Par une douce après-midi, la rédaction a siroté les paroles d’un graphiste et explorateur insatiable aux influences psychédéliques : Acromath

 

Thomas Cortay découvre, imagine, crée, se questionne, et se réinvente chaque jour. D’abord ébéniste, il décide de se tourner vers des études d’art dans lesquelles il dénonce un certain univers graphique sclérosé et propre à toutes les écoles françaises. Son anticonformisme et son extrême besoin de liberté l’amènent alors à s’exprimer par le design graphique avec un style qui n’appartient qu’à lui. « Je m’éclatais plus en cours de dessin qu’en cours de travaux pratiques d’ébénisterie. Je préférais travailler devant un ordi ou sur une table à dessin, que dans un atelier avec de grosses machines » avoue-t-il. Son style se dégage clairement des influences de son enfance vagabonde, jonglant entre musées d’archéologie, collection de statuettes antiques et montagnes de vinyles : « J’ai toujours un peu baigné là-dedans. Tout petit j’étais vraiment intéressé par l’archéologie. Quand j’allais dans un musée, j’achetais une statuette pour recréer un musée miniature chez moi et je faisais payer les invités pour venir le voir ».

On imagine très bien l’enfant rêvant de faire de grandes découvertes, une pochette de vinyle scotchée dans la main droite, le bras du tourne disque dans la main gauche. Depuis, il explore de nombreux univers, et se laisse transporter principalement par une esthétique inspirée des années 30, avec des touches de constructivisme, de suprématisme (mouvement d’art moderne originaire de Russie), tout ceci plongé dans un monde futuriste. Sa créativité ne s’arrête pas là car ses inspirations évoluent constamment. Eternel amoureux du psychédélisme, il s’intéresse aussi à la tendance Vaporwave (esthétique japonaise des 70’s – 80’s), le numérique, les jeux vidéo… Son insatiabilité l’attire vers le monde de la peinture et de la musique. Il compose, il enregistre et imagine comment satisfaire son besoin de laisser une trace de son passage sur Terre (pour l’instant, l’idée serait de lancer une sculpture, bien solide, dans l’espace. Thomas, tu nous tiendras au jus ?).

 

Créer à son rythme

 

En attendant, Acromath s’occupe de valoriser des groupes de musique (Triptides, Bee Tricks, Frankie and the Witch Fingers, The Rebels of Tijuana) et travaille pour des labels (le Pop Club Records, Petrol Chips Productions, Stroll on Records). Il crée aussi des visuels pour La Gargouille, un bar/salle de concert atypique dans lequel sont organisés des concerts de rock et des résidences : « Quand tu regardes une pochette de vinyle c’est la première chose que tu vois chez un groupe, avant d’écouter leur musique, ça te projette directement dans l’univers. Ça me plaisait de travailler là-dedans, participer à tout ça, les aider à se forger. »

Tout ce travail est surtout méditatif. Aucunement contrarié de rester un mois cloitré dans une pièce pour travailler seul. L’ expression « on est jamais mieux servi que par soi-même » semble lui convenir parfaitement.

Vous l’aurez bien compris, Thomas est un artiste aux multiples facettes. Il a dernièrement commencé à enregistrer un album tout seul (oui mesdames), aux sons un peu disco, électro, trip-hop, parfois psychédéliques et très noize. En bref, un joli mélange de styles musicaux qui éveille notre curiosité ! 

Pour pénétrer son univers insondable, rien ne vaux un face à face, retrouvez-le à la Grooverie le jeudi 24 mars.

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Morgane Philip

 

Sa page Facebook ici

https://www.behance.net/Thomastaycor

http://dropr.com/acromath