Le samedi 23 septembre, la jeune réalisatrice Julia Chapot présentera son nouveau court-métrage « Da Lost Boyz » au cinéma Le Zola (Villeurbanne). Une néo-artiste lyonnaise et son film au Zola ? Il n’en fallait pas plus pour que Kosmic aille à la découverte de son histoire. On parle d’inspirations musicales, d’une esthétique et de couleur de cheveux.

 

Ah le cinéma… Dans la ville des frères Lumières, il fallait qu’on en parle. Avec ces quelques écoles et autres facultés, Lyon regorge de jeunes gens qui rêvent de suivre les traces des plus grands réalisateurs. Au milieu de cette foule de passionnés, chez Kosmic, on a décidé de s’intéresser à Julia Chapot. L’année passée, son court-métrage « Video Killed the Radio Star » a bien tourné dans la capitale des Gaules, remportant au passage quelques prix dans les festivals étudiants lyonnais. Il faut dire que l’histoire racontée est tombée au poil puisque tout se passe sur fond de David Bowie et de son personnage Ziggy Stardust. « J’avais commencé à écrire ce film avant que Bowie ne meurt » se justifie la scénariste/réalisatrice. « Finalement, ça s’est transformé en hommage. Cela n’était pas fait exprès, mais j’étais dans le bon timing (rires). Mais ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire, je suis contente qu’on me dise ça ! ». 


La musique comme point de départ


Après un premier film s’inspirant de l’histoire du groupe Frankie Valli & The Four Seasons (et de son chanteur qui a du mal à supporter la célébrité dans les années 60), VKTRS (pour les intimes) suit cette fois un jeune homosexuel excentrique dans les années 80 qui se fait rejeter par la société, mais arrive à s’émanciper grâce à la musique et la télévision.

À travers ces deux histoires, un thème se détache : la quête d’identité. Un sujet universel qui fait écho au parcours de Julia Chapot. « Quand j’étais plus jeune, je voulais être danseuse ou chorégraphe. J’ai même fait le conservatoire et sport-étude au collège. Finalement, je n’avais pas le physique pour. Mon père avait peur que je ne réussisse pas et que je n’ai plus rien. Du coup, je me suis pris de passion pour le cinéma. Ce qui n’est pas forcément mieux (rires). À 14 ans, mon frère m’a montré Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Depuis, j’ai dévoré tous ses films et je suis allée voir d’autres réalisateurs pour m’enrichir. Finalement, réaliser, c’est chorégraphier un film ! ». Le cinéma a été un échappatoire pour la jeune cinéaste, un endroit où exprimer un univers qui se dévoilait déjà en partie à travers un look vestimentaire et capillaire déjà bien marqué. « J’ai toujours aimé m’habiller de façon différente ou avoir des couleurs de cheveux excentriques. En première année à l’école de cinéma, on me prenait souvent pour jouer dans des films, ça devait venir de ce look. J’ai été pas mal renfermée dans mon adolescence, je m’exprimais différemment. Et puis, j’ai eu un déblocage la première fois où j’ai été sur un plateau comme réalisatrice. Je ne pensais pas réussir ça. Mais quand tu réalises, t’es obligée de t’ouvrir à une équipe et à des acteurs. Maintenant, j’ai moins peur. »


« Da Lost Boyz » s’inspire de Peter Pan et du style Gabber


En ce mois de septembre, la réalisatrice, fraîchement diplômée de l’école de cinéma Centre Factory revient avec un nouveau court-métrage intitulé « Da Lost Boyz ». Entre esthétique bien marquée, recherche de qui on est et musique « boum-boum » (attention aux épileptiques), le style Julia Chapot s’affirme. Le film s’inspire du mythe de Peter Pan et parle du passage de l’adolescence à l’âge adulte.
« Vers la vingtaine, ton regard sur le monde change, et ça peut être assez brutal et dur à vivre » décrypte celle qui vient d’avoir 23 ans. L’histoire se déroule dans une société minière pauvre. On suit Wolfgang, un jeune punk de 16 ans. Son père lui annonce qu’il va devoir bosser à la mine. C’est à ce moment-là que son frère, Peter, qui avait disparu depuis plusieurs années, vient le chercher pour l’emmener au « Netherland ». « Dans Peter Pan, c’est Neverland, mais je voulais mélanger à cela le style Gabber, qui est une sous-culture née en Hollande. D’où le nom Netherland, la Hollande en VO ! ».

Si vous aimez les histoires sur fond de Pays Imaginaire, mais bien plus sombre que dans vos souvenirs d’enfance, avec crâne rasé, Peter en survêtements dansant sur de la techno hardcore, « Da Lost Boyz » est fait pour vous mes chers lecteurs ! C’est l’occasion de se plonger dans un univers bien détourné et qui peut en surprendre plus d’un. Pour les curieux, le court-métrage sera montré gratuitement au cinéma Le Zola, à Villeurbanne le samedi 23 septembre à 11h30. L’équipe du film sera présente et un making-off suivra la projection.

 

David Dufour


Cinéma Le Zola : 117 cours Emile Zola, 69100 Villeurbanne