Pour la deuxième année consécutive, Kosmic s’est infiltré au festival Marsatac. Après moultes péripéties et coups de coeur artistiques, la rédaction est fière de tirer sa révérence marseillaise sur un groupe défiant les lois de l’électronique depuis un paquet d’années : Birdy Nam Nam.


Birdy Nam Nam, c’est un peu comme le summun du gratin de l’électro avec des pépites musicales en guise de fromage fondu. Formé depuis une quinzaine d’années par Crazy B, Little Mike et DJ Need (le quatrième, DJ Pone, a quitté le groupe en 2014), cette belle fratrie s’est illustrée a maintes reprises dans l’art du turntablism à travers un panel sonore éclectique : du hip-hop au groove en passant par des touches de rock, de techno et de funk.

Provoquant une déferlante dans les années soixante-dix, le turntablism consiste à créer de la musique grâce à des platines et disques vinyles. A l’époque, c’était dans le Bronx (USA) que tout se passait. Les jeunes, en quête de nouvelles sensations musicales, organisaient leurs soirées autour de sonos de fortunes où se jouaient les passages les plus rythmés de disques et s’enchaînant sur deux platines jumelées. Maintenant, grâce à l’évolution de la technologie et d’internet, les samples peuvent se dénicher au moyen de quelques clics et de recherches approfondies. C’est donc sous l’influence de cette ère que le groupe a fourni le fil conducteur de ses compositions.


Leur toute première fois


Birdy Nam Nam, c’est aussi cinq albums, deux EP et une multitude de singles à faire pâlir la brigade des tubes. Dans leur dernière production « Dance or Die » (fin 2016), les artistes ont innové en créant leur propre samples et ont d’ailleurs mis un point d’honneur sur l’auto-production : « C’est la première fois que nous produisons nous-même notre album » se confie Crazy B. « C’était un peu une sorte de challenge pour nous. On a voulu faire des featurings, des chansons plus formatées… Des choses qu’on a jamais eu l’occasion de faire mais qui nous faisaient envie depuis pas mal de temps. Après, il faut dire qu’au début c’était un vrai bordel parce qu’il y’a énormément de choses à gérer. Ça te met face à des réalités, tu comprends des choses et c’est assez excitant parce que c’est ton projet, ton investissement personnel. C’était une très bonne expérience. »

Restant contre vents et marées dans une atmosphère hip-hop, les trois loustiques ont choisi le chemin de la dualité en rassemblant une palette de morceaux dits « solaires » sur un album qui s’appelle pourtant « Dance or Die » : « Ça montre bien qui on est, il y un côté un peu schizophrène. On a choisi de créer des titres assez enjoués parce qu’on reste des gens rigolos et la plupart du temps, on est sympa. On entre pas dans le cliché des mecs complètement dépressifs ou qui font de la musique triste (rires). Nous ce qu’on aime, c’est l’énergie, la musique qui tape un peu, même beaucoup ! ». Et oui, même s’ils « ne sont plus touts jeunes », ils s’inscrivent toujours dans la lignée des rois des platines et offrent toujours un de ces show bien groovy comme on les aime : « On travaille sur une séquence qui tourne en balançant d’abord un rythme puis d’autres éléments comme une ligne de basses, des voix ou du scratch. Tout ce qu’on lance est en direct, on enregistre rien et c’est ce qui fait que la musique n’est pas super droite et cadrée en live. On préfère le côté spontané des choses et notre but, c’est avant tout de faire bouger les gens. » Une spontanéité et une prestation du tonnerre que vous aurez tout le loisir de voir dès la rentrée ! Il joueront pour le festival Tohu Bohu à Veras en Valais (Suisse) le 8 septembre et le 28 octobre au festival Insolent Collection Automne au parc Des Expos de Lorient (56).


Aviva Nakache

© Inès Bourgeois


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