Davodka : uppercut dans le rap conscient

Alors que la brise se fait attendre (il fait frais pour un mois d’Août tu trouves pas ?), nous, on s’est aventuré du côté de Paris pour pêcher l’une des figures emblématiques du rap conscient de la dernière décennie : Davodka.


Pur produit du ter ter parisien, Davodka, c’est un peu l’enfant prodige du 18ème. Bercé par les influences du coin, il fait ses premiers pas dans la scène rap en 2003 avec ses amis Kema & Nico l’Salo où ils forment le groupe Paris Pôle Nord. « Pendant trois ans, on a sorti pas mal de sons qu’on a enregistré avec les moyens du bord » nous explique-t-il. « On a réussi à sortir une compilation de tout ce qu’on avait fait avec des enregistrements home made. Arrivés en 2008, on a intégré le collectif MSD (ndlr : Mentalités Sons Dangereux) avec qui on a envoyé quelques mixtapes assez éclectiques car on essayait de se diversifier un maximum. Le point d’ancrage de notre travail a été la sortie de « Sampleur et Sans Reproches », notre album. »

Davodka, c’est aussi (et surtout) un projet solo. Car oui, c’est … sans peur et sans relâche, que le rappeur s’est lancé, quelques années plus tard, dans une aventure qu’il voulait en solitaire : « Le groupe m’a apporté énormément de choses. Cela m’a permis d’être polyvalent : j’ai appris à écrire, à poser des instrus, gérer mes clips… Ils m’ont appris la passion. J’ai commencé à m’écarter de tout ça parce que je voulais voler de mes propres ailes. » Dans cet envol, notre artiste surplombe le paysage du rap avec une identité old school basée sur un flow déroutant passant d’un côté posé à un débit de paroles aux allures de mitrailleuse. Dans un second degré et un penchant pour l’aspect métaphorique, il ajoute à cela des textes à l’âme mélancolique au fond revendicatif « où je me lâche sur les choses qui me casse les c****** (rires), c’est le côté du 18ème où on adore dénoncer les choses qui nous déplaisent. Souvent c’est très engagé voir militantiste. »

« Fier de quelque chose que j’assume »


Avec quatre albums à son actif (le dernier, « Accusé de réflexion » est sorti fin 2017), Davodka fait de sa musique un engagement et s’y jette à corps perdu. Une manière à lui d‘échapper au monde réel (et de l’accuser), faisant ainsi de sa passion un véritable exutoire : « J’ai eu une période assez sombre où mes textes tournaient pas mal autour de l’alcool. Le son m’a permis et me permet toujours d’aller de l’avant. Ça vide un peu la tête de certaines choses et ça me permet d’être fier de quelque chose que j’assume au final. »

Dans cette envie d’aller toujours plus loin dans les recoins de la musique, il compte sortir de ses sentiers battus en s’imprégnant un peu des techniques actuelles : « Je veux m’ouvrir un peu, sortir du vintage. Pour ne pas me noyer, je me dirige sur des choses plus modernes parce qu’il y a des choses intéressantes. Je n’apprécie pas tout mais je vais prendre juste les parties qui me plaisent et je vais mélanger. (rires) » Aujourd’hui, avec une notoriété qui n’est plus à prouver, Davodka n’est pas prêt de se reposer sur ses lauriers. Avec déjà les sons en stock pour son futur album, il prévoit encore de fouler quelques planches avant de retourner en studio. Il s’aventurera d’ailleurs dans notre chère province Rhône Alpine le 27 Octobre prochain. Le rappeur fera une halte à Saint-Etienne (42) où il embrasera Le Fil aux côtés de deux pointures du rap français : Demi-Portion et Kacem Wapalek.


Aviva Nakache


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Le Fil : 20 bd Thiers, 42000 Saint-Étienne

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