Alors que les festivals nationaux annoncent leur programmation à tour de bras, à Lyon, la part belle était aux musiques indépendantes et intrépides. Derrière ce titre alléchant, se cache la programmation de la troisième édition du festival Transfer. On vous raconte les soirées du jeudi et du vendredi avec Jacco Gardner, le Comte, Raoul Vignal, Marble Arch, Temples, Johnny Mafia, Lebanon Hanover ou encore Pom Poko.

Jeudi 7 mars, Un burger bio made in Feyzin avalé, on se dirige vers la salle de l’Epicerie Moderne où la foule est encore parsemée. Surprise (ou non pour les puristes de Jacco Gardner), la scène est installée en plein milieu de la fosse. Chacun y va de sa stratégie pour être au plus proche des artistes quand Le Comte démarre son set. « Non non, n’applaudissez pas tout de suite, je n’ai encore rien fait » lance-t-il en guise de présentation. On n’entendra plus sa voix du concert, set instrumental oblige. Cette électro des plus atmosphériques était un bon tour de chauffe pour Jacco Gardner. Accompagné d’une claviériste, le musicien hollandais a surpris le public en proposant un concert inhabituel. En effet, à l’image de Somnium, son troisième album, ce set était lui aussi totalement instrumental. Quelle meilleure substance que ses textures sonores pour nous emmener haut, très haut ? Entre pop psyché et electro, cette entrée en matière à la limite de la performance était ambitieuse et parfaitement cohérente avec la programmation du festival.

Changement d’ambiance le lendemain. Rendez-vous au Transbordeur, dans une configuration festival (Club et grande scène qui alternent). Le régional de l’étape, Raoul Vignal, a brillamment ouvert la soirée dans un club se remplissant petit à petit… Pour la première fois sur scène avec un vibraphone, on mesure à quelle point la finesse du son est importante dans son projet : notre nouveau musicien s’en est bien sorti, il a relevé le défi haut la main” se confie Raoul Vignal, “Je crois que notre musique parle à toutes les générations, on a cette chance là.” Sa douce mélancolie fait le pont parfait entre l’électro planant de la veille et la pop beaucoup plus festive de Pom Poko.

Viennent les très élégants Marble Arch sur la scène du club. On nous rapporte que le guitariste a failli jouer sans son pedal board, oublié à Paris. Histoire qui a beaucoup plu à Jean-Noël de Last Train croisé dans les travées du club… Les parisiens livrent un set incisif, et très classieux. Belle transition avec les très lookés Temples. Les australiens à la capillarité exceptionnelle n’ont fait qu’embellir leur rôle de tête d’affiche. Vestes argentées, guitares magnifiques et qu’est-ce que ça joue ! Une sorte de vent d’intelligence musicale qu’on aurait reçu en plein visage.

Place à la psych cold-wave de Lebanon Hanover. Malgré l’atmosphère qui s’est quelque peu refroidi, les allemands tiennent le public du club avec leurs rythmiques enivrantes, mais c’est bien les foufous de Johnny Mafia qui vont réveiller les foules. Un concert débridé comme on n’en voit plus et ça se ressent à la température. Le contraste est saisissant et ce, pour tous nos sens déjà bien fatigués par cette soirée intrépide. Le festival Transfer clôturera sa troisième édition le lendemain avec notamment Beak et She Past Away, toujours au Transbordeur. On se ravit de retrouver notre rock intrépide pour une 4ème édition, parce que oui, on en redemande !

Le Transbordeur : 3 Boulevard de Stalingrad, 69100 Villeurbanne

L’Epicerie Moderne : Place René Lescot, 69320 Feyzin

Médiatone : 29 Rue des Capucins, 69001 Lyon