24h de l’Insa, Nuit 1 : les ingénieurs de l’excès

Ah Lyon ! Terre bénite de l’andouillette et autres tartes à la praloche. Quand elle cesse de t’émerveiller avec ses spécialités culinaires (« Arrête de penser à la bouffe » qu’on t’a dit), la ville des Gones s’amuse à régaler tes papilles auditives à coups de tendres et mélodieux événements locaux. La semaine dernière, c’était les 24 heures de l’Insa (oui madame). Encore un bon prétexte pour aller lever du coude tout le week-end avec ta commanderie nationale : Inès, Jeanne, Vladimir & compagnie. Comme dirait l’autre, on prend les mêmes et on recommence.

 

Plutôt deux fois qu’une

 

Encore un vendredi qui s’annonçait plein de promesses et surtout plein d’excès. Parce que oui, même si ça ne fait que la deuxième année que tu « skouatte » les terrains boueux des 24 heures de l’Insa, la réputation de ce festival étudiant (à skip le plus grand d’Europe) n’est plus à faire. Quarante-trois ans. Quarante-trois putain d’années que cet événement, calé au fin fond de la Doua de Villeurbanne, fait monter la fièvre (du vendredi et du samedi soir) et déchaîne les envies les plus folles des festivaliers. Imaginé et monté de toutes pièces par nos amis disciples de l’Insa (qui a dit que les ingénieurs étaient des coincésdesmichessectairesaustaires ?), ce rendez-vous cultes attire chaque année plus de 10 000 personnes prêtes à jouer les fauves et s’imbiber les veines de substances alcoolisées (avant d’aller se confesser le dimanche de tous leurs méchants pêchés. Amen.)

19 mai. La programmation affiche un menu roots aromatisé aux saveurs électroniques : Pandulum, Crayon, Blowsom… du beau petit monde. Tu prépares tranquillement ton starter pack pour aller braver les courants impétueux que te réservent les 24 heures de l’Insa : K-way jaune (original), Stan Smith (encore plus original), petit apéritif non distingué et ton escouade de fêtards prêts à te foutre la honte en toutes circonstances. En parlant de gêne, ta pote Clémentine titube déjà sur le trajet (on excusera sa fragilité à cause de son régime gluten free). Après une traversée fantastique sur la ligne T1 lyonnaise (tes connaissances en chansons paillardes ne t’ont jamais aussi bien servies), t’arrives la-bas vers 22h34, un peu ivre certes, mais « in the place to be ma gueule ».

Le temps de choper ton bracelet VIP avec Inès et Vlad (merci les droits de la presse), vous voilà prêts à affronter la légion de sécurité qui arpente l’entrée du festival. Tu fais pas la maligne quand la vigile, plus balèze que tonton Gérard au tir de tracteur, te demande de lui donner le déodorant à bille qu’elle a déniché au fond de ton sac (pendant une seconde, tu t’imaginais à la tête d’un cartel de drogues). Mais ce n’est rien quand tu vois qu’à côté, t’as un petit elfe joyeux (ton srab Sylvain) qui se fait dépouiller intégralement : stylos marqueurs, bières canettes tièdes, gateaux .. tout y passe (t’es presque sûre qu’à la fin, ces gardiens de la paix version Leader Price se partageront leur butin). Bref, tu arrives enfin à entrer.

 

Allez, venez, entrez dans la danse.

 

Le cirque Zavatta et ses heures de gloire feraient pâle figure à côté du spectacle. Tu constates que Felindra a mal fait son taff quand tu vois deux / trois tigres se courir après pour un burritos. A côté de ça, sur la petite scène, une fanfare. Non non non. LA fanfare. T’as même l’impression d’être devant cette fanfare étudiante alcoolique qui joue plein de fausses notes devant le McDo Bellecour un samedi de Gay Pride. Tu t’enjailles un peu avant d’embarquer Inès pour chercher une petite bière pression en espace presse. Vous êtes d’ailleurs reçues comme des reines : « faîtes comme chez vous ». Parfait. En sirotant ta boisson High Level (Ninkasi reprézent’ pélo), tu contemples la grosse scène où les cinq gars du groupe Bagarre donnent le ton. Dans un style très éclectique les compères envoient du lourd sur des sons qui vacillent entre techno / house et hip-hop. Ton corps qui remue tout seul parle à ta place : tu ne peux qu’approuver. Tu te décides d’aller zieuter un peu la scène Nord à l’autre bout du festival. Sur le chemin, t’as le temps de perdre une partie de ta cavalerie, de croiser Dorian, ton flirt regrettable de première année et de voir Clémentine se faire embarquer par la Croix Rouge pour cause d’ivresse incontrôlée (elle obtient le record de la première arrivée chez les secours). A destination, tu vois la foule en extase devant « Crayon ». A lui tout seul, le mec déballe un set à la limite de la perfection : Trip-hop, downtemps, électro… Là t’es bien.

 

Le clou du spectacle

 

A la fin du service, tu t’octroies une petite pause clope / water histoire de recharger les batteries. Soulagée et reboostée, t’arrives à retrouver ton crew devant la grande scène. Que dieu soit en location, il est déjà 2h du matin. Les bières te tapent et Pendulum te survolte ! Cela fait des années que tu avais envie de voir un live de ce groupe. C’est un pur DJ set ce soir (DJ et chanteur), pas un de ces concerts chiants, avec instruments, qui avait failli définitivement enterrer le groupe dans les années 2010. Le show commence par « Granite », ta musique préférée : c’est déjà l’apocalypse. Tu sautes tel un drédeux de province (ardéchois) dans une teuf sauvage. Il te vient même l’envie d’acheter un bang, un T-shirt Bob Marley (vèrjonerouje) et surtout encore écouter Pendulum très fort. Rob Swire au chant est au maximum du summum : il crie très fort dans les drops des sons, ce qui te donnent des envies de violence contre la société de consommation et la mondialisation. Au passage du célèbre titre « Slam »  tu ne réponds plus de rien : là c’est bon, tu es officiellement devenu le gros du clip qui danse avec une cravate sur la tête !

Le concert fini, l’Insa se vide au compte-gouttes. Tu suis la foule pour aller attraper un chauffeur petit luxe (Uber). T’aperçois Inès s’emboucanner avec une nana pour chopper la première voiture qui passe (alors qu’on sait très bien que la plupart des conflits pourraient se résoudre au chifoumi). Après quelques minutes, Inès emporte la bataille (du grand cru kosmic Girl ! ) et vous voilà parties vers le lit qui vous servira de cocon. Tu penses que demain, c’est ton Kosmic Boy fétiche Vladimir qui prendra le relai en allant au charbon. Pour l’instant tu ne sais pas que ta course en automobile te couteras 33 euros mais qu’importe, pour la deuxième fois, les 24 ont encore été extras.

 

Aviva Nakache


Les 24heures de l’Insa
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