Mais il ne laisse pas le dessin de côté pour autant ! Il envisage de continuer les expositions pour faire des illustrations sur du gros, du très gros format. Restez à l’affût !

*Une expression que Paul utilise et qui est tirée de la citation de Marcel Aymé : « Les meilleurs souvenirs sont ceux que l’on a oubliés. ».

Alice Creusot

Paul Lecat : son site internet, sa page facebook et son instagram

Souvenirs de printemps : le site internet

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