Nuit 4 des Nuits sonores : de la désillusion à la félicité

Après deux jours d’excès électronique, il était temps de finir en beauté cette 16ème édition des Nuits Sonores. C’est est samedi : cela fait trois jours que tu déambules dans Lyon, d’open air, en DJ Set en passant par un concert rock bien énervé. Aujourd’hui, la soirée finale arrive. Tu es donc dans un état second, tout comme ton crew habituel : tu as hâte de découvrir les anciennes usines Brandt de Gerland, aménagées pour l’occasion en temples de l’électro.

 

Mais on est où la ?

 

Il est 22h33, tu sors du métro Debourg et tu constates que le quartier de Gerland est en ébullition. La foule est électrique, l’air alcoolisé et tu as mis un short bleu : tout va s’embraser ce soir. Ces gens, tout comme toi, savent qu’ils vont à la soirée finale des Nuits Sonores : il va être donc question d’excès avant de pouvoir enfin se reposer après ces quatre jours de festival frénétiques. Ton groupe se met lui aussi à marcher en direction de l’Est, suivant le pèlerinage aveugle de la foule. Un vrombissement de plus en plus distinct se fait sentir au fur et à mesure que tu approches des lieux : ce bourdonnement d’abeille se transforme progressivement en basses violentes qui promettent une soirée explosive.

C’est bon tu as passé le cerbère du XXIème siècle (le videur et son épileptique K-Way fluo) et on te donne des bonbons à l’entée ! C’est chouettement chouette : tu as des haribos du fun trop rigolos ! Ceci dit, tu aurais préféré une bière… En parlant de bière, te revoilà en enfer… Tu dois acheter une carte magnétique moche et mettre de l’argent dessus pour « ne pas avoir à utiliser d’espèces car c’est plus pratique pour le consommateur ». C’est infernal : te voilà revenu à la pire période de la coupe d’Europe de foutebaule dans ces intolérables fanzones. Tu fais donc la queue vingt minutes pour une carte (bien sûr, tu y mets beaucoup d’argent pour ne pas avoir à rappliquer).

Tu n’avais jamais vu un événement électro lyonnais d’une telle ampleur. Crotte Flûte Zuteu ! Il y a énormément d’êtres humains ce soir. Que ce soit à l’intérieur des hangars où en dehors (on parle des fameuses zones où tu es sensés prendre un peu de répit). La foule est dense et tu ne peux pas te poser plus de 15 secondes sans te faire bousculer ou recevoir un doux coup de coude (un uppercut bien ciselé de la part d’une festivalière relou qui parle en anglais avec son pote Erasmus venu « exprès pour l’occaz by the way »). Bon résumons : carte magnétique relou pour consommer, trop de monde, chaleur subsaharienne… cela fait un peu trop, il faut que cela cesse. Tu commences à te demander pourquoi tu es là alors que tu pourrais regarder Pascal le Grand frère en replay avec des chips 3D et du tarama.

 

Une belle nuit d’amitié sous le signe de l’électro

 

Plus la soirée avance, plus le malaise de la foule se dissipe. En effet, tu ressens progressivement les ondes positives de toutes les personnes présentes dans la salle. Tu n’es pas en présence des habitués des festivals techno. Les spectateurs des Nuits Sonores se rapprochent de la trentaine et sont souvent plus concernés par la musique que par leur taux d’alcoolémie. Devant l’ensemble des scènes, les gens sont profondément concentrés sur les sets qui se déroulent sous leurs yeux. A la place des mâchoires serrées et des yeux révulsés de la techno habituelle, tu es en présence de sourires et de belles discussions entre les spectateurs. Une nouvelle preuve que Les Nuits Sonores est un festival unique dans le temps et l’espace lyonnais. Ce n’est pas pour rien que des la plupart viennent de loin pour le vivre. 

Le moment que tu as attendu commence enfin : les Chemical Brothers commencent leur set. Les papas de la big beat anglaise envoient un mix qui contient plusieurs de leurs classiques. Hé oui, tout commence par la légendaire C-H-E-M-I-C-A-L ! Tu es donc autorisé à faire des petites roulades (en fait non, il y a trop de monde). Tu as déjà vu ces drôles de zèbres en septembre à la fête de l’humanité, pour la sortie de leur dernier album « Born in the Echoes » : tu te souviens de 200,000 personnes sautant frénétiquement, pendant que sur scène, deux robots géants balançaient des rayons laser par les yeux. Ici, pas de robots géants, mais un set qui a emporté toute vie humaine présente dans le hangar. C’est d’ailleurs une musique du dernier album qui t’explosera le cerveau ce soir : EML Ritual

En passant de salle en salle avec ton équipe, tu comprends à quel point cet événement est fédérateur. En effet, plus la nuit avance, plus tu croises de vieux potes à toi, des connaissances (dont ce collègue gênant qui parle trop fort et affublé de ses odieuses Stan Smith). C’est là que tu comprends que ce festoch’ est une institution. Toutes les belles personnes de Lyon s’y retrouvent, pour la musique, mais aussi pour passer un moment convivial. Dans ta bande, ta ladyz est dans un autre monde, ton bro David a pris plus de 5 minutes de snapchat (il pourra donc montrer ses beaux souvenirs à ses enfants pendant 24h), François a déchiré son T-shirt (le 11ème depuis janvier) et Raul est ivre mort. Tout va bien dans le meilleur des mondes en cette Nuit Sonore lyonnaise en l’an de grâce 2017.

 

Epilogue

 

La nuit se termine. Tu commences le chemin de croix habituel du retour pénible au bercail après une nuit d’excès. Les jambes ne répondent plus, il ne reste plus que les réflexes nerveux et l’instinct de survie qui te guide vers ton lit. Tu es cependant heureux de cette soirée, elle t’a donné envie de faire une journée au Sucre pour l’année prochaine. En plus ce sera vraiment top, vu que tu auras déjà la chouette carte magnétique laide pour te payer des bières ! Entre la soirée Nova gratuite au Club Transbo et cette nuit Street Massive à Gerland, les Nuits Sonores t’ont donné la preuve que ce festival gratuit/payant est unique en France. Tu attendras donc avec impatience la 17ème édition.

 

Vladimir Colovray

 

Festival Nuits Sonores :
Leur site internet ici
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Chemical Brothers
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Leurs chaines Youtube ici et Soundcloud ici 

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