Laho au Slow Galerie

Laho : une Odyssée Onirique et Colorée

Comme tu le sais, en Avril, tu ne dois pas te découvrir d’un fil. Or, de son côté, Kosmic ne se prive pas de découvrir les talents cachés de notre fabuleux paysage artistique local ! Laho ouvre le bal du printemps avec son Solo Show “Serpentine” présenté par nos chouchous de Superposition. Entre décors exotiques et êtres étranges, l’univers haut en couleur de notre artiste embarque le spectateur dans un voyage mystérieux et pétillant.

A l’aurore de sa vie d’adulte, l’intarissable Lola Tinnirello explore les quatre coins de l’hexagone : « J’ai fait une fac d’arts plastiques à Bordeaux, ensuite je suis partie à Marseille pour faire une MANAA (ndlr : Mise A Niveau en Arts Appliqués), après un BTS graphisme à Paris et enfin, Toulouse pour un master de graphisme » Un sacré tour de France… Pendant ses 4 dernières années d’études, l’illustration prend une place importante dans le cœur de la jeune artiste. En levant l’ancre pour suivre le grand amour, elle s’installe dans la capitale des gaules et se constitue rapidement un réseau dans le milieu de la musique. Laho débute donc son ascension (…là-haut ! Roh ça va… ) artistique en s’associant à des collectifs et des salles de concerts pour produire affiches et programmes. « Le harcèlement paye » avoue-t-elle en riant, « après des mois où je contactais les gens par mail et téléphone, j’ai pu enfin montrer mon travail et monter des expos. » Mais ce n’est pas tout : la belle talentueuse possède plusieurs cordes à son arc, entre l’imprimé textile et la céramique en passant par les expos et le street art, varier les projets et les supports ne lui fait décidément pas peur. « C’est vrai que c’est un peu dur mais ça me permet de ne pas me cantonner à une seule chose et de toucher un plus grand nombre de personnes. »


L’exploration de soi et de l’imaginaire

« Je me nourris beaucoup de mes rêves pour pouvoir exprimer ce qui est là au plus profond de moi et pour m’éclairer sur mon évolution. Je ré-injecte tout ça dans mes dessins et bien que ce soit personnel, ce sont des questionnements qui restent universels. » C’est avec plusieurs techniques, impression numérique, artisanale, dessins ou encore peinture que Laho dévoile ses chimères. Des personnages hybrides s’imposent dans des décors imaginaires et scrutent le spectateur avec une sorte de moquerie douce. Les corps se forment et se déforment au fil d’épopées oniriques et dansent au son d’une musique que l’on s’invente. En fin de compte, cette ribambelle d’entités monstrueuses et chaloupées fait appel à des sensations enfouies qui peuvent hanter les esprits encore longtemps : « Je me rends compte que mes dessins interpellent beaucoup de monde » nous confie-t-elle, « dabord à cause de la couleur qui attire l’œil et ensuite, parce que j’y place une dose de symboles et de mystère qui parlent aux autres. » Dernièrement, c’est l’identité du serpent qui trouble la jeune artiste ; une image liée à des valeurs qui la touchent telles que l’intuition, la connaissance et la force de vivre. Dans son prochain Solo Show, elle explore la thématique sous toutes les coutures que ce soit l’animal ou la pierre minérale : « J’avais envie de revenir à des dessins bruts et des paysages. L’idée était de revoir les lignes sinueuses, le mouvement et le déplacement. »

TRESOR, oeuvre de Laho

L’artiste affirme ainsi un style qui lui est inqualifiable mais toujours doté d’influences familières à la frontière entre le fauvisme de Matisse et le surréalisme de Max Ernst. Mais Laho étant un jeune projet, l’illustratrice ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et avoue papillonner vers d’autres horizons. « En ce moment, je m’intéresse un peu plus à l’art abstrait et au noir et blanc » nous dit-elle, « Du coup, j’ai déjà quelques unes de ces œuvres pour l’expo. C’est un véritable challenge pour moi car je suis limitée à un seul et même outil pour envisager des matières et des traits différents. »Un virement de bord pas si étonnant que ça quand on sait qu’elle s’adonne volontiers au plaisir de la piqûre… Ne vous méprenez pas, il s’agit bien évidemment du tatouage ! Formée par l’artiste Eddith Lake, Lola s’empare à son tour du dermographe afin d’immortaliser ses croquis black and white sur la peau. Un travail qu’elle compte bien développer pour le plus grand bonheur des accros à l’aiguille… En attendant de découvrir toutes ses petites merveilles, il est possible de la retrouver à SITIO le 19 Avril pour son solo show et au Festival Coucool à Paris les 26 et 27 Mai !


Alice Creusot
Photo principale © Sarah Balounaïck


Laho
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SITIO : 3 place Gensoul, 69002 Lyon

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