Nuits Noires : l’éveil des sens

Pour la cinquième édition des Nuits Noires, la team Kosmic a expérimenté pour vous ce concept étrange d’assister à un concert dans le noir complet : frissons garantis.


Le temps des découvertes


Ce mercredi 27 septembre, c’est la soirée des premières fois : premier article pour Kosmic, premier concert aux Nuits Noires et première visite à la Maison Métagram (cadre de cet événement mystérieux). Il est 19h, tu espères ne pas trop être en avance mais miracle, tu croises la fameuse Inè
s sur la route. Après avoir croisé Elodie de l’orga et fait les présentations, vous accédez à ce lieu richement décoré où les livres sont rangés par couleur (encore une idée peu banale mais qui a de la gueule). Pendant qu’Inès se prend une bière et hésite à céder à la tentation de la salade de riz noir, tu as tout le temps d’admirer les divers produits du lieu qui est à la fois un café, une boutique, une agence de com et un espace événementiel, rien que ça. Tu es particulièrement séduit par les skates à la française (appelés Squêtes) et par les illustrations de Lyon d’Emilie Ettori… magnifiques. Le temps de gratter une clope, on vous guide gentiment dans la pièce appelée « la forêt », logiquement décorée de verdure et d’un canapé en gazon, alors qu’une bande sonore en boucle pas du tout énervante nous annonce que le concert va commencer. La tension monte.


On passe aux choses sérieuses


On vous emmène par petits groupes de 5, munis d’un coussin, dans l’arrière-salle complètement baignée d’obscurité. Ta pote te dit que si tu veux toucher des culs, c’est le moment. Tu rigoles mais en fait, tu voulais justement faire une vanne de ce type et du coup tu es un peu dégoûté. La petite salle se remplit rapidement et tu t’installes comme tu peux, tout dénué de repères que tu es. La responsable annonce que le concert va pouvoir commencer et tu ne peux t’empêcher d’être un peu anxieux. Après tout, tu n’as aucune idée du type de musique auquel vous allez avoir affaire. Sans crier gare, des cymbales commencent à frémir et une voix féminine brise le silence. Il s’agit de Madly Wise, qui a choisi pour l’occasion de faire un set acoustique qui sent bon le feu de camp et l’Amérique pro
fonde. Malheureusement pour toi tu ne verras jamais de visu cette chanteuse à la si jolie voix, (c’est certainement mieux comme ça vu que ta copine t’attends à la maison). Tu as à peine le temps de te remettre de tes émotions que deux ou trois chansons plus tard, l’artiste principal de cette soirée apparaît (façon de parler). Madly Wise n’était qu’une première partie et c’est à un concert de Grimme que tu vas assister.

Tout seul sur scène, Grimme est un peu plus anxieux que ses collègues, et pour cause, on en oublie que ce concept constitue une expérience pour le public comme pour les artistes qui doivent s’habituer aux circonstances particulières. Mais loin de se laisser décourager il blague à foison avec son audience, déjà conquise à sa cause. Tu remarques en effet le profond respect du public, privé de la vue, qui ose à peine bouger tant il est déboussolé. L’artiste enchaîne les titres sans souci, à part quelques fausses notes que tu es prêt à lui pardonner au vu du courage requis pour tenter (et réussir) ce type d’expérience. Tu es bizarrement séduit par sa pop-folk apocalyptique, toi qui es plus à l’aise du côté de musiques plus métalliques. Mais il faut dire que son chant mélancolique et sa B.O. de fin du monde collent parfaitement aux circonstances. Arrive le moment fatidique où il annonce que son set touche à sa fin, mais le public réclame une autre chanson. Ayant fait le tour de son catalogue il est contraint de rejouer une de ses chansons, mais qu’importe. « The World is all wrong, but it’s all right » : c’est le titre de cet ultime hymne, mais aussi celui de son premier album, qui sonne comme une leçon à retenir. Comme le disait Darwin, c’est en s’adaptant à ce qui nous entoure qu’on peut évoluer. Ce fut le cas ce soir, en étant privés d’un des sens les plus importants, vous avez expérimenté une autre façon de « voir » la musique.


Retour à la réalité


Tu ressors un peu bouleversé de cette expérience, le retour à la lumière est compliqué. Après une heure dans le noir et dans un silence quasi religieux, le brouhaha des conversations est pendant quelques minutes assez dur à encaisser. Vous avez toutefois la chance de pouvoir discuter quelques minutes avec Grimme, qui confesse avoir été lui aussi touché par ce concert peu ordinaire car il est habitué à croiser des regards dans la foule pour partager leur énergie. Comme le public, il a eu du mal à trouver ses repères mais a vécu une soirée riche en émotions car c’est certainement ça, le génie de ce concept : mettre le public et l’artiste sur un pied d’égalité et faire en sorte qu’ils ressentent la même chose. Nul doute qu’Inès et toi retenterez l’expérience, et ce sans hésiter une seconde !    


Jean Desanlis


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La Maison Métagrame : 8 rue de Fleurieu, 69002 Lyon

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