24h de l’Insa Nuit 2 : de la maîtrise du Peuple de l’Herbe à l’électricité de Louisahhh


Le festival des 24h de l’INSA est une institution : si un étudiant lyonnais qui a entre 22 et 30 ans ose te répondre non, c’est que c’est un ovni, Jean Pierre Raffarin ou encore pire, un stéphanois ! Tu fais ce festival depuis au moins 10 ans : tu connais les 24H. Tu l’as connu quand il n’était pas payant, sous des torrents de pluie (2014-2016, #Neverforget), ou encore quand tu étais trop pauvre pour prendre un taxi et que tu devais traverser Lyon en vélo avec 5 grammes dans le sang. Avec les hostilités ouvertes par notre belle et douce Aviva pour la première nuit, c’est à ton tour de reprendre le flambeau pour un second round..

 

Un tramway nommé « excès »


Il est 22h et des poussières quand tu pars avec ta horde aux 24h de l’INSA. Un mois après le Reperkusound, il est temps d’embraser à nouveau le campus des sportifs costauds et des gros geeks en biologie de Villeurbanne. Ce festival attire une faune toute particulière : l’étudiant saoul. Dans le tramway, tu peux déjà jauger la démesure de l’événement : c’est le chaos total. Ton voisin (qui a une vile haleine de pastis Leader Price) vocifère « C’EST A BABORD, QU’ON GUEULE », et là, tout part de travers… Le tramway entier hurle des chansons paillardes subtiles et profondes (Emmenez-moi à « Geoffroy Guichard », Popolopopopo…). Même toi qui es bien rôti au Picon bière, tu commences à suffoquer. C’est bon, tu es arrivé à l’INSA : les fauves sont lâchés.

Comme le 1er soir, les dieux de la Night ont été indulgents : il ne pleut pas. Tu ne revivras pas ces fameuses éditions des 24h où tu avais l’impression d’être en 67 au Vietnam, à galérer contre les viets dans la boue et les douilles, sous une pluie torrentielle. Au contraire, il fait bon : tu apprécies cela avec tes amis en dégustant une bière du Ninkasi extrêmement fraîche. L’organisation a été au top sur ce coup, pas de lamentable bière coupée à l’eau que tu dois payer en Tokens relous, mais bien une délicieuse mousse lyonnaise (ambrée RPZ). En dégustant un churros trop sucré, tu commences petit à petit à observer autour de toi toutes ces étranges réalités…

On est clairement dans le grand n’importe quoi. Tu peux voir un mec déguisé en marquis du XVIIIème siècle (perruque blanche, veste à froufrous argentée, souliers et hautes chaussettes blanches) parader avec désinvolture au milieu de la foule. Tu aimerais lui demander si son Uber est un carrosse mais immédiatement après, tu vois un troupeau d’animaux beugler dans la foule ! En fait non, ce sont les fameux festivaliers de type « costume animal pas cher à Primark lol tro fun XD ». Ces prix Nobel écument l’ensemble des festivals depuis la nuit des temps : tu as l’intime conviction que quand une guerre nucléaire totale aura finalement ravagé le globe, ces mecs seront toujours quelque part, genre dans un champ en Ardèche, à écouter de la Drum’N’Bass autour d’un système son qui grésille péniblement.


De l’expérience majestueuse à la folie électronique


Il est temps que tu te concentres sur la musique, cela tombe bien. Le Peuple de l’Herbe entre en scène. Tu aimes profondément ces mecs : c’est toute ton adolescence que tu contemples, mais pas que. Ils en sont à leur 20ème
 année de carrière et à leur 8ème album : Street Cred Total. Tu as le plaisir de constater que c’est justement toute l’histoire du Peuple de l’Herbe que tu écoutes à travers ce concert : de nombreuses musiques du dernier album « Stay Tuned«  sont jouées, mais également de nombreux classiques intemporels comme « El Paso » ou encore le légendaire « No Escape« . Ce voyage dans l’histoire du groupe est également symbolisé par la présence du rappeur Oddateee, fraîchement recruté dans la team, qui pose aux côtés de la légende du groupe JC 001, qui éclate des ronds de chapeaux chaque fois qu’il se met à rapper. Cette fusion entre la nouveauté et les bases du groupe montre à quel point ce groupe est incroyable : ils ont su développer leur propre style tout en innovant au fur et à mesure des années (ajout de guitare, nouveau membre au chant…). Tu kiffes avec tes potes comme quand tu découvrais le groupe au lycée, à l’époque où tu portais encore des baggys ridicules trop grands et des chaussures de skate « écrase-merdes » des années 2000.

Durant l’interlude, tu vas prendre une bière au coin presse. Il est plus que temps de rendre hommage à toute l’organisation des 24h. Tu es accueilli comme du foie gras durant un repas de Noël. Non mais sérieusement, ces 350 bénévoles méritent la légion d’honneur, le prix Goncourt et l’ordre de Merlin. Quand tu vois la Croix Rouge s’occuper du fameux marquis ivre mort ou des animaux blessés par la soirée, tu te dis que les mecs veulent que tu passes une bonne nuit en délestant les spectateurs de ces tâches embarrassantes. Les bénévoles t’orientent vers des toilettes privées et te proposent de prendre des bières Ninkasi gratos derrière le comptoir : tu te dis que Dieu existe enfin et qu’il doit vivre à l’étage du resto U du campus de l’INSA. Sérieux, vous gérez comme Sylverster Stalone dans Demolition Man. Tu sirotes donc une douce bière en regardant un guépard manger un burritos, mais merde ! La musique part de nouveau.

Alltta commence sur la grande scène. Street Massif ! Tu ne connaissais pas ce groupe. Eh bien, tu l’écouteras dorénavant avec tes petits écouteurs sur ton vélov’ ! Le français 20syl à la prod sublime le rappeur américain Mr. J Meideros. C’est lourd, tu sautes sur place comme une puce au royaume du poil (ta barbe). Tu avais déjà entendu ces sonorités dans l’ancien groupe de 20syl, Hocus Pocus : les entendre en parallèle avec du gros rap américain qui tâche te propulse dans le cosmos à cette heure avancée du samedi. Louisahhh terminera de t’achever ce soir : son set démolit tout. Après avoir été révélée par le label Bromance (aujourd’hui défunt), Louisahh est partie en croisade de l’électro en montant « RAAR » en 2015 avec son pote Maelstrom. Depuis elle règne en Reine de la nuit française. Quand elle entame « Nobody Rules the streets », c’est terminé, tu es projeté dans un merdier cérébral qui ne prendra plus jamais fin.


Sans Fin

 

Il est 4h07, l’INSA est presque vidé, tu fumes une dernière cigarette avec les survivants de ton équipe. Il n’y a rien à jeter ce soir : la musique était incroyable, l’organisation dépassait l’entendement et la bière était douce. Le seul bémol de cette nuit est le même que toutes les années précédentes : cette soirée finit trop tôt. Tu ne veux pas rentrer, tu veux continuer la nuit jusqu’à l’aurore. Tu as une profonde affection pour ce festival car il a grandi avec toi. De tes années lycéennes à tes années de fac, il s’est développé pour devenir quelque chose d’organisé et de structuré, comme ta personne. A ton image donc, celle d’un jeune adulescent lyonnais : il n’a pas fini et ne finira probablement jamais sa croissance. Oui, comme chaque année, les 24h de l’INSA t’ont mystifié, et comme chaque année donc, tu promets d’y retourner l’année suivante, et tu sais que, comme chaque année, tu tiendras cette promesse.


Vladimir Colovray

 

Les 24heures de l’Insa
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