Holy Two nous invite au « Festin » de son dernier clip incisif

La rédaction a jeté son dévolu (une fois de plus) du côté de Holy Two.  Leur nouveau single “Festin” nous dévoile l’univers tout en symbolisme du prochain album “Invisible matters”. Le duo revisite des classiques de l’histoire de l’art dans un clip aux accents criminels signé Thibaut Charlut et HOLDEN. Autant vous dire qu’on a de quoi se mettre sous la dent !


Un univers visuel et musical au diapason


Le groupe pop-électronique Holy Two fait son grand retour et choisi d’abandonner la langue de Shakespeare pour un nouveau single en  français : “Festin”. La voix suave de la chanteuse nous invite dans leur nouvel univers encore mystérieux. Le clip, à la fois perçant et poli, nous donne un avant goût de l’atmosphère visuelle et musicale. Rythmique mélodieuse et sonorités lancinantes annoncent les teintes sombres d’un festin morbide. L’image et la musique ne font qu’un dans un clip tout en tension. Le texte vacille entre amour déchu, chagrin d’un passé tout juste révolu et plaie ouverte par une trahison sans nom. La mélopée (un balancement de gravité et de nuances) entre en parfait écho avec un objet visuel aussi brut que délicat. Les couleurs pures et diffuses rendent au clip son image inquiétante. Ponctués d’un rouge sanguin, les plans s’enchaînent et par touches, on suggère l’irréparable. Dans un décor aussi kitsch qu’austère, nos protagonistes statiques arborent, face caméra, un air lugubre. Le travail sur la lumière forge le style et pose la patte de la réalisation. Les faisceaux texturent l’image et drapent les peaux d’un voile couleur d’opale. Le ton cru est finement orchestré dans un univers régi par la vengeance et la domination. C’est dans ce lieu aux allures de manoir malfaisant, que de ténus mouvements de caméra soulignent la psychose de la scène.
Dans une esthétique subtilement étudiée se dessine l’univers d’Holy Two. Le souci de composition révèle une quête de la belle image. Chaque plan s’offre à nous comme un tableau où teintes et lignes s’unissent dans une harmonie déconcertante.

 


Entre symbolisme et Vanité


Dans un clip aux allures de drame, la symbolique est la pièce maîtresse et “Festin” en est truffé. Là où les plans se déploient comme des tableaux, le registre de la nature morte apparaît, et plus précisément celui de la vanité. Représentation de la mort, du temps et de la fragilité : ce clip se place comme une relecture de ce genre illustre. Sa caractéristique,  c’est le passage de la vie à la mort. La bougie, symbole du temps qui passe, occupe une place prépondérante à l’image : dissimulée en arrière plan ou élément central, allumée ou soufflée, la bougie nous soumet à la durée. Bon nombre d’éléments, gages de la vanité, sont nichés dans ces plans pensés au millimètre. L’infusion rouge contenue dans le verre qui ponctue le clip serait-elle la trace d’un lieu souillé par le méfait ? Le cortège d’indices nous met dans la peau d’un Hercule Poirot sans moustache et assied l’idée du péché de colère.
Cette allusion religieuse n’est pas anodine. La figure christique disloquée qui jonche le récit est renforcée par plusieurs symboles sans équivoque. Le poisson, placé devant lui comme un attribut, est un signe ancestral de la religion chrétienne. La pomme, fruit du péché originel, est croquée par un Christ contorsionné. Possible manifestation d’une morale à la pureté noircie, il est aussi l’expression du religieux dans la Vanité.

L’esthétique visuelle et musicale annoncent un album tout en mosaïque de genre : l’impatience est à son comble ! D’ici là, on peut les retrouver sur scène le 18 Mai aux 24 heures de l’INSA à Lyon, le 19 Mai à Margny-Lès-Compiègne pour l’Imaginarium Festival, le 20 Mai au Festival Art Rock de Saint-Brieuc et le 1er Juillet dans le Doubs au sein du festival Rencontres et Racines !  


Margot Whitehead


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