Nuits Noires : la magie d’une expérience

Alors que les festivals en plein air montrent enfin le bout de leur nez, une nouvelle effluve est en train d’envahir notre beau jardin lyonnais. Une expérience sensorielle renversante et bouleversante, où l’on perd ses repères pour mieux se laisser porter… Rencontre avec Elodie Parmentier, co-fondatrice des Nuits Noires.


Merci Tino Sehgal… Fin 2016, Elodie Parmentier vient de débarquer à Lyon. Ex-parisienne, elle a dissimulé dans ses valises un petit souvenir qui n’allait pas tarder à refaire surface : « 
Je rentrais de voyage et je venais de faire une exposition de Tino Sehgal au Palais de Tokyo. Il y avait un cube complètement noir, j’ai commencé à déambuler à l’intérieur, j’y entendais des chanteurs, des mecs faire de la percussion corporelle… J’y suis restée un long moment et quand je suis sortie, j’étais extrêmement émue. » Elle avait vécu le fameux truc qui vous retourne, qui vous bouleverse dans tout votre être : « Je me suis dit, le noir, la musique, les deux matchent super bien. Beaucoup d’images me sont apparues. » Elle s’associe alors à Jérémie Nicolas et tous deux organisent la première soirée Nuits Noires en Février 2017 : « On était à un concert avec Outshape, je leur ai dit “ un concert dans le noir, ça vous dit ? » et hop, l’idée était lancée !

Une dizaine de soirées plus tard, les avis sont unanimes. Les spectateurs ressortent hypnotisés de ces moments suspendus et en redemandent. Les artistes ne sont pas en reste. Après un vrai travail d’adaptation (essayez de jouer du piano dans le noir total) et de collage de gomettes phosphorescentes, les musiciens se retrouvent plein d’envies pour créer un instant unique : « On essaye toujours de mélanger deux genres musicaux qui n’ont pas l’habitude de cohabiter. On propose également une co-création aux artistes, qu’ils réalisent souvent le jour-même. » Certains de ces featuring donnent place à de vrais moments d’exception : « Par exemple, les Black Lilys et Dawid Shanty, c’était magnifique. Ils ont tellement apprécié qu’ils vont peut-être renouveler l’expérience. C’est là notre force, casser les codes du concert. »

 

Black Lilys (et leur équipe) et Dawid Shanty lors de la sixième édition des Nuits Noires à A Thou Bout d’Chant 


“ Il faut arrêter de consommer de l’image “


Casser les codes. Voilà le leitmotiv de notre jeune duo. Programmation secrète, artistes triés sur le volet, communication en teasing… Une recette qui fait tourner les têtes puisque nos amoureux du noir sont souvent victimes de leur succès. Pour Elodie, il faut que le spectateur arrive vierge de tout à priori : « 
Je pense que cela peut être une nouvelle appréhension de la musique. Le noir te fait passer un cap supplémentaire. Cela permet d’être totalement concentré sur le son, c’est presque méditatif. »  Amoureux de la scène local, la découverte est un des critères de leur cahier des charges : « On a pris le parti de travailler uniquement avec de la scène émergente. On a voulu révéler de nouveaux artistes sans tous les artifices que l’on peut proposer aujourd’hui. » La communication va elle aussi à contre-courant des habitudes actuelles. Quelques influences disséminées sur les réseaux sociaux, quelques sons, quelques images mais rien qui ne dévoile l’identité des artistes. Bref, il faut « arrêter de consommer de l’image » et se recentrer sur l’essentiel : l’art, et notamment la musique. Pour Elodie, qui souhaite élargir toujours plus son champ d’action, cette sensation est « ultra jubilatoire » et parfaitement enrichissante : « Il y a souvent des fidèles qui reviennent à différentes sessions, à chaque fois ils me disent qu’ils ont une autre lecture. C’est vraiment un challenge. Il faut toujours se renouveler mais d’une certaine manière, on raconte en permanence une nouvelle histoire. »
 Nouveau chapitre de cette belle story le 8 Mai pour un extra des Nuits Sonores à déguster au Groom !


Samuel Ferreira
© Louis – Graphisme, Illustration


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Le Groom : 6 Rue Roger Violi, 69001 Lyon
Lien vers l’événement ici

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