Hypnotik 2017 : la dynastie Techno

Qu’est-ce qu’évoque « Eurexpo » pour un jeune galopin de la région lyonnaise ? Le salon des vignerons indépendants et du chocolat ? La remise du Boccuse d’Or ? L’hologramme Star-warisé de JLM pendant la campagne présidentielle ? Mais pas que, mes lapins ! Eurexpo est également le temple de la techno lyonnaise au mois d’octobre lors du grand rassemblement Hypnotik. De la musique qui tape très fort et des êtres humains psychédéliques et loufoques vont se mélanger ce soir et nous entraîner dans la folie. Prenez un casque pour ce nouveau voyage en terrain techno acide !

Impossible d’être prêt pour cette nuit


Il est 23h15 quand le bus démarre. Tu arbores discrètement mais fièrement ton uniforme de teufeur collection Summer/Fall 17 : sneakers blanches aux pieds, slim légèrement déchiré (mais pas trop), bonnet de type canotier et une sobre mais efficace coach jacket noire. Autour de toi, tu observes, écoute et jauge la faune de jeunes gens éthyliques qui composent la navette : tu SAIS que la grande majorité ne survivra pas à cette soirée. Une jeune fille de
type “ blogueuse mode ” est à la limite du délire, pendant qu’un autre hurle « C’est à bâbord qu’on gueule… » : l’horreur ! Te voilà revenu dans les plus sombres soirées médecines des années 2000. Mais toi, tu es prêt : tu n’as pas trop écouté de techno cette semaine, tu n’as pas bu comme un chameau faisant le Paris-Dakar, tu sais qu’il va falloir garder tes forces pour cette nuit qui va s’embraser au fur et à mesure que la Lune avancera dans le ciel. Plus tu avances vers les halls d’Eurexpo, plus le bourdonnement des basses se fait entendre. 

Après avoir passé les pénibles Golgoth de la sécurité, tu peux sentir ton cœur commencer à trembler sous l’impulsion des basses qui émanent des différentes scènes de l’événement. Pour commencer, tu as le choix entre la salle House et la scène Psytrance (cette dernière est destinée aux ravers du dimanche comme moi). Ce sera la seconde option : ce soir tu n’es pas là pour trier les galets ! Tu t’armes d’une délicate bière blonde avant de rejoindre le son frénétique et intense de la Psytrance. Tu aimes déjà ce qu’il se passe. La légion de rois de la nuit qui gigotent devant toi te rappelle immédiatement le côté fédérateur de ce courant musical. Cette techno rapide nous pousse dans un son planant, moins industriel que celui de la Techno originale. Danser sur ce son nous paraît bien plus léger, les vibrations accompagnantes sont plus douces et assez colorées. Tu peux voir à quel point cette musique est fédératrice pour le public qu’elle compose : des ravers, des Monsieur-tout-le-monde, des ladies survoltées et le marginal du carrefour en bas de chez toi bougent comme des furies et en harmonie ! Impressionnant.

Là, tu planes totalement. D’ailleurs, Avalon s’apprête à monter sur scène. Cet anglais a débuté sa carrière en 2003 en mixant des sons sud-africains en transe/techno. Aujourd’hui, c’est une référence dans le milieu de l’Acid-Transe. Tu ne pourras que conseiller au monde entier d’écouter son second LP : « The Remixes, Volume.1 » d’Hypnotik. Bref… tu plonges dans cette foule éclectique pour de bon : ta communion est totale avec les festivaliers, t’as l’impression de vivre la Rave Party de Matrix II. Le décor de la scène reproduit une jungle dans laquelle ton esprit se perd quelques temps. Il balance sous tes yeux une de tes reprises favorites (toutes époques confondues) : Voodoo People de The Prodigy. Tu coupes le câble des freins, enfonces ton pied sur l’accélérateur du merdier et pars en roue libre dans la nuit noire.

Du Hardcore à la techno, il n’y a qu’un cerveau


C’est la mi-temps, ta superbe tenue n’est plus : pantalon maculé de bière, baskets devenues noires, tu transpires à grosses gouttes comme l’ensemble de l’auditoire. Tu décide de te restaurer un moment avec le fameux duo bière/clope. Par curiosité (ou stupidité), tu te rends à la scène Hardcore. Tu ne vas pas te mentir : tu n’affectionnes pas particulièrement ce genre de la techno,
tu le trouves trop agressif : il a d’ailleurs la particularité d’avoir une des cadences les plus frénétiques du monde. Cependant, en temps que “ Kosmic Boy ” aguerri, il est de ton devoir d’aller au cœur de la mêlée. En pénétrant dans le hall, tu ne comprends plus rien, tout va
 de travers ! Bombers costauds, treillis de guerre et crânes rasés s’étendent devant toi. Ces gens inquiétants sont en train de gesticuler frénétiquement. Cependant, tu as rarement eu l’occasion de voir une meilleure ambiance  : un vrai esprit de communauté est palpable… T’es même étonné de voir ce jeune homme de 120 kilos sourire d’encouragement quand il te voit tenter péniblement de suivre le rythme.

Il est 3h24 du matin, ton cerveau n’est plus (comme ta bière d’ailleurs). Après l’inexorable rechargement de la mousse de survie, direction le Hall Techno où tu vas finir la nuit. Le grand horloger t’accompagne, tu arrives pile pour le set de Ben Klock. Sa techno minimale te calme et te refait partir en altitude au-dessus d’Eurexpo. Le Berlinois déploie tout son talent : une force incroyable accompagne sa techno. Bien qu’elle soit douce en apparence, elle a un côté industriel que seuls les allemands savent faire (certainement la fameuse “Deutsche qualitat” ). Des jeux de lumières éclatants aux lasers accompagnent la musique pour encore mieux t’exploser la tête. C’est encore plus le bordel que durant le trip final de  » 2001 : L’Oddysée de l’Espace « Tu reconnais certains sons, comme Subzero de l’EP  » Before One « . Autour de toi la cohésion est totale, le public est en transe, yeux fermés et en train de s’exécuter face au gourou, ou plutôt au DJ, enfin Ben Klock.

Epilogue


6h15. La navette repart de la galaxie Hypnotik pour revenir à notre planète Terre. Tu es épuisé tout comme la tripotée de survivants somnolents à côté de toi. Ce premier festival techno de l’année a été tout simplement exceptionnel. Ce n’est pas par hasard si la house, la psytrance, le hardcore ou encore la techno brute restent incessamment dans les mœurs. Oui, on parle bien de continuité musicale parfaite entre la fin des années 80 et 2017. Tous ces genres sont ancrés dans l’ADN des générations “ sweat à capuche ” et “ prince de Bel-Air ”. Après cette soirée démentielle, il ne te reste qu’une chose à ajouter : rendez-vous l’année prochaine !


Vladimir Colovray
© Gaétan Clément 


Hypnotik 2017 : leur page Facebook ici 

Eurexpo : Boulevard de l’Europe, 69680 Chassieu 
Leur site internet ici

 

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