Opérant une pêche aux artistes intensive, la rédaction s’est vue appâter le Baker Street Jazz Band au bout de sa ligne. Régalant les papilles auditives à coup de swing éloquent, ces charmants messieurs sont la, pour vous séduire.

Et on démarre avec une nouvelle histoire (comme le dirait si bien Gerard Blanc). Le Baker Street Jazz Band, c’est un projet tout droit sorti de la caboche de Thomas Le Roux, trompettiste du groupe. Découlant « d’une ambition de jeunesse » pour sa part, l’idée de monter une formation New Orleans lui titillait les neurones depuis un bon moment. Et c’est en octobre 2014, au terme de boeufs organisés et autres jam sessions, qu’il a donc réussi a réunir une bande de jazzeux prêts a perpétuer cette musique aux allures traditionnelles.

bkakrerDéveloppé principalement entre 1905 et 1920, le New Orleans est un courant musical urbain issu du jazz, qui se joue sur une base classique cuivrée (trombone, trompette, saxophone….), à laquelle s’ajoute la plupart du temps un banjo (ou guitare) et une batterie. A son apogée en 1925 grâce aux Hot Five du non des moindres Louis Armstrong notamment, ce style est aujourd’hui remis au gout du jour avec le recrudescence des danses swing (Lindy hop, West Coast, Balboa…).


Entre modernité et autodérision


Avec une volonté d’évolution, le Baker Streat Jazz Band distille subtilement ce jazz et le modernise en le teintant d’influences plus actuelles comme la funk :
« Ce qu’on fait, c’est un peu du revisité », se confie Thomas, « Dans le groupe, chacun apporte quelque chose de spécial qui donne de la fraîcheur aux compositions. Notre crédo, c’est de faire vivre la tradition en la chamboulant. En combinant chacun nos styles, on veut montrer que le New Orleans n’est pas qu’une musique de vieux avec des canotiers, des chemises blanches et des noeuds papillons (rires). L’idée c’est de faire quelque chose qui fasse bouger avec des arrangements spécifiques. » Dans une cohérence instrumentale déroutante, le Baker Street cherche à rallier une audience éclectique autour d’un style qui n’est pas fait pour être « écouté assis » : « Ce qu’on aime dans le live, c’est de sentir que ceux qui nous écoutent soient réceptifs. On veut un public vivant, qu’il se trémousse ou qu’il boive des bières pendant qu’on joue. C’est aussi ça, ce qu’on privilégie : la convivialité, le partage, l’échange intergénérationnel. »

Perfectionniste et exubérante sur scène, cette belle cabale cherche avant tout à insuffler son plaisir de jouer : « Quand on se produit devant des gens, on donne toujours le meilleur de nous même sans se prendre au sérieux. On ne veut pas montrer de l’arrogance à dire « On joue bien du New Orleans. » Notre but, c’est de s’éclater. Pour être communicatif, on mise sur notre cohésion de groupe en mettant en avant un aspect comique. » Et c’est en piochants dans les clichés « jazz » (le tromboniste qui souffle a fond dans son instrument, le trompettiste qui gueule le plus fort possible, le batteur et sa gestuelle assez spéciale…), qu’ils assument un côté « on exagère » pour valoriser leur autodérision : « On a réellement un second degré par rapport à ce qu’on fait. Dans nos textes, nos arrangements, on aime bien placer quelques vannes, vendre de l’ambiguité. On a une prestance scénique bizarre et drôle. C’est ce qui, à notre sens, fait que le public apprécie notre travail ».

Un partage azimuté sans-gêne et sans-limite que vous aurez tout le plaisir de recevoir le 9 mars 2016 au Hot Club de Lyon. Echauffez vous les jambiers et préparez votre swing, vous risquez de rentrer les oreilles repues certes, mais avec quelques courbatures.


Aviva Nakache


Baker Street Jazz Band – Les MembresThomas Le Roux (trompette), Eliott Weingand (chant, banjo ténor), Martin Berlioux (saxophone soprano), Arthur Caget (batterie), Clément Pierre (contrebasse), Jules Boittin (trombone) et Robinson Khoury (trombone)

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Ils ont aussi une chaîne Youtube et un site internet officiel

Le Hot Club : 26 Rue Lanterne, Lyon 1er – Tarif normal : 10€, Tarif réduit : 7€