Alors que le pays festoie plaisamment l’arrivée de l’été au rythme de l’euro 2016, Kosmic garde sa bobèche tournée vers son exercice favori : la chasse aux artistes. Une traque sans relâche et sans merci conclue par la capture d’un groupe de hip/hop qui traversait la contrée musicale lyonnaise : Marquis.


Leur musique est le miroir du meilleur amour, et c’est sans prier le soir qu’ils ont pu voir le jour. Dans une collusion officielle qui subsiste depuis deux berges maintenant, quatre chansonniers des temps modernes ont, au terme d’un périple jonché de jam sessions et de boeufs musicaux, décidé de concevoir un groupe esquissant avec justesse le hip/hop dans une atmosphère révolutionnaire : Marquis. Dans un paradoxe artistique et temporel, le groupe pointe la Renaissance au devant de la scène au rythme de titres planants, inspirés du temps glorieux qui a vu éclore la démocratie : « On est un peu les saltimbanques d’aujourd’hui », se confie Alexandre, bassiste, « c’est une contradiction mais c’est justement ce qu’on cherche à montrer. Au début, notre nom de groupe, c’était pour rigoler. Puis on s’est dit qu’en fait, il y’a plein d’histoires à raconter, d’images qui peuvent nous inspirer à partir de ça. On peut évoquer le voyage dans le temps, la révolution… tout un tas de choses. »

Jouant sur un effet « docteur passé et mister présent », ces hommes de Pompadour s’aventurent dans la complexité de reproduire les sonorités hip/hop habituellement assurée par des samples : « Avec les avancées technologiques, c’est plus simple aujourd’hui de créer ce genre de sons. Tu peux faire ça avec ton ordinateur, faire des modifications, des duplications… Sauf que nous sommes des instrumentistes. Ce qui est difficile, c’est de rester dans l’esprit « sample » et de ne pas sortir des sentiers battus. On ne peut pas se laisser aller à l’improvisation parce qu’il faut qu’on réussisse à garder la structure qu’on établit au départ et de jouer quasiment comme des machines. C’est très intéressant de travailler la dessus car ça nous permet de garder une certaine rigueur, une stabilité ».

marquis bleuLa France, cher pays de mon enfance


Ancrés dans la musique underground, Marquis bagote son identité en exposant une modernité équivoque à travers un chemin conducteur trépané par le groove. Avec un langage soutenu à en faire tomber la caboche de Louis XVI, cette bande de joyeux lurons puise sans vergogne dans ses influences éclectiques (soul, funk en passant par le jazz et la folk) pour ravitailler des textes jargonnés en anglais et en français. Une singularité maîtrisée d’une main de maître par Max, MC du groupe : « On délivre pas mal de choses avec du vocabulaire de l’époque » , explique-t-il, « Dans les compositions, selon le son, je valse entre les deux langues.  Je fonctionne avec mon inspiration. L’envie d’écrire en français, c’est une manière de vouloir toucher les gens, quelque chose qui, à notre sens, marque plus que l’anglais. C’est une difficulté en plus parce que le texte peut véhiculer quelque chose de très dur, de très prenant. Le dire en français nous entraine à jouer sur les rythmiques, d’autant plus avec un langage ancien où on installe des jeux de mots, des allitérations… C’est ce qui fait la force du projet. »

Avec la sortie prévue du clip de « BLEU », une de leurs précieuse litanies, Marquis s’apprête à fouler, encore et toujours, les planches de la scène lyonnaise. Entre aristocratie et sonorités hip/hop ménestrèlement efficaces, où s’arrêteront-t-ils dans la conquête du canton musical ? Certainement pas là !


Aviva Nakache


Marquis – Les Membres : Max (MC), Alexandre / Marquis Phali (Basse), Martin (Guitare, arrangements) et Alex (Batterie)

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