Breakbot : folie funk / electro dans ton Petit Salon

Breakbot, c’est le genre d’artiste que t’écoutes depuis que tu essayes de t’offrir une vie d’adulte bien active. Depuis 2010 exactement, où son premier EP « Baby I’m Yours » a fait quasi l’unanimité auprès des amateurs de zik. À l’époque, le bac tout juste en poche, t’arrives sur Lyon des rêves plein la caboche et des envies de déconvenues excessives. Naturellement, quand t’apprends, près de sept ans plus tard, qu’il passe dans un haut lieu culturel et nocturne de ta ville d’adoption, ton âme d’ancienne pré-pubert danse aussitôt la salsa. Invitée pour l’occaz par Le Petit Salon (pas de beauté ni de coiffeur), tu comptes bien découvrir à la fois le lieu-dont-tout-le-monde-parle et ce DJ que tu n’as connu qu’en te trémoussant allègrement sur ses disques dans ton appart.

 

Ta tou-toute première fois

 

Parlons peu parlons bien. Le Petit Salon. Non, tu n’y avais jamais mis les pieds. Et pour tes potes, c’est pas faute d’avoir essayé de t’y trainer. Quand t’as su que tu devais aller la bas, tu t’es dit : « Allez ! Fait un effort pour une fois, en plus c’est pour Breakbot ». D’habitude, un petit bar sympa, une bière bonne et pas chère, de la musique d’ambiance, et te voila comme un coq en pattes. Mais a ce qu’il parait (a skip’ pour les intimes), c’est sympa là-bas, c’est aéré, espacé, et la musique est bonne (et guide nos pas). Calée au fin fond du septième arrondissement, cette escouade représente (toujours a skip’) à elle toute seule les plus grosses soirées techno / electro de Lyon. Un lieu de rendez-vous connu de tous les férus de saveurs nocturnes en tout genre. Tous ces trucs « hypes » que tu ne connais pas et qui te font paraitre comme une recluse de la société. Qu’importe, il est temps de se mélanger avec l’élite de l’élite ! Faisons preuve d’un peu d’ouverture d’esprit que diable ! Comme dirait l’autre : il n’y que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Samedi 11 février, la semaine un poil éreintante que tu viens de passer ne va pas t’empêcher de fatiguer un peu plus ton corps en demande de repos : « tu dormiras quand tu seras morte » qu’on t’a dit. Le set commençant à 1h30, tu t’insurges d’un petit apéro pré-opératoire avec quelques compagnons de vadrouille (sans les citer, ils sont trop nombreux) avant d’aller débuter les hostilités.


The show must begin
 

Sur place, un peu enivrée mais toujours sous l’emprise de l’appréhension, tu ne fais quasiment pas la queue pour entrer. Et oui, les vigiles, tanqués comme des baraque à frites, ne lésinent pas sur leur qualité de videur / laissez-passeur. Deuxième étape, vestiaire. Le jeune homme responsable, petit brun pimpant et frais comme un gardon te soulage de tes lourdes affaires d’hiver avec un chaleureux « bonne soirée ! ». Que de belles surprises jusque là (à skip’ les gens de la « night » peuvent être sympas). Et là, tu ne dis pas waouh par peur de passer pour une groupie de seconde zone mais presque. Une salle immense fait d’abord office d’amuse gueule. Au rythme du « Boum Boum » des basses ambiantes, t’avances à petit pas dans ce qui sera le temps d’une soirée
le royaume de Thibaud Berland. T’as tout juste le temps d’observer les rectangles lumineux qui surplombent la scène que tes collègues de bamboche te trainent vers le fumoir au plafond gigantesque. Après une clope fumée à moitié (de l’appréhension ? que nenni ! ), tu te précipites (avec toute l’excitation nécessaire) de nouveau dans la grande salle où Breakbot s’apprête à envoyer du lourd. T’as même le temps de te dégoter une pinte à 6 balles que tu appelleras « la boisson du non retour » . Le service est encore impeccable. Là t’es bien.

Y’a plein de monde. Pour une fois le confinement ne te dérange pas. Alléluia ! L’artiste lance les hors d’oeuvres en te régalant à coup de rifs funk electro. Tu bats la mesure avec une pote en essayant de faire ressembler tes mouvements à de la danse. Au bout du quatrième essai tu te rends a l’évidence, Patrick Dupont ferait pale figure à côté de ton déhanché. Au moment du « Baby I’m Yours » t’as envie de crier « Oui Thibaut, tu es à moi ! » mais tu t’abstiens pour éviter la jalousie de la part des autres filles (elles ne se doutent pas de se qu’il se passe entre lui et toi). À la fin du set, tu soupires de bonheur.

 

Ce n’est qu’un au revoir
 

Pas encore redescendue de ton nuage, t’aperçois le reste de ta troupe qui arrive d’une autre salle. Ah ? il y’a une autre salle ? oups… Obnubilée par la prestation de la vedette du soir, tu ne l’avais pas remarqué. Qu’importe, tu feras l’entier état des lieux la prochaine fois parce que oui, il y’aura bien une prochaine fois. Au final, c’est 4h du mat’, tu es aussi crevée qu’un pneu de VTT après un tour de France mais c’est pas grave, tu es au poil. Tu viens de faire ton premier petit marathon nocturne au Petit Salon. A skip’, tu dois aller bosser tout à l’heure : pas de problème. La soirée que tu viens de passer dans l’antre de l’élite de l’élite t’a transformé en arme de destruction massive. La machine de guerre que tu es maintenant ira, verra et vaincra tranquillement ce matin de gueule de bois.

 

Aviva Nakache

 

Le Petit Salon : 3 rue de Cronstadt, 69007 Lyon
Leur page Facebook ici – Leur site internet ici

 

Laisser un commentaire

96 − = 93