Isolé : un art perché pour un style naïf

Envie d’un peu de nouveauté ? Pour votre grand bonheur, Isolé a fait escale à Lyon en apportant un peu de soleil marseillais dans ses bagages pour le prochain l’Urban Art Jungle Festival #4 par Superposition. La rédaction a donc fait un bain de lumière en s’attardant sur ses œuvres et son parcours d’artiste-peintre.


Entre Isolé et le dessin, c’est une histoire d’amour qui dure depuis sa tendre enfance. Des l’age de 13 ans, il décide de parcourir les rues à la recherche de spot pour y délivrer sa créativité débordante. Ses expériences le milieu urbain lui ont permis de se forger un style bien à lui grâce à la perche et son admiration intarissable pour Picasso. Après des études en MANAA (ndlr : Mise A Niveau en Art Appliquée) et en BTS design graphique, notre peintre s’est essayé à plusieurs styles et techniques dont la linogravure. « On nous a demandé de faire une couverture de livre fantastique et j’avais pris la linogravure. C’était une belle découverte parce que je n’avais pas les sous pour la sérigraphie et pour moi c’était un moyen d’impression accessible et intéressant à travailler. »

Dans ses œuvres, Isolé a un style carré très distinctif qu’il doit à ses exercices avec la perche. « Au début je n’aimais pas ça mais un jour, en allant sur un terrain, j’ai eu un déclic. Grâce à cette technique, je peux me permettre de faire des formes plus grandes et plus harmonieuses parce que j’ai de la place. En parallèle, j’ai la possibilité de pouvoir peindre au-dessus des autres et de respecter le travail des graffeurs. » Il parait qu’à Marseille, certains talents du monde entier viennent marquer de leur art les murs de la cité. En ce sens, notre artiste voue un attachement inépuisable pour sa ville natale où il fait bon vivre et où la culture urbaine est très présente : « C’est notre terrain de jeux », dit-il. Même si pour le moment certains peuvent se sentir libre de peindre comme bon leur semble, tout peut changer très rapidement à cause de la rénovation de certains quartiers.


De la rue à la galerie


Sans abandonner complètement ses dessins de rue, Isolé a ensuite changé son fusil d’épaule en commençant à exposer ses peintures et ses gravures en galerie. Peindre sur une toile n’est pour lui que la continuité de ce qu’il a appris à faire dans la rue, qu’il transpose et re-travaille avec plus de rigueur « A partir du moment où tu peux prendre le temps de t’appliquer, c’est la porte ouverte à d’autres techniques et d’autres genres que tu ne fais pas forcement dans la rue. » Pour lui, Superposition relève le défi très cool d’attirer les graffeurs en galerie en leur proposant de faire quelque chose de différent grâce aux expos et aux ateliers « Je dissocie vraiment mon travail dans la ville et celui que j’expose. Les peintures sur toile que je crée s’inspirent beaucoup de mon quotidien et de ce qu’il se passe à l’extérieur. »  

Il va sans dire, en effet, que ses œuvres invitent régulièrement des personnages et des attributs propres à la capitale du sud « Je pense jouer pas mal avec les clichés marseillais à mon insu. (rires) ». Mais au-delà du foot, du Ricard et des chaussettes claquettes, Isolé confie un certain fétichisme pour… les mains ! « C’est vraiment la partie du corps que je détestais faire avant. Lorsque mon style est devenu plus géométrique, j’ai rendu ça plus simple à faire et j’en ai dessiné de plus en plus en action et avec des proportions différentes. Je me suis pris au jeu. » Encore au seuil de la vingtaine, Isolé possède déjà un tracé et un style qui lui est propre et qui ne cesse d’évoluer à travers de ses expériences artistiques. La prochaine en date, le live-painting qui aura lieu à l’Urban Art Jungle Festival, une occasion pour notre artiste de tester ses limites et de faire perdurer l’amusement.


Alice Creusot


Isolé : son compte Instagram

Urban Art Jungle #4 au Croiseur : 4 Rue Croix-Barret, 69007 Lyon

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