47Ter : les artisans du rap français

Coup de fraicheur dans le paysage ! Tel un visiteur venu d’ailleurs (… ohhhhh), un trio s’abat sur la scène indépendante et fait déjà trembler les compteurs de visibilité sur les internets. On vous présente 47Ter, trois jeunes Yvelinois prêts à jouer des coudes pour s’imposer fièrement dans le panorama du rap français.


Frais comme des gardons avec le vent en poupe, 47Ter surfe sur la houle 2.0 depuis quelques temps et ne cesse de gravir les cimes du rap français. Si cela fait un an qu’ils sont présents sur la toile, nos artistes travaillent ensemble depuis toujours ou presque : « Avec Miguel on se connait depuis la 6eme », explique Pierre-Paul, MC, « On a d’abord commencé à faire de l’instrumental à la base, de la pop/folk… rien à voir avec le rap. On a rencontré Blaise au lycée et c’est là qu’on a eu envie de faire autre chose. On s’est dirigé progressivement vers le rap et depuis ce temps là, on travaille ensemble. On peut même dire que l’idée de vivre ensemble et de faire des câlins nous est venu très naturellement (rires) ».

Fort d’une personnalité bien trempée (gueule d’ange mais le diable au corps), ces enfants terribles ont tracé leur bonhomme de chemin comme des Mc Giver du rap français avec pour devise : faire ce qu’on peut avec ce qu’on a. « On s’est posé et on s’est demandé dans quoi on était le plus doué. Y’en a un qui était meilleur à la basse, un autre à la guitare et au piano et moi je savais un peu mieux rapper. On a mélangé tout ça et … franchement… voilà (rires) ». Et c’est pas fini ! iPhone dégainé et enregistrements à la « bedroom producer », ils se sont dépatouillés en utilisant les moyens du bord pour sortir du lot. Car oui, unis autour de cette passion insatiable pour la musique, 47ter, c’est aussi une envie d’évoluer et de se distinguer « dans ce petit monde rempli de requins ». Pour ça, ils offrent des compositions du feu de dieu : second degré finement pensé, punchline à gogo et flows percutants… what else ?


S’il te plait, viens nous gâcher un classique


Au delà-de ça, ils ont surtout élaboré un concept aux allures de pari gagnant : « On vient gâcher tes classique ». « On revient toujours au fait de faire ce qu’on peut avec ce qu’on a, mais là on voulait essayer de faire un truc un peu marrant », se confie Miguel, « chez Pierre, on a trouvé un piano souffleur. C’est un jouet pour enfant qui a au moins vingt ans et qui ne joue même pas juste… on s’est tout de suite dit qu’il y avait quelque chose à faire ». L’idée est simple : prendre un version instrumentale connue « que tout le monde peut reconnaître dès les premiers accords », la jouer avec cette relique qui dépote, ajouter à cela une batterie et un freestyle de rap et PAF, ça vient « gâcher » un classique.

A travers ces revisites, on sent calmement mais surement venir une vague de renouveau. Loin des « calés dans l’Audi, la Kalash est chargée », ils assument leur côté « rap de blanc » à 100% : « C’est un terme un peu dégueulasse mais on se dit que ce n’est même plus péjoratif aujourd’hui », enchaîne Blaise, « On ne vient pas du tout de la cité et on voulait pas faire croire que c’était le cas. C’est bête à dire et c’est ultra cliché mais tout ce qu’on veut, c’est être honnête en racontant nos vie. On invente rien et je pense que ça marche justement parce qu’on est nous-même. Il n’y a pas de masque, pas de filtre… » Dans ce naturel sans faille, les trois compères viennent de sortir leur premier EP « Petits Princes » accompagné du clip “Bang” ! . Accueilli à bras ouvert par tous les réseaux, cette production marque le début d’une grande aventure pour ce trio qui n’en est qu’aux prémices de son histoire. Avec une tournée hivernale bouclée, ils prévoient de venir faire une halte à Lyon le 14 novembre prochain où ils promettent de mettre le feu à la scène du Ninkasi Kao.


Aviva Nakache


Retrouvez Pierre-Paul, Blaise et Miguel sur Facebook, Youtube, Soundcloud et Deezer
Ninkasi Kao : 267 Rue Marcel Mérieux 69007 Lyon

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