Photo extraite du clip

Arthur Fanget : un réalisateur sur le pied de guerre

En Janvier, le groupe Bottle Next a sorti son nouveau clip « The Running Herd ». Un tournage qui a fait du bruit dans le monde de l’audiovisuel lyonnais, avec pour but de reconstituer des tranchées de la Première Guerre Mondiale. Chez Kosmic, on est allé parler ambition réelle et rêve de gosse avec Arthur Fanget, le réalisateur.


Au 2ème semestre de 2017, un souffle circulait dans la sphère de l’audiovisuel lyonnais. Il paraîtrait qu’un film de guerre, mieux, un film qui se passe dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale, allait être fait dans la région lyonnaise… Et le souffle s’est transformé en tempête concrète grâce à Arthur Fanget, le réalisateur du clip « The Running Herd », du groupe Bottle Next. Il nous raconte l’origine du projet : « Je venais de faire le clip de Big Junior, « Born to Cry ». Après ça, les gars de Bottle Next m’ont appelé car ils avaient bien aimé ce que j’avais fait. Ils m’ont donné leur EP et m’ont dit que je pouvais choisir la chanson qui me plaisait. Ça faisait un certain temps que je voulais faire un film sur la Première Guerre Mondiale. « The Running Herd », c’est un titre qui punch pas mal et en même temps qui a des moments calmes. Ça prêtait autant à de l’action qu’à des moments de concentration sur le personnage. »

Les paroles de la musique traitant de l’écologie, il a fallu donc raccorder le thème à la situation voulue : au final, un fil rouge s’est rapidement construit. « Dès le début, j’ai eu l’idée de cette plante. Je trouvais ça cool de faire un énorme truc, pour avoir juste un petit objet « stupide » à la fin. Beaucoup de métaphores se sont créées autour de cette histoire. On trouvait ça simple mais marquant de montrer que tout le monde se bat pour une plante verte ». Un débat très actuel finalement, mis dans un contexte passé que tout le monde connait et qui fait partie de la grande histoire de la France. « On a profité du fait que c’est le centenaire de la Première Guerre Mondiale pour faire un devoir de mémoire. Et puis dedans, on parle de transition et de sujet très contemporain avec l’écologie. » Outre ces aspects là, il y a aussi l’idée de montrer que dans la région lyonnaise, il y a de quoi faire dans le cinéma ! Un sujet plus qu’important pour Arthur Fanget. « On a tourné à Misérieux, à 1h de Lyon. On a refait des tranchées de la Première Guerre Mondiale de A à Z. Il a fallu trouver des costumes, des armes, mettre en place des explosions, etc… Un vrai champ de bataille quoi ! Et puis on a utilisé uniquement des techniciens et des acteurs lyonnais pour faire tourner l’économie locale. C’était vraiment important pour moi. Quand j’ai parlé au groupe de cela, ils se sont sentis très concernés aussi. On voulait montrer qu’à Lyon, on peut bien mettre des petits jeunes qui ont des compétences dans un champ de patates et qu’on peut faire des belles images, avec du sens. On peut faire des projets d’envergure ici et avec très peu de moyens ! ».



 

Rêvons plus loin


Le budget final a été de 27 000 euros. Très peu, quand on sait qu’en temps normal, il serait rapidement monté à 190 / 200 000 euros. « Tout le monde était bénévole, ça nous a pris huit mois pour tout mettre en place avec quatre jours de tournage pleins, une pelleteuse qui a retourné 5 000 tonnes de terre pendant 8h pour nous, 150 plans à tourner, 55 techniciens et une centaine de figurants ! ». Un sacré défi pour un clip sorti début Janvier. Et un rêve de gosse réalisé ? « Totalement ! Mon rêve, c’était d’avoir le cul posé sur une chaise avec un mégaphone, de gueuler « action » et que tout explose (rires). Si en plus en assouvissant mes rêves, j’arrive à faire rêver d’autres gens, les spectateurs comme les techniciens lyonnais qui me suivent dans l’aventure, c’est tout bénéf’. Je trouve que dans le ciné français, on se met des bâtons dans les roues et j’ai envie de changer les choses. On a une manière d’aseptiser les choses en France : on arrive à se faire chier dans des films de guerre français ! Là, le but était que tout le monde prenne du plaisir et qu’il y ait du fond. »


Après le film de guerre, quels sont les prochains rêves à rayer de la liste du réalisateur ? « Il y en a plusieurs en cours ! Mon prochain court-métrage sera un drame français. C’est un style que je dénigre habituellement, donc c’est une raison de plus pour m’y mettre (rires). Je prépare aussi une série sur la pègre française pendant la Seconde Guerre Mondiale, une sorte de Peaky Blinders à la française. Et puis j’ai écris un roman il y a quelques années que j’aimerais publier, mais je vais aussi essayer d’en adapter une partie à l’écran. Enfin, avec ma co-scénariste, Sarah Beaulieu, on a écrit un moyen-métrage mais plusieurs institutions nous conseillent de le faire en long-métrage. Donc pourquoi pas ! » Et tout ça à réaliser dans la région lyonnaise, pour encore et toujours valoriser les jeunes talents du coin… Une idée commune avec Kosmic, non ?


David Dufour


Arthur Fanget : sa page Facebook
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