La semaine dernière, Melba nous attendait autour d’un chaï latté, rempart de chaleur contre l’hiver qui persiste, et signe une rencontre hors du temps. Après une campagne de crowfunding réussie, un premier titre fracassant et éblouissant  « Machine de guerre » et une série de concert, Melba a posé ses valises à Lyon pour la sortie tant attendue de son EP. On vous raconte. 

« C’est simple, mon parcours, ma musique, démarre quand je suis née, ça ressemble à une blague mais en fait… » Melba rigole. Le cadre est posé. Elle a grandi entourée d’artistes de toutes disciplines : du trapèze à la chanson, des arts plastiques au théâtre. Évoluant jeune dans un milieu où toutes les formes d’expression pouvaient exister et cohabiter librement, où on pouvait être artiste comme on exerce n’importe quel métier, Melba choisit le texte. Et elle choisit d’écrire.

Très vite, c’est en musique qu’elle décide de poser ses mots. Autrice, compositrice et interprète, elle remporte en 2015 le tremplin découverte de A Thou Bout d’Chant où elle présente ses premiers textes et premières compositions, dont le vaporeux « Jusqu’à la mer »,  qui referme son EP en douceur. 

Melba ouvre alors la porte de sa chambre. Premiers pas dans la lumière, premier round et première victoire. S’ensuit une histoire d’amour fusionnelle avec A Thou Bout d’Chant qui dure depuis 4 ans déjà. 

Deuxième round : Monter sur le ring sous le feu des projecteurs.

Melba se souvient, entre rire et pudeur : « Le tremplin Découverte, j’y allais un peu comme ça, pour visiter, j’ai gagné sur un concours de circonstances ! » Des circonstances, mais déjà du talent, une voix et des textes. Depuis, elle a été artiste « accompagnée » dans cette même salle. 

Intimement persuadée que son aventure personnelle n’aurait pas d’existence sans une aventure collective bienveillante, elle rencontre Arno Jouffroy, qui l’accompagne sur scène pendant deux ans et avec qui elle recherche et expérimente plusieurs formes musicales. 

De fil en aiguille, l’idée d’un EP, « Coeur combattant », germe. Elle s’entoure de Nicolas Steib et Bonetrips pour le co-réaliser et l’arranger et co-écrit une chanson avec Clou. « Amazones », déterminé et percutant hymne à la sororité, reprend justement ce sujet de l’entraide qui lui est cher.  Mais le premier titre à éclore est « Machine de guerre ». « C’est la naissance de tout, j’ai moi-même l’impression d’être chanteuse maintenant. Ca donne du sens et ça fait exister mon projet ».

Baisser la garde : Raconter l’universel par l’intime.

Si « Machine de Guerre », « Amazones » et « Ronde » retracent une violence dans la rencontre, exprimée aussi par le rythme martelant des basses, elle est toujours douce, assumée. C’est une violence qui parle d’abord de soi, de se faire violence, pleine d’aspérités, d’accroches et d’attaches. C’est aussi une violence de la détermination, celle de combattre des rapports de force et des préjugés existants : « Je trouve ça déchirant et abominable qu’il y ait des choses qui nous sont imposées et qui font que les gens se sentent mal dans leur corps et dans leur vie. J’essaie au possible de décomplexer ces rapports-là. »

Un combat contre soi, devenu un combat avec et pour soi, la céleste Melba suit un long chemin, elle qui a survécut à elle-même, s’apprivoise, s’aime et nous incite à faire de même.

Enfilez votre plus belle culotte (où bien celle de Machine de Guerre conçu avec Wonder Clara) et tenez-vous prêt. Un clip est prévu pour « Céleste » et Melba construit actuellement la suite de sa tournée. Vous pourrez d’ores et déjà la retrouver au festival Changez d’Air le 16 mai !

© photos : Lucille Mouret
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