48h pour faire un nanar, c’est beaucoup et peu à la fois

Le week-end dernier avait lieu les 48h sous l’eau. Deux jours particuliers où 21 équipes de cinéma ont tenté de faire le meilleur (ou pire) nanar possible. Votre serviteur dévoué de Kosmic a fait parti d’une des valeureuses team. Et en est ressorti hyper content, et sans vomir.

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises formules pour résumer le 48h sous l’eau. Moi, si je devais résumer mon week-end dernier, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Une équipe aléatoire que je ne connaissais pas et qui m’a tendu la main. Peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi ! Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée, une équipe, notre équipe : la team Laser Force !” Un nom attribué de façon croquignolesque par l’organisation, mais que nous avons enfilé comme une belle paire de gant. Une paire à neuf doigts d’ailleurs. Car nous étions neuf gugus (garçons, filles, tout ça n’a plus d’importance de nos jours). Nous ne nous connaissions ni d’Eve, ni d’Adam, mais ce n’était pas gênant puisque nous ne voulions pas de pomme. Nous étions neuf êtres à n’avoir qu’un seul but, celui de s’amuser, de raconter des bêtises, des rêves, de faire du cinéma, de la façon la plus nulle possible, pour nous faire rire, pour vous faire rire, pour faire rire le monde. 48h pour faire un nanar, c’est finalement presque trop. Ou pas assez. Ou entre les deux. Bref, c’était un joyeux week-end !

Et ça a commencé le vendredi soir. Le baluchon d’idées était prêt, il fallait juste ouvrir cette boîte de pandore qu’on appelle le cerveau. Avant de lâcher les bêtes de tournage que nous sommes, il fallait d’abord se réunir.

Publiée par Hana-Bi Production sur Mardi 26 juin 2018

 

 

Un thème badass, une contrainte double genre

Alors, ce fameux soir, pas le temps d’aller boire des coups dans ton bar favori. Même la coupe du monde de football ne te retient pas, c’est dire ! Là, c’est l’Aquarium Ciné-Café qui t’appelle, à 19h pétantes. D’ailleurs, ça pourrait bientôt devenir ton bar favori (mais chut, faut pas faire de jaloux). Pas le temps de niaiser, les règles du jeu sont simples. 48h pour faire un nanar, rendez-vous dimanche à 19h58. Et avant, quelques contraintes pour créer.

D’abord le thème, Badass. Ça, on l’a vite compris, il va falloir botter des culs fissa dans le film. Ensuite, la contrainte double genre, tiré au hasard pour chaque équipe. En tant que bon chef de meute, ta main du diable a tiré le film d’auteur français et le film à chute. Un joyeux mélange. Ok, on va se casser la tête, littéralement comme métaphoriquement. Être lourd dans le texte comme dans les cascades (chutes, tout ça). Et bien sûr, les comédiens doivent sublimer, ou soublimer (magnifaïque ma chérie). L’heure est à la création par le bas, à l’invention de concept et de mots, à l’accumulation de faux raccords, à l’humour de répétition, aux phrases longues qui n’ont jamais de fin, ce n’est pas drôle sinon et ça ne fait pas film d’auteur français, et puis merde, à l’humour de répétition et autres facéties du mauvais scénario.

Ah oui, ce scénario, il ne se fait pas tout seul celui-là. Alors, deux autres contraintes sont arrivées. D’abord, il doit y avoir du papier bulle, quelque part dans le chef d’œuvre. Oui. Du. Papier. Bulle. Deux mots de jouissance pour beaucoup. Un peu moins visuel, mais pour autant… On a pris l’idée, à bras-le-corps, et on a fait du bruit. Il manquait juste un dernier élément, placer la contrainte commune à tout le monde, une phrase : « Viens ici que je te bute, enculé ! » Un dernier mot optionnel, mais qui rajoute une touche d’auteur ! Bingo, on tient le bon bout. Adjugé, vendu, le chrono est lancé, nous aussi.

 

 

Un scénario simple et efficace

 

Tous les éléments en main, on prend place au QG. Ton 26m2 est donc investi par quelques inconnus que tu ne connais toujours pas vraiment. Mais c’est pas grave, tu as partagé déjà une bière avec eux, c’est amplement suffisant. D’ailleurs, d’autres breuvages ont été ramenés pour ravitailler tout le monde. Bah oui, faut pas déconner, si y a un vide, il faut combler. Qu’il soit social ou scénaristique. Et dans les deux cas, la bière peut être une aide ! Alcool ou non, l’efficacité est le maître mot. Il y a un film à faire les enfants. Et après être parti sur une fausse piste prenant en compte un village d’amnésique où le compteur Linky fait perdre la mémoire à tout le monde et où une ancienne militaire atteinte d’un syndrome post-traumatique revient pour les aider, mais qu’en fait c’était elle qui avait installé ce compteur, mais elle l’avait oublié… Bref, comme diraient Christelle Bazooka et Yelle : FBI, Fausse Bonne Idée !

Finalement, à minuit, le scénario est bouclé. Une histoire de repas de famille qui part en cacahuète. Plus basique, mais pas moins intéressante sacrebleu ! Réveil le lendemain aux aurores, car la journée va être chargée. Hop hop, un trajet jusqu’au lieu de tournage, et ça tourne coco ! Pour faire un résumé rapide : du soleil, des cascades, une draisienne (sorte de vélo électrique sans pédale), des fausses armes, une course-poursuite en trottinette qui a failli coûter un nez à un comédien, une fausse grenade qui a un peu ouvert le crâne d’une comédienne, des chutes dans l’herbe, mais surtout sur un tapis de sol, un héritage à partager mais personne n’est content, une héroïne badass, un notaire à la longue liste. Et un titre à notre film : « De l’effet des dispositions posthumes après le café, ou quand le manque de communication exacerbe les tensions d’une fratrie ».

Après une journée bien tournée, il faut la monter. Et ça a été rondement mené sur le dimanche. Entre effets visuels, choix des meilleurs (ou pires) plans et effets sonores, tout y passe. Pour finir par rendre un chef d’œuvre (espérons-le) avec un peu de retard certes… Mais heureux du devoir accompli ! Une team badass, un week-end badass, une vie badass quoi. Et le visionnage badass en public ainsi que la remise du PQ d’Or a lieu ce Vendredi soir à 19h à la Maison des Associations de la Croix-Rousse. Un endroit badass où les 20 autres équipes vont aussi montrer leur film badass. Bienvenue dans le monde du cinéma, et celui des 48h sous l’eau !

 

David Dufour
© Crédits photo corps de texte : Nutsa

Lien vers l’événement : ici

Maison des Associations de la Croix-Rousse : 28, rue Denfer-Rochereau, Lyon 4
Facebook et site officiel

Aquarium Ciné-Café : 10, rue Dumont, Lyon 4
Facebook, Instagram et site officiel

No Comments

Post a Comment

1 + 2 =