Bagarre : coup de grâce d’un Fight Club

On vous l’a déjà dit, Woodstower, c’était le feu. Concerts à gogo, ambiance de folie et programmation éclectique à souhaits… En bref, l’événement nous a régalé. Au milieu de tout ça, on a eu la chance de s’entretenir avec la tribu au complet de Bagarre : groupe hybride parisien dont sa réincarnation de la culture Club n’est plus à prouver.


Ils sont cinq, ils sont beaux, talentueux et fatalement ne font qu’un. Unis autour de leur passion dévorante pour la musique, Emmaï Dee, Mus, La Bête, Maître Clap et Majnoun ont commencé leur grand combat avec Bagarre en 2014 au détour de « teufs post-Bac ». À l’époque, le groupe collabore avec « Fils de Vénus » (collectif « gay friendly » qui a été l’un des premiers à les faire jouer sur scène) afin d’organiser quelque soirées : « Au début on voulait faire ça avec notre propre musique parce que rien ne correspondait à ce qu’on voulait » se confie Majnoun. « C’est un peu dans cette envie-là qu’on s’est tous retrouvé. Notre idée était de décloisonner les publics et la musique. »

Bagarre, c’est aussi une envie d’évolution, une réinvention de la culture club élaborée sur des textes aussi intimes qu’écorchés vifs. Dans une perpétuelle progression, nos artistes cherchent à construire leur identité en gravitant autour de l’énergie que dégage leurs influences : « On ne veut pas coller à un modèle pré-existant, que ce soit musicalement ou dans la manière dont on fonctionne entre nous » explique Maître Clap. Pour ça, l’ère du temps a aussi eu son mot à dire : « Les genres vieillissent, c’est un fait. Et nous, on s’influence plus de l’énergie générale qu’il peut y avoir dans un style que du style en lui-même. On voit les choses changer et on se renouvelle dans nos obsessions, c’est un peu comme du tuning musical. (rires) »


“ Utiliser le meilleur de chacun ”


Nourri par cet éventail sonore à l’angle indéfinissable, le groupe se spécifie avant tout par la diversité individuelle de chacun, que ce soit au niveau de leurs goûts musicaux, de leurs influences ou encore de leur personnalité. A travers cette hétérogénéité, Bagarre créé un contraste en dévoilant une force collective puissante qui s’étale autour d’une multitude de styles : techno, hip-hop, rock, électro, disco, funk, dub… « Pour ça, on se sert d’un mixeur à faire les smoothies. (rires) Non, plus sérieusement, on est cinq créateurs à parts égales et on utilise le meilleur de chacun. On est inspiré par tout ce qui est musique de club et notre défi c’était réellement de piocher dans toutes nos influences pour créer quelque chose de différent de ce qu’on a pu écouter jusqu’à maintenant. »

Après leur EP « Musique de club » (2015), ils sont revenus en force deux ans et demi après avec « Club 12345 » (sorti en Février dernier) : un album deux point zéro qui assène un uppercut et un crochet du droit sans crier gare. On peut dire que ça valait le coup d’attendre ! « Après l’EP, on a énormément tourné » nous livre Emmaï Dee. « On a eu pas mal de concerts et c’est un peu comme ça qu’on s’est fait connaître, qu’on a pris le temps d’installer notre terrain. » Car oui, si petit à petit l’oiseau fait son nid, le groupe n’a cessé de charbonner et s’est maintenant fait une place au rang d’honneur de la scène indépendante parisienne.

En concert ou en studio, il s’est également donné pour seule mission : séduire le public en réduisant le fossé entre les enregistrements et le live. La Bête raconte : « Nous sommes un groupe de scène à la base. Alors il a fallu adapter nos pratiques. Les musiques que tu passes en club, elles ont l’intérêt d’être écoutées fort avec un sound system. En studio, on retranscrit juste la même énergie avec d’autres outils pour que chacun puisse nous écouter à la maison, dans le métro… à des heures qui ne soient pas des heures de défonce… (rires) » Pas prêts de descendre du ring, nos « bagarreurs » continuent sans relâche leur conquête artistique. En pleine composition de leur prochaine production, une tournée est d’ores et déjà prévue pour les huit prochains mois avec laquelle ils vadrouilleront dans toute la France avant de finir en apothéose le 24 Mai à l’Olympia de Paris. Alors les amis, prêts pour la Bagarre ? 


Aviva Nakache

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