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Lastrack : Vent de renouveau dans la scène électronique française

A l’approche de la quatrième édition de l’Urban Art Jungle organisée par Superposition, la Kosmic team s’est penchée sur la programmation musicale du festival qui promet encore une fois de nous en mettre plein les mirettes. Intriguée par un artiste qui bouleverse les codes d’une musique électronique souvent jugée un peu trop « mainstream »: c’est sur Lastrack que la rédac’ a jeté son dévolu.


Lastrack, c’est le projet solo d’Axel, 25 ans. Anciennement étudiant en com et publicité, il a finalement choisi de faire carrière dans la musique électronique. Une reconversion qui semble lui réussir. Pour sa troisième date à Lyon, c’est au Croiseur qu’il se produira, à l’occasion du festival d’art urbain du crew Superposition. La musique en elle-même, il est tombé dedans tout petit. Avant de s’intéresser à l’électro, Axel jouait de plusieurs instruments : la basse, la batterie et la guitare n’ont plus de secrets pour lui. Il est aussi membre du label lyonnais, que l’on ne présente plus, Brothers From Different Mothers (BFDM) drivé par son pote et Dj Judaah.

Son style musical ? Lui-même peine à coller une étiquette dessus. « Je pense que c’est la croisée de toutes les influences que j’ai, qui vont de la trap au gabber, à la hardstyle en passant par la jungle. Un espèce de melting pot de tout ce que j’aime bien ». Ses influences ? « Ca va du métal au hardstyle (Head Hunterz), à la trap américaine (XXX Tentation). J’aime beaucoup les anglais dans ce qu’ils font en terme de musique ». C’est d’ailleurs l’éminent compositeur britannique Aphex Twin, dont il est « un fan intemporel », qui lui a ouvert les yeux sur la musique électronique : « Avant ça je faisais du métal, ce qui n’a rien à voir (rires). Après j’ai écouté ce type là et je me suis rendu compte qu’il y avait tout un délire que je n’avais pas perçu jusqu’ici. C’était un peu mon point d’entrée dans tout ça ». En bref, Lastrack c’est un subtil mélange des genres qui fait de lui un véritable ovni, ce qui est loin d’être une faiblesse dans l’industrie musicale. Bien au contraire.

Un artiste atypique qui casse les codes


Loin des standards classiques de l’électro, le jeune homme est mû par la volonté de se démarquer en terme de club-music. « J’aime pas trop la répétitivité, j’ai toujours conçu la musique comme quelque chose de narratif, j’ai un peu de mal avec ce format montée-break-chorus et redescente. Quand je commence un morceau, j’essaie systématiquement d’utiliser des instruments, des sonorités que je ne me suis pas appropriées auparavant. Je n’aime pas rester dans la routine musicale, dans quelque chose que je connais ». Quand on lui demande s’il a une préférence pour le live ou le studio, il nous répond qu’il n’y voit pas de différence. « J’aime bien construire mes tracks un peu comme si je faisais un live. Le pont entre les deux il est hyper évident. Un bon morceau studio, tu peux l’apporter en live même si c’est un morceau qui a pas du tout une tonalité club. C’est pour ça que je me suis jamais posé la question de faire des dj set avant. Je trouvais plus marrant de prendre un morceau et de le façonner pour le live sachant qu’il a été construit dans cette idée-là. »

S’il tourne encore très peu à Lyon, Axel s’est produit à de nombreuses reprises aux quatre coins de la France et s’étonne encore du succès rencontré. Face à une scène électronique qui peine parfois à se renouveler, il semblerait que le public ai envie d’autre chose. « Il y a beaucoup de curiosité qui naît dans les gros festivals et si elle est pas étouffée par les mêmes têtes d’affiche d’années en années, ça pourrait être quelque chose d’assez cool. Il y a plein de publics différents, dont des gens qui s’intéressent à une scène un peu plus moderne, récente. A Lyon particulièrement y a eu un gros départ dans tout ça. Aujourd’hui on a des musiciens qui proposent des choses un peu underground (même si j’aime pas tellement ce mot, qui est un peu un fourre-tout). Je pense qu’on a notre place maintenant sur la scène internationale ». C’est en tout cas tout le malheur qu’on lui souhaite.

Concernant ses productions : Après un premier EP sorti sur son label BFDM (Plan à 3), il s’apprête à sortir un various ainsi qu’une cassette ambiant (un format de 60 minutes sur lequel il figureront des poèmes qu’il a lui-même composé). Et pour ce qui est des dates à venir, il est « en train d’organiser une soirée Poitiers-Limoges avec Abramovic » (de Bordeaux, fondateur de South West Records avec qui il a partagé l’affiche du Positive Education à Saint Etienne en novembre dernier). Que de suspens me direz-vous ? Soyez patient, à ce qu’il parait, ça vaut plus que le coup !


Morgane Nicolas


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Le Croiseur : 4 Rue Croix-Barret, 69007 Lyon

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