Kevin Saunderson : une belle nuit de labeur à La Machinerie

Après la fermeture du Bloc au cours de l’été 2016, le quartier de la Part-Dieu était devenu orphelin de club jeune cool et branché. Là où tu pouvais dépenser ton RSA le week-end en bière à l’eau et en cocktail composé à 97% de glaçons. En mars 2017, la Machinerie ouvrait ses portes sur les cendres de son prédécesseur en orientant ses platines sur la techno et la house. Le 18 mars, en seconde soirée d’ouverture, la légende Kevin Saunderson était invitée des zétazunis pour graisser les rouages de la machine. En tant que docteur en journalisme mention merdier, la nouvelle rédaction de Kosmic se devait de partir en mission.

 

Même endroit, différentes sensations

Le Bloc, tu n’y est allé qu’une seule fois dans ta vie : au BacWinners en 2007. Alala 2007, ton bac L, The Rasmus, les baggys trop large, K-maro… Du coup tu n’as absolument aucun souvenir de cette soirée : tu crois même qu’il s’appelait le Fridge à l’époque. Bref, selon des sources sûres (tes srabs), l’endroit n’est plus du tout le même. Fait plutôt sympa : la cabine du Disc Jockey est quasiment au centre de la grande salle, entre les deux bars.

La décoration très industrielle de la machinerie est vraiment cool. Comme le dirait la Christina Cordula du clubbing : « Machinerie, mais tou es magnifaïque ! ». La tuyauterie métallique traverse la salle de long en large. On peut voir des projecteurs de cinéma et même des moteurs suspendus au plafond. Heureusement, l’architecte a eu le bon goût de placer une boule à facettes street massive pour nous rappeler que nous sommes en club. Mention spéciale à l’éclairage bleu tamisé de la scène qui nous rappelle un porno gay soft des années 80.

 

La fuite des cerveaux

 

Dès l’arrivée, un génie des temps modernes t’accueille : le mec du vestiaire. Il prend ta veste et note tes initiales sur un ticket… et te le rend dans le plus grand des calmes. Un grand merci à cet homme qui avait apparemment tout prévu. Si jamais tu es atteint d’un Alzheimer foudroyant, tu n’as qu’à regarder ton ticket pour vaincre cette terrible affliction. Bon bref passons, de toute façon ta veste est laide.

Le personnel du bar gère, la bière est fraîche (bien qu’il n’y ait pas de Picon #tristesseinfinie) et en plus, elle est servie en chope ! Machinerie, quel torrent de Love tu offres à ta clientèle : tu nous donnes de la house grand luxe et la sensation d’être à la taverne des hobbits dans le seigneur des anneaux ! Mais bien entendu, on est en club et il y a toujours un « Jean Michel Gros con » pour te faire méditer sur la légalisation de l’euthanasie : le mec qui tape littéralement un scandale au bar pendant 5 minutes pour 1 euro. Evidemment, on lui avait bien rendu la monnaie mais avec son triste égo ébranlé, il a comblé son vide existentiel en insultant la barmaid. Mais du coup qu’en est-il du public ?

La foule est cosmopolite. D’un côté, tu peux croiser notre Kévin national avec ses « potos » relous : tous  munis de T-shirt Rivaldi bien pétés, matant les meufs comme des loups affamés après le ramadan et ivres morts dès 1h. De l’autre côté, tu vois le hipster qui tire la gueule dès son entrée : cheveux peroxydés blancs et anneau dans le nez nous rappelant les plus belles vaches des champs de la Loire. Le gars qui « vient que pour le son » mais qui passe 93% de son temps dans le fumoir en argumentant que la sono n’est pas « opée ». Ces deux publics réunis auraient pu être détestables, mais il n’en est rien. Cela fonctionne, Kevin et ses potes hurlent « popolopopopoooopo » pendant que Brian le hipster se fout de leurs gueules et toi, tu apprécies ce spectacle en sirotant ta chope grand luxe.

 

Une messe électronique

 

Après avoir jaugé le club pendant un moment en photographiant la salle, le colosse de Detroit entre en mix et tout s’embrase. Cette house chamboule tout le monde, la salle perd complètement pied. Même Brian et ses reebok Exofit Low commencent à s’amuser ! C’est fou, tu crois même n’avoir jamais vu un vigile hocher la tête ! Putain, et dire que tu pensais que les robots n’avaient pas d’émotions. Même si à la base tu n’aimes pas trop la house, il faut bien dire que là tu es obligé de suivre ce mouvement. Ce son est moins violent que la techno, mais plus fédérateur ! L’ensemble de la salle est tournée vers Kevin Saunderson, tu es littéralement dans un temple où la messe est dite. Tu ne vois pas le temps passer, tu danses, tu fermes les yeux, tu regardes ta montre et en fait il est 5h du matin. 

En partant tu te rappelles de ton nom en regardant les initiales du ticket de vestiaire. La soirée était parfaite, le son a fait son office et toi, tu vas te préparer pour ta compétition de GRS du samedi après-midi. Tu sais maintenant que quand tu reviendras dans le quartier de la Part-Dieu, ce ne sera pas pour acheter un haut merdique en mauvais acrylique chez H&M ni même prendre un train qui aura du retard. Ce sera pour écouter de la bonne musique à la Machinerie.

 

Vladimir Colovray 

 

La machinerie : Leur page Facebook ici, leur site internet ici
Kevin Saunderson : Sa page Facebook & son Soundcloud
© crédit photos : Gaëtan Clément

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