Festival Lumière : Nouvelles Perspectives

Ce jeudi, Thierry Frémeaux a tenu une ultime conférence de presse avant le début du Festival Lumière samedi. Au programme : nostalgie, nouveau départ et débat sur Netflix. Retour sur une heure bien chargée.


Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Le Festival Lumière en est l’exemple parfait. Des débuts timides et balbutiants au plus grand festival de cinéma de patrimoine au monde, il y a eu de nombreux progrès et changements. « J’étais sûr de mon coup dès la première édition car je savais que l’Institut Lumière avait une capacité de mobilisation. Je voulais prouver que la curiosité du public est intacte. » Pari gagnant pour le délégué général du Festival de Cannes car au 10 octobre  2018, 80 000 billets étaient déjà vendus (pour un objectif de 150 000 à 180 000 spectateurs). Il faut également préciser que le Festival Lumière comporte le seul Marché du film classique au monde, qui en est à sa sixième édition.

L’intarissable cinéphile n’a pas pu esquiver le débat qui agite les deux festivals qu’il gère : la présence de films produits par Netflix. Ainsi, il n’a pas pu projeter à Cannes Roma d’Alfonso Cuarón (Lion d’or à Venise), suite à la décision controversée du conseil d’administration d’interdire les films ne sortant pas en salles. Heureusement, le film aura droit à deux séances exceptionnelles au Festival Lumière,(qui sont évidemment déjà complètes). D’après Thierry Frémaux, « le débat est déverrouillé à Cannes. Pour certaines personnes, la légitimité du cinéma n’est pas que le grand écran car il n’est plus le seul médium à interroger l’image. » Cannes va-t-elle enfin se décider à vivre avec son temps ? Affaire à suivre.


Le festival s’élargit  


Cette conférence était également l’occasion de visiter en avant-première les lieux de vie du Festival. Tout d’abord, le village et son immense boutique de DVD qui connaît cette année un changement important puisqu’elle accueillera désormais la Radio Lumière (disponible sur le site du Festival, sur Deezer et 90.2 FM). La grande nouveauté est l’apparition d’un nouveau village réservé au Marché International du Film Classique, encore en construction qui recevra environ 400 professionnels qui échangeront notamment sur la restauration de films. La matinée s’est achevée avec la découverte de l’exposition consacrée à Charlie Chaplin, uniquement constituée de photos familiales. Sa famille sera d’ailleurs présente ce dimanche à Lyon pour la projection de The Kid.


Le directeur de l’Institut Lumière a livré plusieurs informations exclusives sur deux projets qui verront peut-être bientôt le jour. Le premier est la création d’un Festival du film français, très cher à Thierry Frémaux. Le second est un fantasme de l’architecte italien Renzo Piano, qui voudrait reconstruire l’usine Lumière, ce qui permettrait d’agrandir considérablement le musée, d’ajouter au moins une salle de cinéma et de créer un Institut de la Photographie. On a tendance à l’oublier, mais les travaux des Frères Lumière sur la photographie sont aussi importants que ceux sur la cinématographie.

Pour finir, le parterre de journalistes qui a fait le déplacement a eu droit, en avant-première, aux noms des lauréats des trois autres prix décernés par l’Institut pendant le Festival :

– le prix Fabienne Vonier, remis à une personnalité féminine du monde du cinéma, est décerné cette année à Michèle Ray-Gavras, productrice.

– le prix Raymond Chirat, récompensant un écrivain, historien ou éditeur œuvrant à la préservation et à la transmission de la mémoire du cinéma, est attribué à Stéphane Lerouge, éditeur musical.

– le prix Bernard Chardère couronne un critique et auteur, une personnalité marquante du cinéma, en la personne de Lucien Logette, rédacteur en chef de la revue Jeune Cinéma.


Plus qu’une journée à patienter avant 9 jours de découvertes, d’émerveillement et de rencontres. La rédaction Kosmic vous souhaite un bon Festival.


Jean Desanlis

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