Marsatac Nuit 2 : Le Point Final

C’est reparti pour un tour. Après une première nuit mouvementée rythmée par les folies nocturnes du Festival Marsatac, te voilà parée pour un second round. Tu prends donc les mêmes et tu recommences : ta srabette Inès, ton sac à dos, et l’envie d’aller imposer le « Gone Style » chez tes potes les sudistes (et ouai ma gueule !)

 

The show must go on !

 

Après une première nuit festivalière mouvementée, tu te réveilles aussi fraiche qu’un gardon aux alentours de 13h du matin (faire la grace mat’, ça a jamais été ton truc). Non tu ne rêves pas, à la vu du virage nord du Stade Vélodrome de ta fenêtre, tu sais que t’es toujours à Marseille et qu’il te reste la moitié du chemin à faire. Avec ta team au complet (Inès donc), tu passes la journée à te revigorer sur une petite plage (le Prado qu’elle s’appelle) et tu te mets en mode starting block pour l’épreuve de la prochaine nuit, que dis-je, l’épreuve du feu de Marsatac.

20h31, début des hostilités. On vous mène directement vers l’un des chouchous de la soirée pour une interview : Kid Francescoli. Enfant du terre-terre marseillais, le gars pèse dans le game depuis près de vingt ans. Loin des frasques rap/hip-hop associées à la cité phocéenne, Mathieu Hocine (de son vrai nom) surfe dans un univers indie/pop portée par sa majesté l’electro (son parcours, tu le réserves pour un article ultérieur et là tu te dis que t’es la reine du suspens). Bref. Il se pose à côté de vous en bombe et répond sans tabou ni pudeur à toutes vos question. Parfait. Tu bois ses paroles chantées par cette accent du soleil que tu adores et tu tombes presque amoureuse de lui quand tu vois qu’il a la même montre que toi #tropconnectés #tropdescopines. L’entrevue finie, tu choppe une bière au passage avant d’aller profiter de ta soirée. Oui, en bonne travailleuse, c’était ta seule interview aujourd’hui. Ainsi soit-il : Amen.

 

Le Kid, le poète et les Maestros

 

Là, tu vas rejoindre ton pote Max. Lui, c’est ton srab lyonnais et collègue dans un fastfood très réputé. Impossible de le louper. Il arrive avec une dégaine à faire pâlir la brigade du swag. Tee-Shirt Nike jaune pétant et short de bain Adidas (pour la loi, tu dois même citer Puma a skip’). A skip’ même qu’il aurait trouvé sa tenue dans le bus qui l’a amené à Marseille. Bref, vous fêtez le fait de vous retrouver loin des burgers autour d’une bonne pinte et êtes rapidement rejoins par Inès. Bordel, c’est déjà 22h. Vous vous dirigez alors sereinement vers le Palais de L’Europe où ton seigneur Kid ouvre le bal. Pendant qu’Inès va se perdre dans la foule pour prendre des photos, vous vous trouvez une place pas loin de la scène, histoire de perdre en audition à côté des bonnes basses de familles. Tu savais déjà que Francescoli était un grand dans son domaine. Là t’en a la confirmation. Accompagné de la douce et belle Julia au chant, il dépote un max (sans parler de ton pote) dans ses rifs et envois un set du tonnerre. Seigneur Dieu, te voilà encore confrontée au dilemme des festivals. Au bout de quelques morceaux, tu tu te rends compte que Vald est en train de monter au sur scène au Palais d’à côté (dixit le Grand Palais) et l’envie de te scier en deux te traverse l’esprit une demie seconde.

En traversant la foule, t’as le temps de croiser un Dwayne Johnson version Leader Price (ses bras font d’ailleurs la taille de tes cuisses), un couple qui aurait plus besoin d’une chambre que d’un concert et quelques clichés de quarantenaires hippies « out of nowhere » discutant avec leur vénérée Marie-Jeanne (Note importante : tu n’as pas encore aperçu les traditionnels animaux de festival). Quand vous arrivez au Grand Palais, Inès vous abandonne pour aller papoter affaires avec vos amis de La Nuit Magazine et tu te retrouve rapidement serrée contre la régie. Malgré une autotune surpuissante (#mesoreillespleurentdusang), t’arrives quand même à apprécier le gars qui régale le public avec des textes à prendre au millième degrés (t’es d’ailleurs presque sure que les gamines de douze ans qui scandent les paroles à côté de toi n’y comprennent que dalle).

Le concert fini, il se fait grand soif et tu accueilles ta 1664 comme si c’était le Messi. Prochaine étape, Die Antwoord. Si tu te trouvais à l’étroit pour Vald, tu te rends compte que c’était pas grand chose à côté de ça. S’en est presque insoutenable et heureusement que les sud Africains ne ménagent pas leurs efforts ! Eux, c’est un peu la crème du gratin du hip-hop alternatif. Avec cinq albums et deux EP à leur actifs, tu vois que les artistes ne font plus qu’un avec la scène et transcendent le public sur chacun de leur morceaux. La t’es bien. Tu te retrouves alors dans une sorte d’antre apocalyptique : des dizaines de verre de bière (pleins) volent de partout, t’as deux pélos qui se font un petit battle de breakdance improvisé et t’as même la chance d’être accostée par un Jean-Michel relou aux allures de Charles-Henry. Su-Per ! Sur ces bon dires, tu t’éloignes quelque peu de la foule pour aller prendre un peu l’air.

Marseille, au revoir mon amour

 

Il est 3h30, tu te retrouve avec Inès, Max, et même Nico (un autre pote venu pour les festivités) au milieu du site, assis dans l’herbe, à discuter et à regarder les étoiles. Là t’oublies que demain, c’est le retour à la réalité lyonnaise, t’oublies que tu vas te taper quatre heures de co-voiturage,  t’oublies que ton temps de sommeil va être court… t’oublies pas mal de choses en fait. Mais ce qui est sur, c’est que cette 19ème édition de Marsatac, tu ne l’oublieras pas.

 

Aviva Nakache

 

© crédits photos : Inès Bourgeois
© Vincent Arbalet

 

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