Big Junior : frénésie Hip-Wave au Hard Rock Café

Qu’est-ce que ça t’évoque le Hard-Rock Café ? Une célèbre chaîne de bars ? Des T-shirts pour touristes en manque de repères ? Des zippos de « collection » trop chers ? Mais pas que, mes petits lapins ! C’est aussi un lieu où le Rock’N’Roll s’est toujours exprimé dans sa forme la plus brute et la plus pure : la scène ! Le bar a ouvert ses portes en Novembre et petit à petit les concerts se sont mis en place. Quand on a appris que nos potes de Big Junior allaient y passer, notre sang n’a fait qu’un tour : l’équipe d’experts de Kosmic devait participer à ce concert pour jauger la Rock’N’Roll crédibilité de ce nouveau bastion de la musique lyonnaise.

 

Buffalo Grill ? Disneyland ? Mais non malheureux, le Hard Rock Café !

 

Tu n’as jamais mis les pieds dans un Hard Rock Café. Tu sais juste que les gens aiment y prendre des bières et que des grands fous s’amusent à y faire du grand n’importe quoi. Impeccable ! Ta semaine a été infernale, ton métro avait du retard tous les matins et ton boss n’était pas content du fait que tu battes ton record à Free Tetris sur l’internet mondial ! Bref. Ce vendredi allait être parfait. Allez, c’est bon, tu entres avec ton gang. Là, tu ne comprends pas trop pourquoi la porte d’entrée donne immédiatement sur un magasin de type « souvenir de Disneyland » où tu peux acheter la panoplie du parfait touriste : T-Shirt Hard Rock Café, stylo bille pour tes dictées de cours de français et autres produits d’exception. Bon passons, de toute façon tu voulais une bière (Picon si possible).

Tu traverses la salle pour trouver le bar et tu te rends compte à cet instant très précis que tu es un crétin :  il est 20h, soit l’heure du souper et donc, tout le peuple mange inexorablement dans le but de survivre. Tu voulais voir des bikers descendre des hectolitres de bières avec des corsaires jouant au jeu du couteau ? Non, tu vas plutôt tomber sur Jean-Michel de la compta et son costume de vendeur de The Phone House, accompagné de Kimberley et sa dégaine de vendeuse de chez Sephora. Affolé par ce milieu hostile, tu demandes au serveur à quelle heure passe Big Junior. Celui-ci te répond avec le plus grand des calmes : « à 22h30! ». Nickel, tu es officiellement stupide, le concert est dans 2h30.

Bon allez, tu es indulgent, c’est vendredi et les steaks ont l’air sympas. D’ailleurs la déco est plutôt cool, Valérie Damidot a fait du bon boulot sur ce coup ! La Harley Davidson en expo te rappelle à quel point tu ne pourras jamais t’en payer une pour faire la route 66. Sur les murs, des reliques sont exposées comme certaines tenues de Whitney Houston ou des guitares ayant appartenu à des gros noms comme Robbie Williams. Quand tu arrives devant le cadre où l’album de White Zombie « Astro-Creep 2000 » est exposé, tu mets un genou à terre, tu déposes une rose et tu te recueilles pour ce chef-d’œuvre. Les gens et l’ambiance sont bizarres, mais le cadre est vraiment cool : Big Junior ne peut qu’enflammer le lieu !

 

« Osiris » : Deuxième EP, deuxième claque

Big Junior, c’est des gones qu’on aime bien chez Kosmic. Ils ont la patate et un son particulier qu’ils développent depuis leur premier EP « Snii ». Mais si, par chance, comme moi, tu es pote avec le malicieux skateur Raul, tu connais donc par corollaire le bassiste Richard ! Ce pratiquant de la planche à roulettes tatoué comme une porte de WC, aligne aussi bien les lignes de basse que les beaux hardflips sur 10 marches. Bref, tu es donc au courant de la genèse du groupe, tu les suis depuis un bail. Le chanteur du groupe (ndlr : Mathieu Rothwiller) et Richard avaient commencé dans Welling Walrus, une putain de formation rock’n’roll des familles. L’évolution Hip-Wave de Big Junior a du coup été une belle surprise en 2016.

Il est 22h34 et le concert va commencer. Les portes de la pièce se ferment, isolant la salle du reste du Hard Hippopotamus Café. On y est enfin, tu entres définitivement dans le vortex. L’acoustique de la salle est de bonne qualité, tu as juste une larme émue pour toutes les personnes recalées à l’entrée par « manque de place »…  Pas grave, ils pourront toujours aller manger des frites en achetant un T-Shirt souvenir. Pendant ce temps, les quatre loustiques envoient du lourd sur scène. Petite nostalgie quand ils reprennent certains titres de Snii. Avec l’année passée, « AïAï » et « Cazillas » t’embarquent toujours vers l’infini et au-délà (vous appelez ça voler ? toi t’appelles ça tomber avec panache). Impeccable. Sur les nouveaux morceaux, tu vois que Big Junior sort de ses plus beaux retranchements. Tu peux le dire : « Osiris » marque un tournant magistral dans la carrière de cette belle cabale.

Les voilà qu’ils terminent sur leur traditionnel « Kopakabaka ». Un titre qui soulève le public aussi facilement que toi tu pourrais le faire (quand tu t’entraînes dans ta salle de bain). Il est tard, tu as trop bu d’alcool et évidemment tu as kiffé le son de Big Junior, le concert était parfait. Ton seul regret sera de ne pas avoir réussi à voler la veste rococo ignoble de Robbie Williams qui est accrochée au mur. Tu veux te rabattre sur celle d’Adrien, le guitariste. Cette jaquette d’un rouge coquelicot te fait aussi de l’oeil depuis que tu l’as vu sur scène. Mais encore là, c’est un échec. Tu repars bredouilles. Il est temps maintenant de sortir et là tu croises Teki Latex qui part mixer à l’Ayers ! Bordel, tout avait mal commencé mais là, tu finis ta soirée en ayant aimé un énorme concert et en buvant du délicieux Picon Bière sur une péniche. Parfait !

 

Vladimir Colovray


Hard Rock Café : 1 rue Président Carnot, 69002 Lyon
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Big Junior : article Kosmic ici
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Ils ont aussi des chaînes Youtube et Soundcloud
« Osiris » disponible en écoute gratuite ici 

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